Un diplôme, mille et une carrières

Huguette Labelle, au regard intense, se tient debout dans un parc

« Même lorsque je travaille avec des organisations qui n’ont rien à voir avec l’éducation, mais davantage avec la lutte contre la corruption, la paix ou le développement, je constate que la Faculté d’éducation m’a très bien préparée ».

— Huguette Labelle

Par Michelle Hibler

On dit que l’enseignement est à l’origine de toutes les professions. Il en va de même du diplôme en éducation, qui mène à de multiples carrières comme en témoignent les parcours diversifiés des milliers de diplômés de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa depuis sa fondation en 1967. Nous vous présentons ici quatre cheminements très différents, en salle de classe… ou ailleurs.  

Vastes horizons

Huguette Labelle, titulaire de quatre diplômes et d’un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa, a eu un parcours aux multiples ramifications.

La chancelière ayant exercé le plus long mandat à l’Université (1994-2012) a obtenu un baccalauréat en enseignement des sciences infirmières en 1960, puis un baccalauréat et une maîtrise en éducation en 1968. Après quelques années dans la fonction publique à titre d’infirmière conseillère principale du Canada, elle entreprend des études doctorales en éducation pour développer ses aptitudes pour la recherche. Elle obtient son doctorat en 1980.

La carrière remarquable de Mme Labelle se compose de 26 ans dans la fonction publique, dont 19 comme administratrice générale de six ministères, notamment comme sous-ministre à Transports Canada, présidente de la Commission de la fonction publique et présidente de l’Agence canadienne de développement international.  

«  Je peux dire que chaque endroit où j’ai travaillé a été, le temps où j’y étais, mon ministère préféré, car il devenait le plus important à mes yeux », souligne-t-elle. En pensant aux professeurs qui ont influé sur ses propres choix de carrière, elle conseille aux étudiants de « maintenir leur horizon le plus ouvert possible ».

Créativité et communication

Julie Findlay (B.Éd. 2004) a saisi au bond une occasion unique de réorienter sa carrière depuis la salle de classe jusqu’au monde des médias. Mme Findlay est l’auteure du blogue Mom in the Know, qui traite de tout ce qui touche la famille et la communauté. On peut la voir régulièrement sur le réseau CTV et à l’émission Daytime de Rogers et dans les pages des magazines Capital Parenting Times et Ottawa Outdoors.  

Julie Findlay découvre sa passion pour l’enseignement dans une école à Ciudad de Valles au Mexique, en 1996, et plus tard à Ottawa. Elle fait un baccalauréat en éducation de l’Université d’Ottawa, puis continue à enseigner jusqu’à la naissance de son premier enfant en 2006.

En congé de maternité, elle participe à un projet de formation culinaire pour l’organisme Diététistes du Canada avec son ami et spécialiste culinaire Korey Kealey.  Ce projet lui trace la voie vers son emploi actuel, qui lui permet à la fois « d’être mère, de prendre soin d’elle et de ses enfants et de faire œuvre pédagogique auprès du public ».

« Que ce soit en ondes ou sur un blogue, il s’agit toujours de trouver une idée, de la développer et de la présenter, dit‑elle. Cultiver ma créativité et faire passer mon message; ce sont des principes qui m’ont été inculqués lors de mon baccalauréat en éducation. »

Counselling et recherche

En plus de sa nouvelle pratique comme psychothérapeute, Daniel Nadon participe à des recherches menées à l’Université sur des outils destinés aux conseillers en orientation des écoles secondaires.

Daniel Nadon (B.Éd. 2008, M.Éd. 2013) a fait le choix délibéré de quitter la salle de classe, mais entretient des liens solides avec son alma mater.

« J’ai fait un baccalauréat en éducation pour pouvoir enseigner en Ontario », explique-t-il. Si les stages faits dans le cadre du programme s’avèrent « une belle expérience avec des enseignants très dévoués », les contrats à court terme et la suppléance qui suivent l’obtention de son diplôme le laissent sur sa faim.

Heureusement, son baccalauréat en éducation lui ouvre les portes de la maîtrise en counselling éducationnel, appelé aujourd’hui psychologie du counselling. Après avoir travaillé en orientation scolaire et dans les centres d’aide pour les toxicomanes, Daniel Nadon lance sa pratique privée pour aider les patients à composer avec des difficultés comme le stress, la dépression et le deuil.

Il mène également des recherches sur le counselling dans les écoles secondaires en collaboration avec son directeur de thèse de l’Université d’Ottawa. « Les conseillers scolaires ne sont pas suffisamment nombreux, déplore-t-il. Je participe au développement d’outils validés empiriquement, qui seront mis gratuitement à la disposition des conseillers en orientation. »

Apprendre sur une bonne note

Bon nombre de diplômés en éducation choisissent, bien évidemment, la salle de classe.

Willy Wandji sits in a park drumming on a djembe

Willy Wandji, autrefois journaliste au Cameroun, a créé un club de percussions très populaire pendant son stage dans une école élémentaire de London en Ontario.

Willy Aristide Wandji (B.Éd. 2014) travaillait comme journaliste au Cameroun avant d’atterrir à Montréal en 2012. Il s’inscrit au volet français du programme de formation à l’enseignement à l’Université d’Ottawa (campus de Toronto) et fait son stage à London, en Ontario, comme enseignant d’éducation physique dans une école élémentaire. Ce fervent joueur de soccer, qui est également musicien, fonde un club de percussions.

« Les élèves retournaient en classe très motivés et disposés à se remettre à la tâche. Le directeur s’en est rendu compte et a réussi à dégager un budget pour acheter une trentaine de djembés », explique Wandji, qui enseigne aujourd’hui à temps plein dans cette école.

Ses élèves ont la chance de jouer leur propre composition lors d’un événement à l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs en 2016. Après avoir entendu des élèves de sixième année dire « le rap c’est seulement cool en anglais », M. Wandji encourage ces derniers à composer du rap en français. Il enregistre avec eux une de ses propres pièces, Intimidation, qui obtient un franc succès dans les écoles françaises de London.

« Les enfants veulent apprendre en ayant du plaisir, dit-il. Je ne suis peut-être pas un enseignant parfait parce que je suis nouveau, mais à la fin de la journée, je peux voir ce sourire, cette joie sur leur visage.»

La valeur de l’enseignement

Huguette Labelle se réjouirait de la passion de Willy Aristide Wandji pour l’enseignement.

« Nos enseignants sont nos agents multiplicateurs. Dès le début, au jardin, jusqu’au postdoctorat, préparer nos enseignants est une des plus grandes contributions que l’on peut faire à la société. »

« Même lorsque je travaille avec des organisations qui n’ont rien à voir avec l’éducation, mais davantage avec la lutte contre la corruption, la paix ou le développement, je constate que la Faculté d’éducation m’a très bien préparée », souligne-t-elle.

La Faculté d’éducation célébrera son 50anniversaire le 4 mai 2017 lors de la Semaine des diplômés. Venez rencontrer les étudiantes et étudiants, les diplômés, les membres du corps professoral et du personnel, ainsi que nos partenaires en éducation. Inscrivez-vous en ligne ou communiquez avec Anne-Sophie Ducellier pour en savoir plus.

Photo principale :
Huguette Labelle, titulaire de quatre diplômes et d’un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa. Photo : Colin Rowe Photography

Julie Findlay and Jane Goodall stand in a TV studio in front of a wall-sized backdrop of Ottawa.

La diplômée Julie Findlay, que l’on voit en compagnie de la défenseure de la nature Jane Goodall, est à la fois blogueuse, chroniqueuse et formatrice.

 

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