Égoportraits pour sports extrêmes

Marc Bjerring est suspendu dans les airs par le patin d’un hélicoptère au-dessus d’un champ et d’une rivière.

« C’est à partir de là que nous avons créé et testé le premier prototype, puis validé la réaction du grand public. »

– André Bellerive

Par Kyle Bournes

Le printemps dernier, la directrice du Département de génie mécanique Natalie Baddour a reçu sur Twitter le message suivant d’un jeune diplômé : « @natbaddour Vous savez la perche pivotante que nous avons créée dans votre cours… Elle s’appelle maintenant Spivo! http://spivo.comAndré ».

« Andre », c’est André Bellerive (B.A.Sc. 2014), maintenant étudiant de 2e cycle et cofondateur-coinventeur de la perche à égoportraits Spivo Stick. Comme l’indique le message envoyé par Twitter, Spivo a vu le jour dans le cours de conception donné par la professeure Baddour à l’hiver 2013.

André et l’autre cofondateur de Spivo, Marc Bjerring (B.A.Sc. 2014), sont tous deux amateurs d’émotions fortes et de sports d’action. Ils sont de ceux qui n’ont pas envie d’arrêter et d’enlever leurs gants pour changer l’angle de la caméra en dévalant une pente à toute allure. Ils ont donc conçu Spivo, la perche à égoportraits par excellence pour les mordus de sports d’action ou d’émotions fortes. Après deux années de développement et de mise au point, Spivo, avec son socle de caméra pivotant, est enfin offerte en prévente.

André Bellerive confirme que tout a commencé dans le cours de la professeure Baddour.

« C’est à partir de là que nous avons créé et testé le premier prototype, puis validé la réaction du grand public », explique-t-il.

Le premier prototype était en aluminium. Ceux qui l’ont essayé l’ont adoré, mais il fallait en réduire le coût de production avant de le commercialiser. Coup de chance, la Faculté de génie de l’Université a ouvert l’an dernier un atelier Makerspace. André et Marc s’y sont rendus pour construire et tester des prototypes gratuitement grâce à l’imprimante 3D.

Forts des résultats concluants de l’impression 3D à l’atelier Makerspace, ils décident d’acheter leur propre imprimante 3D pour faire d’autres prototypes. Ils parviennent ainsi à construire et à tester plusieurs versions avant d’obtenir une perche robuste, facile à utiliser et prête à commercialiser. Il le fallait bien puisque les futurs utilisateurs de Spivo sont du genre à dévaler les pentes à pleine vitesse, à glisser sur les rails des parcs de planche ou à sauter en parachute.

Durant le processus de création de Spivo, André et Marc font appel à deux amis, Pat Lalonde (B.Com. 2014), diplômé de l’École de gestion Telfer et ancien lauréat du concours d’entrepreneuriat des Jeux du Commerce, et Greg Dillon, directeur du marketing, pour les aider à monter l’entreprise et à développer la marque Spivo. L’équipe espère mettre Spivo dans les gants des skieurs et des planchistes à temps pour la prochaine hivernale.

Spivo est déjà dans les bonnes grâces du milieu des sports d’action et des amateurs de technologie et de gadgets. Les magazines FREESKIER et Whitelines Snowboard, de même que la cybercommunauté de skieurs NewSchoolers ont publié des articles à son sujet, MSN l’a choisie au nombre des meilleures inventions de Kickstarter de juillet, et des sites de technologies et de gadgets comme techopia.ca, geeky-gagdets.com, reddit.com et plusieurs autres en ont parlé dans leurs pages.

La campagne Kickstarter a permis d’amasser plus de 17 000 $ pour commercialiser le produit. Même si l’objectif de 30 000 $ n’a pas été atteint, l’équipe n’allait pas baisser les bras.

« Dès que nous avons compris que nous n’atteindrions pas notre objectif avec Kickstarter, nous avons ouvert notre boutique en ligne pour la prévente, explique André Bellerive. Les ventes vont bien jusqu’à maintenant, et nous prévoyons expédier les Spivo avant la prochaine saison de ski. »

André, Marc et leur équipe poursuivent également le développement d’une stratégie de marque de grande visibilité, mais elle a sollicité les conseils du Carrefour de l’entrepreneuriat de l’Université d’Ottawa. Une forte présence dans les médias sociaux signifie que la plupart de leurs clients publient des photos et des vidéos de leurs exploits extrêmes. Des adeptes de sports d’action du Canada, des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, d’Asie et du Pérou utilisent Spivo et ne tarissent pas d’éloges à son égard.

Un skateur fait un égoportrait grâce à la perche Spivo en équilibre sur le bord d’un bassin de ciment.

Le skateur Dan Gauthier fait un égoportrait avec le Spivo. Photo : André Bellerive.

Ces bonnes nouvelles arrivent à point, puisque la professeure Hanan Anis vient d’apprendre que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) lui a accordé la Chaire en génie entrepreneurial de la conception. Cette chaire, qui amènera un million de dollars à la Faculté de génie au cours des cinq prochaines années, a justement pour objectif de valoriser le génie entrepreneurial en incitant les étudiants à créer, à fabriquer et à tester des solutions à des problèmes de génie tout en tenant compte du marché et des contraintes commerciales. Le cas de Spivo l’illustre bien : l’entrepreneuriat et la conception technique vont de pair.

Les nouvelles du succès de Spivo ne manqueront pas d’inspirer une autre génération d’aspirants ingénieurs-entrepreneurs, surtout lorsqu’ils verront les vidéos spectaculaires publiées par les utilisateurs de Spivo ou qu’ils croiseront une joyeuse bande de planchistes casqués Spivo à la main. Ils se tourneront alors vers leurs amis en disant : « Wow! T’as vu ça? Trop cool! »

Photo principale :
L’entrepreneur casse-cou Marc Bjerring (B.Sc. 2014) tente toute les manœuvres pour tester la perche Spivo. Photo:http://www.spivo.com

Pat Lalonde, André Bellerive et Marc Bjerring tout souriants dans leur combinaison de plongée.

(De gauche à droite) les diplômés Pat Lalonde, André Bellerive, et Marc Bjerring se réjouissent après avoir retrouvé une caméra qui était perdue dans l’océan pendant quatre heures. Photo: http://www.spivo.com

 

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