TASSÉ, Eugène

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Discours

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Le texte prononcé fait foi
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Madame le Chancelier,

Je suis fort touché par l’estime que l’Université me témoigne en me décernant un doctorat honorifique, moi qui me revois encore dans mon premier commerce, à vendre trois boules noires pour un cent.

The University of Ottawa plays a very important role in the Outaouais, mainly because of the Telfer School of Management in its new pavilion, offering office management courses and, of course, the Eugène Tassé Entrepreneurial Culture Challenge.

I am proud to participate with respect to teaching Entrepreneurial Culture, that is personal financial management.

Je me réjouis d’y être maintenant associé, encore plus étroitement par l’insigne honneur que vous me faites aujourd’hui, en m’attribuant ce doctorat. Cet honneur, permettez-moi de le partager avec mes proches. Paulette, mon épouse, qui n’est pas présente pour des raisons de santé, mais elle y est certainement de cœur, et nos neuf enfants. Ils ont contribué, chacun à leur manière, par leur bienveillance à mon endroit, leur attachement et leur soutien. Je les salue chaleureusement et je les remercie de leur appui indéfectible.

Dans l’auditoire, je vois les diplômés, tous rayonnants.
Quelle belle jeunesse et quelle belle journée pour vous tous !
 
Il y a 65 ans, comme vous, je recevais un diplôme, un diplôme en commerce, avec la différence que j’étais pensionnaire, c’était une toute autre réalité, je peux vous l’assurer !
Mais ce qui compte, c’est que j’étais, comme vous, tout heureux de débuter dans la vraie vie.
Et cela ne change pas que ce soit en 1944 ou en 2009.

Looking back, a much easier thing for me, even if we all know that youth looks forward … I recall the true heritage my father left me and the following secret, a secret which will propel you towards success in everything, including your career, as well as success throughout your whole life.

Cela s’appelle tout simplement : un plan de vie.
Au-delà de votre diplôme, quelle est votre raison de vivre ?
Allez-vous être ballotté par les vents des circonstances ou
allez- vous prendre le gouvernail de votre vie ?

 Mon père m’avait inculqué quatre principes de vie.

1.    Si je voulais développer mon potentiel au maximum et faire plus d’argent, il fallait que j’aie mon  propre commerce.
2.    Pour réussir, il fallait travailler très fort, en d’autres mots, mettre l’énergie nécessaire pour atteindre mes objectifs.
3.    L’habitude d’économiser. Quand j’étais jeune mon père m’avait appris à économiser 50 cents de chaque dollar gagné. C’est beaucoup, c’est vrai, mais cela m’a permis par la suite de partir en affaires.
4.    Le quatrième principe n’est pas le moindre : c’est la spiritualité. Nous sommes des êtres matériels, émotionnels, ET spirituels. Je suis de foi catholique et je voulais vivre ma vie en accord avec la foi chrétienne.

I am the youngest of a family of twelve. I saw my father run a blacksmith shop and a funeral home, as well as buy land and loan money. Can you imagine someone involved in so many different trades? All these activities were run at a small scale, since we lived in a small village. But the outstanding thing is that my father did all this even though he could neither read nor write.

Aujourd’hui, en ce qui vous concerne, vous avez un atout supplémentaire : votre diplôme.

À 18 ans, j’étais convaincu que je serais mon propre patron, que je voulais un jour me marier et m’impliquer dans la communauté. C’était mon plan de vie. Aujourd’hui, après 63 ans en affaires, je peux vous dire que pour réussir il faut se donner une mission, croire en ce que l’on vise, réinvestir ses économies dans ses projets d’affaires, mais surtout, avoir la passion de l’excellence.

In 1944, there was a war; anyone who had finished school had to report for military service. I did so early in 1945. Fortunately, the war ended that same year. Before finding a small business, I worked for a year in a paint shop on Bank Street in Ottawa, earning $26.00 a week.

Après avoir économisé, j’ai débuté en affaires le 12 octobre 1946, à l’âge de 20 ans. Avec mon frère, j’avais acheté un petit commerce au coin des rues Fortier et Bourque à Hull. L’inventaire s’élevait à 200$ et le volume d’affaire était de 30$ par jour. Ce magasin a prospéré rapidement et après 3 ½ ans de travail acharné, j’ai racheté la part de mon frère. Au cours de mes 45 ans dans l’alimentation, j’ai construit, acheté, vendu et loué une quinzaine de marchés alimentaires.

Et puis en 1948, après deux ans de fréquentations, j’ai épousé une cliente…Bien sûr, qu’il y a une attirance entre deux êtres qui se rencontrent, mais il faut aussi s’assurer que nos valeurs sont identiques. Pour moi, le mariage est le contrat le plus beau et le plus important de notre vie. Un contrat, c’est quoi ? C’est une entente entre deux personnes. Et si deux personnes partagent les mêmes valeurs, ce sera extraordinaire. Nous avons parlé de comment nous voyons le mariage, le budget, l’éducation des enfants et la pratique religieuse.

Let’s get back to the business world. While I was a grocer, I purchased land and residential buildings. It was, let’s say a “side line” for me. In 1991, I sold my grocery stores to four of my nine children who already held shares for many years. I wanted to give them the chance to prove themselves.

À ce moment-là, j’avais environ 300 logements et quelques centres d’achats. Avec deux autres de mes filles et un personnel très compétent, j’ai continué d’acheter et de construire d’autres logements et centres d’achats. Aujourd’hui, Les Immeubles E. Tassé possèdent mille logements et nous sommes en train de construire notre 7e centre d’achats.

De 1961 à 1973, j’ai été très actif au sein de l’Association des détaillants en alimentation, dans ma région et dans la province; association pour laquelle j’ai d’ailleurs été président provincial. J’ai été membre du C.A des Épiciers Unis Métro-Richelieu et  président de la commission de la formation professionnelle, secteur Outaouais.

Here are some of the things I did in the community, here and elsewhere, since we live in a world. I am convinced that no one should live individually and be indifferent of the people surrounding them.

À l’âge de 26 ans, je suis devenu membre de la Société St-Vincent-de-Paul. J’y suis toujours très actif à titre de président du C.A. du Comptoir St-Vincent-de-Paul de Hull, que j’ai fondé avec d’autres collègues en 1965 et dont j’ai été président à cinq reprises. Aujourd’hui le Comptoir emploie plus de quarante personnes et les profits nous ont permis d’acheter sept propriétés pour agrandir et fonder d’autres œuvres dont la Soupe populaire de Hull et la Maison d’accueil Mutchmore pour les femmes monoparentales. Je suis fier de dire que le Comptoir St-Vincent-de-Paul est une œuvre de charité qui s’autofinance et qui a aidé à fonder d’autres œuvres de charité.

De 1955 à 1995, j’ai participé à des projets d’aide humanitaire au Tchad. J’ai été  Fondateur de l’Association communautaire St-Mathieu, Président de la Campagne Centraide de l’ouest québécois de 1981.

En 1987, j’ai commencé à m’impliquer dans SOPAR  qui veut dire « Société de partage ». Cet organisme est un ONG canado-indien, qui finance la construction de puits en Inde. En 1993, j’ai fondé en collaboration avec eux, le projet de micro-entreprises pour aider à diminuer la pauvreté en Inde en soutenant des initiatives locales. À ce jour, nous avons fait plus de deux cent mille prêts à des femmes. Je crois en la devise de SOPAR : Aider les gens à s’aider eux-mêmes.

Between 1991 and 1995, I was a member of the board of directors of the Pierre-Janet Hospital Centre Foundation and in 1996, I was named to a Council responsible for major fundraising for the Université du Québec à Hull and I provided financial help for the establishment of the Eugène Tassé Entrepreneurial Fund. I published my first book in 1998, namely Devenir un multimillionnaire en équilibre avec soi-même (Becoming a self-balanced multimillionaire), that is with the family, the spirituality and the business world. I recently published a 2nd book entitled Et si vous connaissiez la condition pour devenir riche? (And if you knew the recipe to get rich?)

Maintenant, j’aimerais revenir aux finances. Saviez-vous que 75% des problèmes dans la vie sont des problèmes financiers ? On aurait beau avoir tous les diplômes, si on ne sait pas administrer ses finances, on aura de gros problèmes ! Bien sûr il y a des cours sur l’entrepreneurship pour ceux qui veulent partir en affaires, mais parmi les étudiants, moins de 10% ont suivi ces cours et les autres 90% ne savent à peu près rien sur les finances. C’est pourquoi, en octobre 2003, j’ai formé une Table de concertation pour rassembler des gens du milieu de l’éducation et des gens d’affaires pour discuter et trouver des moyens d’enseigner aux étudiants, comment administrer leur argent afin d’obtenir la liberté financière. Cet enseignement s’appelle la Culture entrepreneuriale. Depuis, trois projets ont vu le jour.

1.    Le concours Défi de la culture entrepreneuriale Eugène-Tassé. Il s’agit d’une compétition d’une durée d’un an qui incite les étudiants de l\'École de gestion Telfer de l\'Université d\'Ottawa, à créer un plan d’action afin d’atteindre leurs buts personnels, professionnels ainsi que la liberté financière.

2.    Un cours intitulé La gestion financière personnelle est offert à l’Université du Québec en Outaouais. On y apprend l’esprit d’entreprise dans sa propre vie pour mieux parvenir à la liberté financière, en développant les attitudes, compétences et habiletés nécessaires pour faire de l’argent, l’épargner et l’investir.
    
3.     Le Centre Carrefour Jeunesse Emploi de Gatineau a ouvert les portes de la première École de l’argent. Par des ateliers dynamiques et novateurs, on amène le jeune adulte à développer des habiletés financières et acquérir des connaissances nécessaires à l’atteinte de ses objectifs personnels et professionnels.

Over the last three years, these three projects have proved very successful; I am convinced that others will soon be started. I truly believe in the principles of Entrepreneurial Culture; I have to date invested $325,000 for the establishment of these three projects.

Let’s talk about you, dear graduates. You have sacrificed much of your free time, as well as opportunities to earn money and many more things to ensure that you make it here today. However, believe me when I say that the next ten years will be the most important years of your life! It’s time to prepare:

A. Votre plan de vie. C’est comme pour une maison ; avant de construire, il faut faire un plan.

B. Toujours faire un budget, lequel peut, selon chacun, être sévère, moyen ou léger ; à vous de choisir le temps qu’il vous faudra pour atteindre la liberté financière.  Pour moi, je l’avais atteint dès l’âge de 30 ans. Et pourtant, à 30 ans j’avais déjà six enfants et j’ai réussi. Alors croyez-moi, c’est possible !

C. Chaque année, faire un bilan financier. En affaires, on le fait à tous les mois. Je ne peux pas comprendre qu’un individu ou un couple ne prenne pas le temps après chaque année de travail, de voir où ils en sont financièrement, comparativement à l’année précédente. Savoir notre score de la vie, c’est bien plus important que dans le sport !

I started to get nice things for my family and myself after my investments made money ... and not only my arms.

L’enseignement de la Culture entrepreneuriale, ou le Plan de vie, c’est l’héritage le plus important que je voudrais laisser dans la région, la province et le Canada, et que je veux vous laisser aujourd’hui. Pour moi, Dieu a créé chacun de nous avec des talents afin d’accomplir notre mission.

Ayez confiance en vous ! Le matin, quand vous vous regardez dans le miroir, soyez fiers de vous et dites-vous qu’aujourd’hui c’est la plus belle journée de votre vie !

Bon succès,  et que Dieu vous bénisse.

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