Sous les étoiles d’Hollywood

Benoit Landry sur le tapis rouge des Golden Globes.

« Si on réussit à les faire décrocher du quotidien, à se reposer, à les faire sourire et même à leur faire explorer de nouvelles idées, on a fait notre travail. »

– Benoit Landry

Par Caroline Baron-Courcy

Vous êtes-vous déjà demandé comment sont choisies les émissions qui vous sont présentées à la télévision ou sur d’autres plateformes?

Benoit Landry (B.A. communication, 2003), directeur de la veille marketing et commerciale chez NBCUniversal en sait quelque chose.

C’est que lui et son équipe ont un impact direct sur l’offre de la chaîne NBC.

« Dans la programmation de divertissement, l’objectif est d’amuser les gens. Si on réussit à les faire décrocher du quotidien, à se reposer, à les faire sourire et même à leur faire explorer de nouvelles idées, on a fait notre travail », explique Benoit Landry.

Chaque printemps, le réseau reçoit un nombre impressionnant d’émissions pilotes, c’est-à-dire le premier épisode d’une série télévisée qui a pour but de convaincre les décideurs de la diffuser sur leurs ondes. Le travail de M. Landry consiste à déterminer un échantillon représentatif du public cible afin de recueillir leurs impressions et de croiser, comparer et analyser les données pour guider la prise de décision finale. L’échantillon est donc soumis à un visionnement-test en observation, à un questionnaire et à un groupe de discussion portant sur le choix des acteurs, les personnages, l’intrigue, les effets spéciaux, la musique, le style visuel, etc. Tous les éléments doivent être évalués afin de prévoir si une série télévisée aura du succès ou non. Le même processus sera répété par la suite pour orienter la publicité entourant les émissions retenues.

Une fois ces analyses et recommandations remises aux décideurs, entre quatre et dix émissions seront intégrées à la programmation de l’automne suivant. Le pari reste risqué même si une étude très rigoureuse est faite. Mais le travail du directeur de la veille marketing et commerciale va encore plus loin : il collabore étroitement avec les réalisateurs et scénaristes des séries retenues afin de les conseiller et de les aider à réorienter l’intrigue, à donner plus de place à certains personnages qui interpellent davantage l’auditoire ou à en éliminer d’autres pour maximiser les chances de réussite.

« On fait tout en notre pouvoir pour qu’une série puisse garder le public captif pour une moyenne de 5 ans à raison de 22 épisodes par année ».

Et c’est ce genre de collaboration qui génère de grands succès comme la populaire série 30 Rock, créée par Tina Fey, et Chicago Fire, un drame très prisé du public.

Comme l’industrie télévisuelle a évolué à une vitesse fulgurante, le travail de notre diplômé chez NBCUniversal a beaucoup changé au cours des 10 dernières années.

« Au début, on travaillait seulement pour la télévision. On proposait une programmation linéaire et les téléspectateurs écoutaient leurs émissions à une heure précise selon la grille horaire. On mesurait notre succès en comptant les cotes d’écoute », souligne M. Landry.

« Aujourd’hui, nos auditeurs consomment le contenu de diverses façons. Pensons à l’application mobile NBC, à la vidéo sur demande, aux services de diffusion en continu comme Hulu et Netflix, etc. Les comportements ont changé, il est plus difficile de rejoindre un auditoire aussi éclaté et qui a accès à énormément de contenu de qualité. De plus, une abondance de données doit être prise en compte, y compris les réactions du public sur les réseaux sociaux. C’est beaucoup plus complexe, mais aussi beaucoup plus riche. »

Benoit Landry

Benoit Landry (B.A. communication, 2003), directeur de la veille marketing et commerciale chez NBCUniversal

Au fil de notre entretien, une question me brûlait encore les lèvres : comment un jeune homme de Gatineau a réussi à tailler sa place à Hollywood?

C’est en fait grâce à un risque calculé alors qu’au moment d’entamer sa troisième année de baccalauréat, le jeune Benoît Landry commençait à réfléchir sérieusement à son avenir qui approchait à grands pas. Entrer sur le marché du travail? Il se sentait encore trop jeune, lui qui avait fait un passage accéléré de l’école secondaire à l’université, un parcours réservé aux meilleurs étudiants québécois. Son excellent dossier scolaire, son appétit pour l’apprentissage et son intérêt pour l’étude des médias lui pointaient directement le chemin des études supérieures.

À l’époque, le programme de maîtrise en communication n’existait pas encore à la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa. C’est donc grâce aux conseils de la professeure Lise Boily, qui enseigne encore aujourd’hui au Département de communication, qu’il s’est mis à explorer les universités américaines. Puisqu’il semble impossible d’étudier aux États-Unis sans maîtriser la langue anglaise, l’histoire aurait pu s’arrêter ici. Déterminé toutefois à atteindre ses objectifs, Benoit Landry a ajouté quelques cours optionnels d’anglais à sa dernière année au baccalauréat. À la fin de ses études à l’Université d’Ottawa, il était fin prêt pour commencer sa maîtrise à la University of Southern California (USC).

Étudier à L.A., au cœur de la capitale des médias et de l’industrie du divertissement, lui a permis de décrocher un stage au réseau NBC, un des plus importants acteurs dans la production, le développement et la diffusion de produits d’information et de divertissement au monde. Cette expérience lui a valu un poste d’analyste au département de recherche dès la fin de sa maîtrise en 2005. Depuis, il a gravi les échelons pour devenir directeur de la veille marketing et commerciale.

Bien qu’il ait fait sa vie à Los Angeles et qu’il nage dans une industrie vibrante, il reste toujours près de ses racines, grâce à la technologie qui lui permet de garder le contact avec la culture franco-canadienne et québécoise qui lui est chère. D’ailleurs, chaque année il revient en Outaouais pour voir sa famille et en profite pour se réunir avec d’anciens camarades de l’Université d’Ottawa au Father & Sons ou au Royal Oak tout près du campus. Chaque fois, il s’émerveille de voir à quel point l’Université d’Ottawa se développe.

Cette année, c’est l’Université qui est venue à lui dans le cadre du lancement de la campagne Défier les conventions à Los Angeles.

« J’ai pu rencontrer d’autres diplômés qui comme moi ont fait leur vie en Californie. On s’est promis de se revoir ».

Saviez-vous qu’ils sont 246 diplômés de l’Université d’Ottawa à faire carrière dans cette belle ville de la Californie?

Photo principale :
Assister à la cérémonie des Golden Globes? Pourquoi pas! Photo : NBCUniversal

Une étoile sur le Hollywood Boulevard walk of fame.

Benoît Landry s’est hissé au sommet de l’industrie du spectacle à la suite d’un stage chez NBCUniversal.

 

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