THIBODEAU-DEGUIRE, Michèle

Article

Discours

Veuillez noter que les discours sont publiés dans la langue dans laquelle ils ont été présentés.

Madame la Chancelière,

Monsieur le Recteur et Vice-Chancelier,

Mesdames et Messieurs,


Je veux d’abord vous remercier de l’honneur que vous me faites en me décernant aujourd’hui le grade de docteur honoris causa de l’Université d’Ottawa. Cet hommage rejaillit non seulement sur ma personne, mais aussi sur tous ceux et celles qui m’ont appuyée et conseillée tout au long de ma carrière, et plus particulièrement mes collègues à Centraide du Grand Montréal.

Je tiens à transmettre mes plus sincères félicitations aux finissants qui reçoivent aujourd’hui leur diplôme. Vous avez gagné l’admiration de toutes les personnes qui croient en vous, y compris vos parents. Vous avez atteint un but important – un but que vous vous étiez fixé avec détermination et qui vous préparera à accomplir de grandes choses pour notre société et l’humanité en général. Ne doutez jamais de votre potentiel, tout est possible. Je vous souhaite d’avoir confiance, de rêver grand et d’être heureux.

Cet honneur que vous me faites me touche d’autant plus que l’Université d’Ottawa prône l’engagement civique et l’ouverture sur le monde. Cette ouverture est si importante, surtout dans le contexte où nous vivons actuellement : des défis gigantesques, mais aussi des opportunités qui nous semblaient inespérées il y a quelques années seulement.

Qui aurait pensé que les changements pressentis, climatiques, géopolitiques – je pense à l’Inde, à la Chine et à l’Union Européenne en particulier – se seraient produits si rapidement? Comment s’adapter sans perdre son sang-froid?

Une chose dont je suis certaine, c’est que les nouvelles façons de faire viendront de plusieurs personnes qui ont des expériences et des connaissances différentes. Il faut être capable de communiquer notre savoir, de mettre en commun nos idées, notre créativité.

Mais il faut d’abord pouvoir se comprendre, et ça, c’est très, très compliqué!

Il faut avoir une ouverture à l’autre, donc avoir confiance, mais ce n’est pas toujours évident, ça ne se fait pas instantanément. Un des bons endroits où créer ces conditions gagnantes, c’est à l’université. Un étudiant en droit qui tisse des liens d’amitié avec un étudiant en génie, en anthropologie ou en sciences sociales forge déjà le début de ce réseau qui pourra perdurer dans le temps, si on veut bien l’entretenir.

Mais il faut aussi se comprendre. Si je parle de chiffres – de millions, de milliards, de trillions – je ne suis pas certaine que vous puissiez vous faire une image mentale de ce que je veux vous dire. Si par contre je vous dis que un million de secondes représente 12 jours, un milliard, 32 ans, et un trillion, 20 000 ans (avant le début de la civilisation), alors là, on commence à parler.

J’aimerais terminer en revenant sur les grands changements dont je parlais et en insistant sur l’importance de la prévention pour y faire face. Mais bien malheureusement la prévention n’est pas valorisée. Un général qui gagne une bataille, on lui donne des médailles. Un général qui évite une guerre… on ne lui dit même pas merci. Un grand sage, Federico Mayor, ancien directeur général de l’UNESCO, disait d’ailleurs : il faut savoir pour prévoir et prévoir pour prévenir, avec la conviction que la prévention est la seule victoire.

Il disait aussi que l'audace, l'attention à autrui et la faculté de partager, qu'exprime en anglais la trilogie daring, caring, sharing, sont au nombre des qualités humaines indispensables pour relever les défis de l'avenir.

Je vous remercie de votre attention.

Retour au profil : Michèle Thibodeau-DeGuire

Haut de page