À l’appui du bilinguisme au Bénin

Phil Spencer sur une plage du Bénin, au pied du drapeau du pays.

« Pour beaucoup, la transition vers un milieu d’études anglophone n’est que l’un des obstacles à surmonter pour atteindre leurs objectifs personnels et professionnels. Le club était un autre moyen de leur tendre la main et de tout faire pour les aider. »

— Phil Spencer

Par Hillary Rose

Vivre et travailler à l’étranger, c’est s’ouvrir à toute une gamme de possibilités d’apprentissage et de relations exceptionnelles. Grâce au régime d’enseignement coopératif de l’Université d’Ottawa, Phil Spencer, étudiant en quatrième année de science économique, a pu passer quatre mois à l’African School of Economics (ASE ou École africaine d’économie) du Bénin.

Au départ, l’étudiant en savait très peu sur le Bénin, un pays francophone bordé par le Nigeria à l’est et le Togo à l’ouest. Il ne savait pas vraiment non plus à quoi ressemblerait son stage à l’ASE ni où il allait habiter. Mais il a foncé, déterminé à prendre de l’expérience à l’étranger.

« Pour travailler à l’étranger en développement économique et, surtout, dans le domaine de la pauvreté, de la santé et de l’éducation, il n’y a pas de meilleur moyen pour comprendre que de vivre avec des gens qui affrontent ces problèmes chaque jour de leur vie », explique-t-il.

Phil est arrivé au Bénin en septembre 2014, au moment même où l’ASE ouvrait ses portes à plus de 70 étudiants de 12 pays africains.

« Plus de la moitié des étudiants sont béninois. Les autres viennent surtout du Togo, du Cameroun et du Burkina Faso; quelques-uns, d’autres pays. Ils sont brillants, motivés et avides d’apprendre. Beaucoup ont laissé leur famille au loin pour étudier », rapporte Phil.

L’école offre deux programmes menant à un grade : une maîtrise en mathématiques, science économique et statistique, et une autre en administration des affaires. Comme stagiaire, Phil a fait de la recherche empirique avec des professeurs et a travaillé directement auprès des étudiants à la création de documents d’information en ligne.

« Je publiais sur le site de l’École des articles sur des conférenciers invités à des séminaires et à diverses activités offertes sur le campus. J’ai interviewé des étudiants d’Afrique de l’Est qui venaient de pays anglophones pour mieux comprendre comment ils vivaient la transition entre leur pays si loin et le Bénin, et comment ils s’adaptaient à un environnement surtout francophone. Le principal objectif des documents en ligne était de montrer aux futurs étudiants ce à quoi ils peuvent s’attendre. Ça n’existait pas auparavant sur le site. »

Phil a également créé l’English Learning Club, sur le campus, pour aider les étudiants à améliorer leur connaissance de l’anglais. Certes, le Bénin est francophone, mais l’ASE offre ses cours en anglais. La plupart des étudiants comprennent aisément les avantages du bilinguisme et ont choisi d’étudier dans un milieu anglophone.

« La plupart des étudiants n’ont qu’une connaissance rudimentaire de l’anglais, alors nous avons travaillé l’expression et la compréhension orales et écrites au moyen d’articles, de chansons et de vidéos. Il ne s’agissait pas seulement de discuter : le club les encourageait à exercer leur pensée critique à l’égard des documents. Pour beaucoup, la transition vers un milieu d’études anglophone n’est que l’un des obstacles à surmonter pour atteindre leurs objectifs personnels et professionnels. Le club était un autre moyen de leur tendre la main et de tout faire pour les aider », explique Phil.

En plus de travailler à l’ASE, le jeune homme a tiré le maximum de l’expérience et de la beauté du Bénin grâce à des excursions de fin de semaine. Un jour qu’une occasion du genre se présentait, il a constaté que son visa de 90 jours arrivait à échéance.

« J’avais le choix de le renouveler au Nigeria ou au Togo. L’un des étudiants de l’ASE nous a offert, à un collègue américain et à moi, de nous piloter dans la ville de Lomé. Incapables de refuser cette offre généreuse, nous avons emprunté les transports publics vers l’ouest. Une expérience intéressante! Il s’agit en fait d’une flotte de voitures sans marque particulière. Il faut faire signe aux conducteurs et leur dire où vous allez. Vous convenez d’un prix et vous montez. Il suffit d’avoir confiance », raconte-t-il.

Le plus enrichissant de ce stage à l’étranger, ce sont les liens étroits qu’il a noués avec des étudiants déterminés.

Phil Spencer et quelque 45 étudiants de l’African School of Economics.

Phil Spencer au milieu des gens de l’African School of Economics, au Bénin. Photo : Courtney Quinney

« Les étudiants de l’ASE sont résolus à réussir. Pour beaucoup, le degré de développement de leur pays natal et de leur continent, l’Afrique, est une bonne raison d’étudier même la nuit. J’ai pu partager leurs rêves de développement et d’études et j’ai vu sous un nouveau jour les possibilités de l’Afrique et ces jeunes adultes si acharnés au travail », rapporte Phil.

Université pleine d’avenir d’un pays franco-africain, l’ASE offre à ses étudiants une formation de deuxième cycle de calibre international, près de leur pays.

« Le partenariat entre l’ASE et l’Université d’Ottawa est propice à l’échange de connaissances sur le fonctionnement d’un environnement bilingue. Souhaitons qu’il continue d’offrir aux étudiants des deux établissements la possibilité de voyager, de travailler et d’étudier dans un milieu nouveau et enrichissant », conclut Phil Spencer.

Photo principale :
Phil Spencer a profité un peu des plages béninoises pendant un séjour rendu possible par le Régime coop de l’Université d’Ottawa. On le voit ici à côté du drapeau du pays. Photo : Courtney Quinney

Sept étudiants autour de Phil Spencer.

Phil Spencer et les membres de l’English Learning Club. Photo : Courtney Quinney

 

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