Une chorale multigénérationnelle

« C'est plus que de faire de la musique ... c’est vraiment un contexte de rassemblement. »

— Josée Benoît

Par Sophie Coupal

En 1998, lorsque la diplômée Marie-Josée Vignola (Ph.D. 1994) a l’idée de créer une chorale parents-enfants à l’école primaire de sa fille aînée, elle ne cherche pas forcément à innover. Mais sans le savoir, c’est pourtant ce qu’elle fait, en ouvrant le chemin, ou mieux encore,
la « voix », à une activité unique en son genre.

À l’époque, comme de nos jours, les chorales multigénérationnelles sont très rares, mais le projet de cette professeure de la Faculté d’éducation vise un objectif précis : lui permettre de continuer à chanter malgré son horaire chargé de jeune maman.

Dix-huit saisons plus tard, le projet en question, la chorale Francophonia de l’école Francojeunesse d’Ottawa, est toujours bien vivant et florissant. Bon an mal an, c’est une trentaine de personnes — parents, grands-parents et enfants du jardin à la sixième année — qui se réunissent une heure par semaine, de janvier à mai, pour le plaisir de chanter en famille.

Ubald Laurencelle (M.Éd 1972) est membre de cette chorale dont il fait, par sa présence, un lieu de rassemblement trigénérationnel.

« Je me suis joint à la chorale Francophonia il y a maintenant trois ans à l’invitation de mon fils et de ma petite-fille. J’y ai redécouvert la fraîcheur, la spontanéité et l’authenticité des enfants. C’est tout dire! Pour un grand-père, que vouloir de plus? » Comme l’indique son nom, la chorale Francophonia chante surtout en français, mais son répertoire intègre aussi d’autres langues comme le yiddish ou le chinois, reflétant ainsi la diversité culturelle des chanteurs.

Or, la prononciation d’une langue étrangère est loin d’être le principal défi dans cette chorale où il faut garder l’intérêt des parents et l’attention des plus petits. La personne qui dirige tout ce beau monde doit à la fois avoir une bonne base musicale, une bonne capacité d’adaptation… et un bon sens de l’humour!

Marie-Josée Vignola recrute systématiquement ces perles rares parmi les anciens du cours de direction de chorale offert par le professeur Laurence Ewashko (B.Mus 1982) de l’École de musique, dont la directrice actuelle, la diplômée Michelle Vandal (B.Éd 2009). Beaucoup sont aussi diplômées de la Faculté d’éducation.

La diplômée Josée Benoît (B.Éd 2003, M.A. 2006, Ph.D 2011) est aujourd’hui l’accompagnatrice de la chorale après l’avoir dirigée pendant plusieurs années.

« C’est plus que de faire de la musique, dit-elle. Oui, on chante ensemble, mais c’est vraiment un contexte de rassemblement. »

Toujours passionnée par le projet, Mme Benoît travaille présentement à la rédaction d’un article scientifique sur l’expérience et les motivations des participants, en collaboration avec la professeure Vignola.

La jeune Charlotte, son père Alain et son grand-père Ubald, un ensemble trigénérationnel au sein de la chorale Francophonia.

La jeune Charlotte, son père Alain et son grand-père Ubald. Photo : Mireille Piché

C’est qu’au fil des années, l’activité a révélé une capacité extraordinaire de créer des liens entre les enfants de différents âges — c’est d’ailleurs une des rares activités parascolaires qui accueille les petits de trois ou quatre ans —
mais aussi entre les membres d’une même famille, et entre les familles de la communauté.

La chorale est bien sûr importante pour les francophones vivant en milieu minoritaire, pour les nouveaux arrivants cherchant à s’intégrer, de même que pour des parents anglophones comme Marna Zinatelli.

« Mon français n’est pas très bon, dit-elle, mais la chorale m’a donné une occasion de l’améliorer dans un contexte agréable et amical, et aussi d’interagir plus facilement avec les gens à l’école. C’était une activité amusante à faire régulièrement avec ma fille. »

Nathalie Le Marec, qui en est à sa cinquième saison dans la chorale, sait aussi très bien ce qui l’y ramène année après année.

« Mes filles sont énormément impliquées dans le sport et je trouvais intéressant qu’elles s’ouvrent à d’autres domaines qui les passionnent. Ça me permet également de chanter, moi qui n’ai pas une très belle voix! Mais par-dessus tout, la chorale nous permet de faire une belle activité en famille. »

Comme quoi, au-delà de l’originalité et de l’impact du projet, la chorale Francophonia demeure d’abord et avant tout une affaire de famille … et de musique!

Photo principale :
Marie Josée Vignola, professeure à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, accompagnée de trois jeunes choristes, qui répètent un chant francophone. Photo : Mireille Piché

 Mireille Piché

Le groupe parents-enfants de la chorale Francophonia, dirigé par la directrice, à la gauche de la photo, Mme Michelle Vandal. Photo : Mireille Piché

 

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