Procès-verbal : rencontre du Comité aviseur du recteur pour un campus sans racisme du 12 novembre 2019

Publié le mardi 12 novembre 2019


PROCÈS-VERBAL DU COMITÉ AVISEUR DU RECTEUR POUR UN CAMPUS SANS RACISME

Mardi 12 novembre 2019, 14 h à 16 h, pavillon Tabaret, pièce 210

PRÉSENCES

S. Bennett, D. Desta, J. El-Mohtadi, Z. Fellahi, J. Frémont, S. Hussen, T. Johnson, J. Lavoie, W. Mason, N. Abu Zahra

ABSENCES

D. Bedward, J. Koulmiye-Boyce, Y. Naqvi, J. Seguya, R. Smith, J. St-Lewis, B. Uviluq

RESSOURCES

N. Badiou, A.-L. Gagné, M. Gruer, S. Isaacs

OBSERVATION

Anne-Marie Roy, Awad Ibrahim

Le recteur et vice-chancelier adresse des observations préliminaires au Comité et invite ses membres à se présenter. Il présente ensuite le nouveau président du Comité, Noël Badiou, et confirme qu’il ne présidera plus lui-même les rencontres afin de pouvoir siéger en tant que membre à part entière du Comité.

On attire l’attention des membres sur la présence d’Anne-Marie Roy, agente de communication et de recherche de l’Association des professeurs de l’Université d’Ottawa (APUO), qui accompagne la représentante désignée du Caucus des membres noirs, autochtones et racisés (BIPOC) de l’APUO, et Awad Ibrahim, lui aussi membre du BIPOC.

REVUE DU MANDAT ET DE LA COMPOSITION DU COMITÉ

Les membres ouvrent la discussion sur les attributions du Comité et sont invités à émettre leurs commentaires et suggestions à cet égard.

Mandat et rôle du Comité

Pendant les discussions sur le rôle et le mandat du Comité, des membres se montrent soucieux de chercher à saisir non seulement la nature de la discrimination, mais bien du racisme sous toutes ses formes; on fait ressortir la nécessité de s’attaquer à des enjeux intersectionnels sans les ramener à un seul problème.

Les représentants du corps étudiant sont d’avis qu’afin de bien remplir son mandat, le Comité devrait centrer son action sur la lutte antiracisme plutôt que la lutte antidiscrimination.

On propose également de faire passer le nom du Comité à « Comité aviseur rectoral antiracisme ». Un membre souligne que toute formulation à connotation négative, comme « anti », pourrait rebuter les gens et les dissuader de participer aux travaux du Comité. On propose d’employer des termes plus positifs, comme « Comité aviseur du recteur pour un campus inclusif » ou « Comité aviseur du recteur pour un campus sans racisme ». Les membres retiennent ce dernier. Le nom du Comité, de même que la section sur son rôle et son mandat, seront modifiés en conséquence.

Le président souligne l’importance de se doter d’une vision à court et à long terme pour le Comité et son mandat. Si les membres actuels du Comité choisissent d’accorder une priorité élevée à la lutte au racisme contre les noirs, on ne doit pas écarter la possibilité de traiter à fond d’autres sujets dans le cadre du mandat global du Comité.

La discussion se porte ensuite sur le fonctionnement à adopter pour aborder les questions distinctes du racisme et de la discrimination; on demande si un seul comité peut s’attaquer à cette tâche ou s’il est nécessaire d’établir différents sous-comités pour examiner ces questions de façon ponctuelle. La représentation étudiante soutient qu’à l’heure actuelle, l’idéal est de mettre l’accent sur la lutte contre le racisme, mais que des comités distincts pourraient être constitués plus tard pour aborder des enjeux touchant d’autres groupes marginalisés.

La représentante du BIPOC souligne que si le mandat devait être élargi pour mettre l’accent sur des questions discriminatoires sur lesquelles elle ne peut se prononcer, elle pourrait choisir de démissionner du Comité.

On procède à une discussion plus approfondie sur le rôle et le mandat exacts du Comité, et l’on propose d’intégrer au mandat une composante d’éducation et de sensibilisation. On suggère aussi de consacrer annuellement une ou deux rencontres à l’analyse du type de plaintes reçues afin de mieux comprendre la nature des incidents et des enjeux qui se manifestent sur le campus, ainsi que la façon ceux-ci doivent être abordés. Le président confirme que l’on peut fournir des statistiques pour analyser les types d’incidents et les recours possibles; la base de données du Bureau des droits de la personne permet de recueillir ces données, qui pourraient être présentées au Comité deux fois par année. Le président prévient toutefois le Comité que conformément aux règlements et méthodes de l’Université, il ne pourra discuter des enquêtes en cours.

On souligne que le Comité sera régulièrement appelé à consulter la communauté – une autre puce devrait être ajoutée à la section « rôle et mandat » des attributions pour tenir compte de cette réalité. Une personne soulève la possibilité d’intégrer aux attributions un nombre fixe d’assemblées publiques par année; on note toutefois qu’il serait préférable de ne pas arrêter un nombre précis, afin que l’on puisse tenir un nombre optimal d’assemblées publiques chaque année. Les membres réitèrent la nécessité de planifier les événements et de les promouvoir bien à l’avance pour maximiser le nombre de participants et donner à des groupes et personnes clés la possibilité d’être présents.

On mentionne que plusieurs événements seront organisés justement à cette fin; d’autres méthodes de participation seront aussi proposées à ceux et celles qui ne peuvent assister aux assemblées en personne.

Les membres discutent ensuite de la composition du Comité.

Composition du Comité

On fait remarquer qu’au moment d’établir la composition du Comité, le but consiste à donner une voix à chaque groupe et à permettre à ceux-ci de contribuer activement aux travaux entrepris. Le président invite les membres à se prononcer quant à la composition du Comité.

Les membres réitèrent la nécessité d’inclure des personnes représentant les groupes clés ci-dessous et de préciser, dans la section sur la composition, le nombre de représentants issus de chacun.

● Représentants ou représentantes de l’Association des leaders étudiants noirs de l’Université d’Ottawa (deux sièges)

● Représentants ou représentantes du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa (deux sièges)

● Représentant ou représentante du Caucus des membres noirs, autochtones et racisés de l’APUO (un siège)

● Représentant ou représentante d’un gouvernement étudiant reconnu (un siège)

● Représentant ou représentante de l’Association des diplômé(e)s de l’Université d’Ottawa (un siège)

● Deux étudiants (Jamal Koulmiye Boyce et Wiliston Mason)

La composition du Comité devrait être décrite en termes de groupes, syndicats et associations; on prévoira ainsi que le Comité soit servi par des représentants de ces groupes plutôt que de par des personnes précises au mandat limité. On devrait aussi envisager l’adoption d’un mécanisme pour assurer une continuité entre les membres sortants et les nouveaux membres. Le président fait remarquer que son équipe et lui pourront mettre les nouveaux membres au fait des travaux du Comité avant leur entrée en fonction, veillant ainsi à ce qu’ils possèdent toute l’information nécessaire pour remplir leurs fonctions.

On note aussi qu’idéalement, le Comité devrait être composé à 80 % de membres noirs, autochtones et de couleur pour veiller à ce que les contributions au Comité s’inspirent d’un vécu personnel ou d’une connaissance parallèle du racisme sur le campus.

Un membre demande si le Comité est une initiative pilotée par les étudiants et si l’on devrait envisager l’intégration d’un membre étudiant appartenant à une organisation autochtone. On effectuera un suivi pour sonder l’intérêt des organisations étudiantes autochtones à siéger au Comité.

On fait remarquer que le racisme ne concerne pas uniquement la population étudiante, mais aussi les membres du personnel – y compris le personnel enseignant – et que l’on se doit de tenir compte des préoccupations soulevées par le corps professoral. On ajoute que parmi les professeurs approchés pour siéger au Comité à titre de membres du BIPOC, plusieurs n’étaient pas permanents, ce pour quoi ils ont décliné de participer au Comité.

On demande de plus amples renseignements sur la représentation de l’APUO au sein du Comité et la possibilité d’adopter des mesures pour remédier à la discrimination dont font l’objet ses membres et les chargés de cours. On fait remarquer que la composition du Comité se limite aux groupes, syndicats et associations susmentionnées, et que le Comité doit consciemment circonscrire le nombre de personnes qui y siègent afin de délibérer de façon efficace et de bien remplir son mandat.

On note enfin que des sous-comités seront constitués (s’ils n’existent pas déjà) pour traiter des questions liées à la discrimination touchant les membres de l’APUO, et que l’action de ces sous-comités alimentera les travaux d’un plus vaste comité.

Fréquence et modalité des rencontres

Un membre propose de modifier le calendrier des rencontres pour que celui-ci s’arrime au calendrier universitaire et tienne compte des dates et événements d’importance (période d’étude, examens, collation des grades et autres).

On suggère également qu’à des fins d’éducation et de sensibilisation, de même que par souci de transparence, les réunions devraient être tenues publiquement.

Certains membres soutiennent toutefois que les travaux du Comité supposent des discussions approfondies, des débats de fond et des séances de travail dans un milieu où les membres se sentent à l’aise de partager leur avis et leurs réflexions. Par conséquent, il s’impose de trouver un juste équilibre entre ouverture, transparence et délibération des questions clés et des prochaines étapes. Les membres conviennent qu’il est nécessaire de tenir des séances de délibération à huis clos, mais qu’une composante publique sera aussi de rigueur. On aura ainsi recours à divers médias pour communiquer régulièrement avec la communauté universitaire; celle-ci sera aussi invitée à participer aux échanges et à donner son avis lors des assemblées publiques et selon d’autres formules.

On propose de placer sur un site Web tous les renseignements utiles sur le Comité. On fait remarquer qu’il existe déjà, sur le site du Cabinet du recteur, une page consacrée aux mesures de l’Université visant à combattre le racisme, ainsi qu’au Comité et à son mandat; des mises à jour continueront d’y être publiées régulièrement.

On suggère d’accorder aux membres un délai fixe pour passer en revue les procès-verbaux et y proposer des modifications avant l’approbation officielle des documents et leur publication en ligne.

On confirme que les commentaires et l’approbation des membres seront sollicités pour le procès-verbal de chaque rencontre du Comité.

Enfin, on suggère de publier en ligne la liste complète des membres du Comité afin que la communauté en connaisse la composition; une personne-ressource serait désignée et une adresse courriel générique créée pour faciliter le contact avec les membres.

ASSEMBLÉE PUBLIQUE DU 20 NOVEMBRE

La directrice générale des communications présente les détails de la prochaine assemblée publique et sollicite les commentaires des membres du Comité.

On s’inquiète du manque de temps dont disposeront les groupes étudiants, entre la rencontre du Comité et l’assemblée, pour promouvoir l’événement au sein de leurs réseaux. Bien que les discussions initiales sur l’organisation de l’assemblée aient eu lieu pendant la rencontre avec les étudiants en octobre, on souligne – pour répondre aux préoccupations exprimées – que les détails de l’événement ne sont présentés au Comité à l’occasion de cette première rencontre que pour s’assurer qu’il y ait consensus quant à l’approche adoptée. Bien que l’on fera appel à de multiples ressources pour faire la promotion de l’événement une fois le Comité mis d’accord, il n’en demeure pas moins qu’un préavis de huit jours est insuffisant pour certains étudiants qui voudraient assister à l’assemblée. On comprend que l’événement a été organisé très rapidement parce que d’une part, on souhaitait qu’il se tienne avant la fin de l’année, et de l’autre, qu’il ne coïncide pas avec la période des examens. On note aussi que cette assemblée est la première d’une série d’initiatives qui sollicitera la participation et la mobilisation des membres de la communauté. Les préoccupations soulevées mettent en lumière la nécessité de consulter plus amplement les groupes étudiants pour leur donner un préavis optimal et ainsi maximiser la participation à ces discussions d’importance.

Les membres du Comité seront invités à assister à l’assemblée, et l’on suggère que l’événement soit coanimé par le vice-recteur associé aux services étudiants et un membre du corps étudiant siégeant au Comité. Les représentants du corps étudiant fourniront au Comité le nom de la personne choisie pour coanimer l’assemblée après la rencontre. Un membre s’interroge quant à la dynamique de pouvoir en place si un homme blanc anime au nom de l’Université une assemblée publique sur le racisme à l’endroit des noirs. Les membres du Comité conviennent qu’il serait préférable que le personnel et le corps professoral de l’Université soient représentés à l’animation par une personne noire, autochtone ou de couleur; le Comité se demande qui pourrait remplir ce rôle. Un membre souligne que si l’Université peine à trouver une personne de couleur pour animer une assemblée publique sur le racisme à l’endroit les noirs, elle illustre par là le besoin d’accroître la représentation de ces personnes au sein de l’administration et du corps professoral.

L’assemblée publique sera diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l’Université, et les personnes participantes pourront transmettre leurs commentaires en ligne et en personne pendant l’événement. L’invitation à l’assemblée comprendra un formulaire pour les personnes qui souhaitent fournir, dans l’anonymat et la plus stricte confidentialité, des renseignements quant à leur propre expérience du racisme sur le campus.

Les membres posent d’autres questions sur le déroulement de l’assemblée, surtout en ce qui concerne le temps réservé à chaque composante et la façon dont les messages publiés en ligne seront relayés. On fait remarquer que l’assemblée sera en grande partie consacrée à l’écoute des histoires et remarques des personnes participantes, et que les commentaires reçus en ligne seront relayés à l’assistance tout au long de l’événement.

On confirme qu’un procès-verbal sera dressé au terme de l’assemblée, et que le Comité se réunira pour analyser l’information recueillie pendant l’événement afin de déterminer la suite des choses.

On parle d’ajouter un quatrième objectif (solliciter des idées pour les prochaines étapes) à l’ordre du jour de l’assemblée publique. Nombre de victimes de racisme ou de discrimination ne cherchent pas simplement à communiquer leur expérience; elles veulent savoir que quelque chose de positif ressortira de l’expérience qu’elles sont appelées à revivre, que l’incident vécu ne se reproduira pas, et que des actions seront entreprises pour remédier collectivement aux conditions ayant mené aux actes de racisme.

Au terme de la rencontre, le recteur confirme que l’on fera un suivi pour fixer une date à laquelle les membres pourront se réunir et discuter des résultats, et ce, peu de temps après l’assemblée.

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