Ingénieure planétaire

Sue Kolloru Barger dans un bureau

Grâce à son diplôme en génie électrique de l'Université, Sue Kolloru Barger s'est édifié une carrière internationale et a nourri sa passion : servir de modèle pour les femmes en technologie.

Par Kyle Bournes

À l'instar de bien d'autres jeunes ingénieurs d'Ottawa débarqués sur le marché du travail à la fin des années 1990, Sulaekha (Sue) Kolloru Barger a décroché son premier emploi chez Nortel Networks. Diplôme en génie électrique de l'Université d'Ottawa (1998) en main, elle décrit ses premières années chez Nortel comme des années « de génie électrique pur et dur »; à cette époque, l'entreprise était le joyau du secteur des technologies au Canada.

Au moment de l'effondrement de la société dix ans plus tard, Sue avait déjà quitté la région depuis longtemps. Son esprit aventurier l'avait poussée vers un salon de l'emploi qui a changé le cours de sa vie et l'a propulsée vers une carrière internationale.

« J'avais besoin d'explorer, dit-elle. Je voulais voir ce que le monde avait à m’offrir. »

Le monde, pour commencer, c'était un poste de consultante en réseaux pour une société de télécoms multinationale, Lucent Technologies, où elle a développé ce goût du travail à l'international. Grâce à cet emploi, elle a voyagé partout dans le monde, mettant à profit ses connaissances en génie pour aider des entreprises dispersées un peu partout aux États-Unis, mais aussi plus loin, en Asie et en Europe à trouver des solutions à leurs problèmes de réseau.

Changement de cap

Après cinq ans, elle refuse l’occasion de gérer la résolution des problèmes techniques pour les clients asiatiques de Lucent pour retourner sur les bancs d'école. Le temps était venu de repartir à neuf, d'élargir ses horizons et de développer ses compétences.

Prochain arrêt : la Wharton School of Business de l'Université de Pennsylvanie, où elle fait une maîtrise en administration des affaires. Dans le cadre de ce programme, elle fait des séjours d'études au Pérou et en Asie grâce à une prestigieuse bourse d'ambassadrice du club Rotary International.

Une fois cette maîtrise en poche, Sue accepte un poste au sein du Boston Consulting Group (BCG) en 2005. Après un an au bureau new-yorkais de l'entreprise, elle passe deux ans dans les bureaux du Sud-Est asiatique avant de s’installer à Atlanta, en Géorgie. 

Mais elle n'a toujours pas les pieds accrochés à la terre ferme. Depuis dix ans, elle donne des conseils de gestion à de grandes entreprises des secteurs des technologies, des médias et des télécommunications aux États-Unis, en Inde et dans le Sud-Est asiatique. Elle a gravi les échelons chez BCG et occupe maintenant un poste d'associée et de directrice de gestion au bureau d'Atlanta. Tout cela tout en élevant deux jeunes enfants avec son mari, directeur général d’une compagnie de pâtes et papier américaine.

« Je suis fatiguée juste à penser à tout ce qu'elle fait, dit son ami et ancien camarade de l'Université, Luan Nguyen, qui travaille à Silicon Valley. Sue a toujours été une leader naturelle. Elle se mesure aux cerveaux les plus brillants du monde et elle excelle à la tête d'une équipe. »

Un modèle pour les femmes

Depuis cinq ans, BCG occupe l'un des cinq premiers rangs du palmarès annuel des 100 meilleures entreprises où travailler du magazine Fortune. En 2015, BCG s'est classée deuxième, tout juste derrière le géant Google.

La vision qu'a BCG d'encourager son personnel à faire du bénévolat pour changer les choses et amorcer des changements sociaux plaît beaucoup à Sue. Une cause en particulier lui est très chère : combler le fossé numérique entre les hommes et les femmes.

Désirant ardemment aider les femmes à toutes les étapes de leur carrière en STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), elle siège au conseil d'administration de la Women in Technology Foundation de Géorgie. La mission de la fondation : promouvoir l'avancement des femmes dans les technologies « de l'école à la table du conseil ».

Elle dirige également l'initiative pour les femmes de BCG dans les bureaux d'Atlanta et de Miami, qui vise à recruter des femmes et à les retenir. Enfin, elle vient d’être nommée membre du conseil du National Action Council for Minorities in Engineering.

Un modèle mondial

Le 8 mars prochain, Journée internationale de la femme, la Faculté de génie de l'Université soulignera le travail et les réalisations de Sue Kolloru Barger en lui remettant son prix d'excellence dans la catégorie Jeune diplômé. Elle sera de passage à l'Université pour recevoir son prix et prononcer un discours. Catherine Mavriplis, professeure de l'Université et titulaire de la chaire pour les femmes en sciences et en génie CRSNG/Pratt & Whitney Canada (Ontario), animera cette activité.

La conférence de Sue Kolloru Barger, intitulée An Engineer’s Foray into International Business (en anglais), est ouverte à tous. Cette conférence assurément inspirante pourrait inciter d'autres jeunes diplômés à mettre à profit leurs compétences pour explorer le monde ou changer les choses.

Photo :
Sue Kolloru Barger désire ardemment aider les femmes à toutes les étapes de leur carrière en STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Photo : Gracieuseté du Boston Consulting Group.

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