Au-delà des Filles de Caleb

Marcel Pronovost est assise à une table avec ses livres.

« Mes récits sont basés sur des faits réels. J’ai fouillé les archives nationales sur microfilm. Plusieurs documents sont écrits à la main en ancien français et sont pratiquement illisibles. »

— Marcel Pronovost

Par Johanne Adam

Lorsque le roman Les filles de Caleb d’Arlette Cousture a été porté au petit écran au début des années 1990, la série a fait sensation partout au Québec. Parmi les millions de téléspectateurs assidus, l’un était tout particulièrement captivé par cette histoire qui se déroule au début du XXe siècle.

Titulaire d’un maîtrise en science politique (1989), Marcel Pronovost a des racines très profondes en Mauricie, la région où se déroule l’action principale de la minisérie. Ce natif de Shawinigan est de la 9e génération de Pronovost issus de ce coin de pays.

« Mon ancêtre est Mathieu Pronovost, fils de Mathieu Rouillard. Rouillard est aussi l’ancêtre d’Ovila Pronovost, rendu célèbre dans Les filles de Caleb », raconte-t-il.

Fasciné par l’histoire et la généalogie, M. Pronovost a voulu raconter l’histoire de ses ancêtres. Tout récemment, il a publié le roman Jeanne Guillet, la veuve Rouillard. Basé sur des faits historiques romancés, le livre relate la vie de la femme de Mathieu Rouillard, coureur de bois en Nouvelle-France. Cette œuvre fait suite au roman Feu et lieu, publié en 2011 et dont le personnage principal est Mathieu Rouillard.

« Mon nouveau roman raconte la vie de Jeanne Guillet sur une vingtaine d’années, soit à partir de la mort de son mari en 1702 », raconte l’auteur qui, chaque année, parcourt le Canada et les États-Unis pour donner des conférences sur la vie en Nouvelle-France.

Jeanne Guillet était une pionnière de Cap-de-la-Madeleine. Contrairement à la plupart des femmes en Mauricie, elle n’était pas une Fille du roi.

« Les femmes natives de la région étaient rares à l’époque », ajoute l’auteur.

Jeanne a dû élever seule ses enfants pendant qui son mari partait en voyage de traite.

« De nombreux coureurs des bois faisaient le voyage vers la Louisiane afin d’écouler leurs stocks de fourrure. Pendant ce temps, les femmes s’occupaient des enfants et de la terre. »

Des recherches historiques élaborées

Les recherches de Marcel Pronovost se sont étalées sur 20 ans avant la publication de ses romans historiques.

« Mes récits sont basés sur des faits réels. J’ai fouillé les archives nationales sur microfilm. Plusieurs documents sont écrits à la main en ancien français et sont pratiquement illisibles, explique l’auteur. J’ai même dû faire appel à un spécialiste pour décoder certains d’entre eux. »

Selon l’auteur, les registres légaux de l’époque sont une véritable mine d’or!

« Comme la plupart des coureurs des bois en Nouvelle-France, Mathieu Rouillard était perpétuellement endetté et par conséquent, il devait régulièrement se défendre en cour. Tous ses démêlés en justice sont minutieusement documentés. »

C’est ainsi qu’il a pu décrire les embrouilles de Jeanne Guillet avec ses voisins et le curé du village, alors que son mari se trouvait en Louisiane. Rouillard leur devait d’importantes sommes d’argent et, en son absence, Jeanne et ses fils ont dû rembourser toutes ses dettes.

« Aujourd’hui, les familles Rouillard, Pronovost, Prénoveau et Saint-Cyr, qui vivent un peu partout en Amérique, sont pour la plupart issues des enfants du couple Guillet-Rouillard », souligne M. Pronovost.

Romans écrit par Marcel Pronovost : Feu et Lieu, traduction anglais Hearth and Home et Jeanne Guillet, la veuve Rouillard. Photo : Robert Lacombe.

Une bourse pour l’avenir de sa région natale

En 2014, Marcel Pronovost a créé une bourse qui a été remise pour la première fois cette année. La bourse Marcel-Pronovost est octroyée à des étudiants en science politique à la Faculté des sciences sociales, inscrits soit à un programme de premier cycle (en troisième ou quatrième année) ou à un programme d’études supérieures. Plus spécifiquement, les récipiendaires doivent étudier en français et être originaires de la région de la Mauricie.

« Ma région a beaucoup souffert sur le plan économique en raison du déclin de certaines industries, notamment celles du bois et du papier. Nous avons subi d’importantes pertes d’emplois et, par conséquent, peu de familles ont les moyens d’envoyer leurs enfants à l’université. Cette bourse, c’est une façon pour moi de contribuer à la revitalisation de ma région. »

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Les recherches de Marcel Pronovost se sont étalées sur 20 ans avant la publication de ses romans historiques. Photo : Robert Lacombe

Marcel Pronovost avec ses romans. Photo : Robert Lacombe

 

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