Agonie et euphorie

Camille Bérubé nage sur le dos dans des eaux agités.

« C’est une période stimulante qui se prépare, et je ne pourrais pas demander mieux que de la vivre avec mes incroyables coéquipiers et entraîneurs. »

– Camille Bérubé

Par Brandon Gillet

Dans tout succès, il y a un moment décisif. Pour Natasha Watcham-Roy (B.Sc.Santé 2014), qui a remporté l’or avec l’équipe canadienne de rugby à sept, le fait marquant a été son essai de cinq points lors d’une demi-finale décisive contre les États-Unis.

« Ma famille n’arrête pas d’en parler, dit-elle. C’est un sentiment incroyable. »

L’équipe a remporté la médaille d’or en défaisant les Américaines 55-7 : une victoire qui marquera les annales.

« Le stade était plein à craquer de partisans du Canada. Toute une fin de saison pour nous », ajoute Natasha, qui joue à l’avant au poste de talonneuse. Elle a marqué trois essais pendant le tournoi. Pas mal pour une recrue de l’équipe nationale, qui a joué avec les Gee-Gees de 2009 à 2013.

Natasha espère maintenant faire l’équipe qui se rendra aux Olympiques de Rio en 2016. Mais elle doit d’abord prendre part aux Séries mondiales, à compter de décembre, qui l’amèneront à Dubaï, au Brésil, à Atlanta, à Londres et à Amsterdam. C’est la vie d’une athlète de haut niveau. Pas de temps pour le repos.

Des Jeux parapanaméricains extraordinaires

Comme modèle de courage et de dévouement, vous ne trouverez pas mieux que la nageuse et étudiante de l’Université d’Ottawa Camille Bérubé, qui a remporté trois médailles aux Jeux parapanaméricains : l’argent au 100 m dos, le bronze au 200 m quatre nages individuel et le bronze au 100 m brasse.

Atteinte d’un cancer à la naissance, Camille n’a qu’un usage partiel de ses jambes. Elle a dû se pousser pour devenir l’athlète d’élite qu’elle est aujourd’hui. Avec l’aide de son entraîneur, Dave Heinbuch de l’équipe de natation des Gee-Gees, elle ne cesse de s’améliorer.

Camille est inscrite au B.A. avec spécialisation en communications et mineure en études féministes et de genre. Dave Heinbuch est son entraîneur avec les Gee-Gees depuis deux ans, mais il l’a aussi été les quatre années précédentes, au Club de natation de Gatineau.

« Dave me connaît depuis mon arrivée dans l’équipe nationale en 2009, et nous avons beaucoup appris au fil des ans, explique Camille. Au début, il a dû apprendre car il n’avait jamais entraîné de parathlète. »

Dave Heinbuch cumule 30 années d’expérience en natation. Il a participé aux Olympiques de Montréal en 1976 et il a remporté une médaille d’argent aux Jeux panaméricains de 1975 à Mexico. Selon lui, la plus grande qualité de Camille, c’est qu’elle ne se considère pas comme une handicapée ou une parathlète, mais comme une nageuse.

« Je ne pourrais pas lui en demander plus, dit-il. Elle fait tout ce que son entraîneur lui dit. C’est l’une des meilleures athlètes qu’il m’ait été donné d’entraîner. »

Après sept saisons avec Dave, Camille explique qu’ils savent maintenant comment son corps va réagir à l’entraînement et comment elle va récupérer.

« C’est très utile pour l’entraînement pendant l’année, mais aussi pour la préparation finale en prévision des grandes compétitions », ajoute-t-elle.

Le gros de son programme d’entraînement se fait à « allure de course » sur très courtes distances. Autrement dit, l’athlète ne s’entraîne jamais sur des distances plus grandes qu’en compétition. « J’ai un peu modifié ma tactique pour tenir compte de l’importance de s’entraîner à "allure de course" », précise Dave. Elle a très bien réagi à cela. »

L’équilibre sport-études n’est pas toujours facile, mais Camille y parvient grâce à des professeurs compréhensifs et au soutien du Service des sports de l’Université. Elle espère qu’un jour les sports paralympiques auront droit à la même reconnaissance et à la même promotion que les sports pour personnes non handicapées.

« L’Université d’Ottawa est extraordinaire en ce sens, renchérit Camille. Je suis reconnaissante de l’appui que je reçois et j’espère que ça contribuera à modifier la perception que les gens se font des sports paralympiques. »

Camille est prête à poursuivre son programme quelques semaines seulement après les Jeux. La saison prochaine avec les Gee-Gees est cruciale pour elle, puisque les Jeux paralympiques de 2016 se tiendront du 7 au 18 septembre 2016. Comme elle estime tout aussi important d’exceller dans ses études, sa routine quotidienne ne tient pas compte que de la natation.

« Ce sera ma troisième année consécutive avec les Gee-Gees, et j’ai très hâte de m’y remettre, affirme Camille. C’est une période stimulante qui se prépare, et je ne pourrais pas demander mieux que de la vivre avec mes incroyables coéquipiers et entraîneurs. »

« Elle a vraiment évolué comme athlète et elle a contribué à faire de moi un meilleur entraîneur », conclut Dave Heinbuch.

Karelle Edwards lève le flambeau des Jeux Panam vers un second flambeau tenu par une autre porteuse. La Tour de la Paix du Parlement canadien et en arrière-plan.

Karelle Edwards (gauche) portait le flambeau des Jeux Panam dans les rues d’Ottawa.

En route vers Rio?

La sprinteuse (course de haies) Karelle Edwards (B.Sc. 2012 [Sciences de l’activité physique]) a porté le flambeau des Jeux panaméricains dans les rues d’Ottawa avant les Jeux, auxquels elle n’a toutefois pas participé. Sa sélection comme porte-flambeau s’est faite avant qu’elle sache si elle participerait aux Panam. Elle s’est plutôt rendue aux Jeux mondiaux universitaires à Gwangju, en Corée du Sud, avec l’équipe du Canada.

« En acceptant de participer aux Mondiaux universitaires en Corée du Sud, je savais que je ne serais plus admissible aux Jeux panaméricains. La décision n’a pas été facile, parce que j’avais encore un mois pour essayer d’améliorer mon temps et de me qualifier pour les Panam, mais je pense avoir pris la bonne décision dans le contexte de l’objectif de Rio, explique Karelle. J’étais honorée d’avoir été choisie comme porte-flambeau. Allumer la vasque olympique a été toute une expérience. »

Karelle a aussi participé à des compétitions en France, en Belgique et en Suède pendant l’été, mais son objectif ultime est vraiment les Olympiques de Rio en 2016. Après s’être remise d’un bombement discal qui l’a tenue à l’écart de la course pendant trois ans, elle est revenue à la compétition en 2012, plus déterminée que jamais. Elle réussit à allier son entraînement et son travail de kinésiologue dans une clinique de physiothérapie.

« Le fait d’étudier en kinésiologie et de travailler dans le domaine m’a vraiment aidée dans mon entraînement. Je suis plus consciente de mon corps et je comprends pourquoi mon programme d’entraînement est structuré de telle ou telle façon. Mes compétences professionnelles m’ont d’ailleurs aidée à guérir ma blessure au dos. J’avais les connaissances et les outils nécessaires pour prendre ma récupération en main. »

Bien d’autres de l’Université qui ont évolué avec les Gee-Gees ont contribué à la récolte record de 217 médailles du Canada aux derniers Jeux panaméricains. Mentionnons notamment l’ancienne en sciences sociales Kate Goodfellow, qui a remporté l’or en quatre de couple féminin et qui a fait partie de l’équipe d’aviron des Gee-Gees de 2007 à 2012, et Gabriel Beauchesne-Sévigny (B.A.Sc. [génie civil] 2013), qui a reporté l’or avec Ben Russell au 1000 m en C-2 chez les hommes (canoë).

Si vous êtes un athlète ou un entraîneur de calibre olympique diplômé de l’Université et que nous n’avons pas parlé de vous, toutes nos excuses. Nous aimerions vraiment avoir de vos nouvelles et pouvoir tenir les autres diplômés au courant de vos exploits! Écrivez-nous àtabaret@uOttawa.ca. Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter :@uOttawaAlumni.

Photo principale :
Camille Bérubé lors de l’épreuve du 100m dos aux Jeux Parapanaméricains de Toronto. Photo: Comité paralympique canadien.

Natasha Watcham-Roy courre avec un ballon de rugby. Une coéquipière est à ses côtés alors qu’une joueuse de l’équipe adverse est au sol derrière elle.

Natasha Watcham-Roy en échappée lors d’un essai à l’épreuve féminine du rugby à sept. Photo : José Romelo Lagman.

 

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