La diplomatie du savoir

« Notre système d’éducation est reconnu pour son excellence et ses principes d’égalité des chances; notre bien-être dépendra de notre capacité à renouveler cet avantage au XXIe siècle. »

— Son Excellence, le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada

Par Mike Foster

Le gouverneur général David Johnston exhorte les professionnels, enseignants et étudiants en sciences humaines à innover en éducation en collaborant entre les disciplines et en favorisant les échanges internationaux.

Dans le cadre d’une causerie de la série Voir grand sur l’innovation en éducation au Congrès des sciences humaines 2015 tenu à l’Université d’Ottawa, Son Excellence le très honorable David Johnston a pris parti pour la « diplomatie du savoir », démarche multidisciplinaire qui réunit les forces pour faire progresser le savoir.

Selon David Johnston, trois facteurs contribuent à l’urgence d’innover en éducation : la concurrence mondiale qui s’intensifie, l’évolution rapide des technologies et le fait que la majeure partie des découvertes sur le fonctionnement du cerveau humain datent des vingt dernières années.

« Ce type de diplomatie du savoir, affirme-t-il, est essentiel pour régler les problèmes les plus urgents et complexes de la planète. »

« Le Canada ne peut se permettre de faire preuve de complaisance en éducation, surtout en raison de la vive concurrence dans certains secteurs – manufacturier entre autres – où nous nous mesurons aux marchés en émergence qui offrent de bas salaires, ajoute-t-il. En éducation, toutefois, le Canada est avantagé. Notre système d’éducation est reconnu pour son excellence et ses principes d’égalité des chances; notre bien-être dépendra de notre capacité à renouveler cet avantage au XXIe siècle. Nous n’avons pas le choix dans le contexte de vive concurrence mondiale actuel. »

Pour lui, l’un des plus grands privilèges de son rôle est de remettre des bourses qui récompensent des Canadiens et Canadiennes pour leurs réalisations exceptionnelles dans une multitude de disciplines. Il donne comme « merveilleux exemple d’innovation en éducation » le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en neuroscience théorique Chris Eliasmith, lauréat du prix John-C.-Polanyi pour son modèle informatique du cerveau humain appelé Spaun.

M. Eliasmith – philosophe, ingénieur en conception de systèmes, informaticien et neuroscientifique – a remporté le prix décerné par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada en montrant « qu’il faut parfois faire les choses différemment pour générer de nouvelles connaissances et une nouvelle compréhension », soutient David Johnston.

Son Excellence, le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada, s’adresse à l’auditoire. Photo : Bonnie Findley

Le gouverneur général ajoute qu’il revient à chacun – tant psychologues, sociologues que philosophes – de déterminer quelle forme prendra ce « renouveau » en éducation. Selon « l’un des grands penseurs canadiens du domaine de l’apprentissage », Chad Gaffield, titulaire de la Chaire de recherche de l’Université en version numérique, « les technologies numériques amènent des façons de réfléchir que l’on pensait inimaginables », et il est essentiel de « réimaginer l’accent que l’on met sur l’apprentissage ».

M. Johnston propose trois idées pour innover en éducation : organiser l’éducation selon le défi posé, et non seulement la discipline; jauger notre succès en mesurant les résultats d’apprentissage, et non principalement les données d’entrée; s’assurer que chaque jeune canadien a la chance d’étudier ou de travailler à l’étranger, ou dans une autre province ou un autre territoire, ou les deux.

La recherche appliquée en éducation a d’ailleurs démontré que l’apprentissage actif produit de meilleurs résultats que l’apprentissage passif, et que « l’on apprend mieux quand les idées sont renforcées et présentées de manière interactive », précise-t-il.

David Johnston termine en lançant cinq défis : « reconnaître l’importance essentielle d’intégrer les connaissances et de travailler avec les autres disciplines; profiter des nouvelles technologies et méthodes pour se parler, peu importe notre profession et notre langue; utiliser le savoir pour réunir les gens; cela profite aux gens et aux sociétés et réduit les risques de conflits (dans mes activités internationales, c’est ce que j’appelle la diplomatie du savoir); utiliser ce qui fonctionne bien dans une autre discipline et l’appliquer à la nôtre; enfin, célébrer l’excellence canadienne, au pays et dans le reste du monde ».

Le très honorable David Johnston a reçu un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa en 2011. Il a déjà été recteur de l’Université de Waterloo, recteur et vice-chancelier de l’Université McGill, président d’Universités Canada et président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec.

Participaient aussi à cette causerie M. Alejandro Adem, PDG et directeur scientifique du Réseau Mitacs, Mme Sara Diamond, rectrice et et vice-chancelière de l’Ontario College of Art and Design, et Mme Miao Song, professeure adjointe affiliée au Département d’ingénierie et d’informatique de l’Université Concordia.

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Dans le cadre d’une causerie de la série Voir grand sur l’innovation en éducation au Congrès des sciences humaines 2015 tenu à l’Université d’Ottawa, Son Excellence le très honorable David Johnston a pris parti pour la « diplomatie du savoir.» Photo : Bonnie Findley.

(De gauche): Mme Miao Song ; le recteur de l’Université d’Ottawa Allan Rock ; le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada ; Mme Sara Diamond ; ancien recteur de l’Université Gilles Patry (2001-2008); Alejandro Adem et Stephen Toope. Photo : Bonnie Findley.

 

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