De l’espoir pour les victimes d’AVC

« C’est une véritable percée dans la recherche sur les AVC.»

– Dre Ruth Slack, professeure de la Faculté de médecine

Par Chonglu Huang

Des chercheurs de la Faculté de médecine rattachés à l’Institut de recherche sur le cerveau et le psychisme de l’Université d’Ottawa ont fait une percée importante dans la recherche sur les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Leur découverte pourrait améliorer grandement les résultats cliniques chez les patients.

Au moment d’un AVC, les vaisseaux sanguins obstrués et l’hémorragie bloquent l’apport d’oxygène au cerveau, ce qui provoque la mort immédiate des cellules dans la zone principale affectée par l’AVC et qui menace les cellules des régions environnantes plusieurs jours après l’accident.

« C’est ce qui explique pourquoi une personne atteinte d’un AVC semble bien aller au moment de l’accident, mais qu’elle perde la mémoire ou certaines fonctions trois ou quatre jours plus tard », explique la Dre Ruth Slack, professeure au Département de médecine cellulaire et moléculaire de la Faculté de médecine.

Consciente de ce phénomène, la Dre Mireille Khacho, chercheure-boursière postdoctorale qui travaille avec la Dre Slack, a concentré ses recherches sur la protection des fonctions des cellules entourant la région affectée par l’AVC pour que ces cellules continuent de produire de l’énergie et de poursuivre les activités essentielles à la vie humaine.

À l’aide d’un modèle in vitro où les neurones sont placés dans un milieu pauvre en oxygène reproduisant les conditions observées dans le cerveau au moment d’un AVC, la Dre Khacho a fait une importante découverte. Elle a en effet constaté que l’acidose, conséquence physiologique d’un manque d’oxygène, pouvait avoir des effets protecteurs sur les cellules, ce qui leur permettrait de survive et même de se développer malgré le manque d’oxygène.

Cette expérience clinique montre que certains niveaux d’acidose permettent aux mitochondries – source d’énergie de la cellule – de se transformer pour devenir plus efficaces et fonctionner avec moins d’oxygène, ce qui les rend plus résilientes dans un milieu normalement néfaste.

« On pensait auparavant que l’acidose était uniquement un sous-produit toxique résultant d’un manque d’oxygène qui causait inévitablement la mort de cellules, explique la Dre Khacho. Depuis dix ans, toutefois, des chercheurs constatent que l’acidose – à certains niveaux – pouvait jouer un rôle protecteur et favoriser la survie des cellules dans des conditions de stress horribles. »

Publiées le 1er avril 2014 dans la prestigieuse revue de sciences naturelles Nature Communications, les répercussions de ces découvertes sont d’une importance capitale pour réduire les dommages causés par les AVC et améliorer le taux de guérison des victimes.

« Si nous pouvons trouver un moyen mécanique – un médicament peut-être – de pénétrer dans ces mitochondries pour les reconfigurer et les renforcer, nous pourrons alors prévenir la neurodégénérescence après un AVC », poursuit la chercheuse.

« Personne n’a encore réussi à montrer qu’il est possible de reconfigurer les mitochondries à un moment où, normalement, elles s’autodétruiraient. C’est une véritable percée dans la recherche sur les AVC », confirme la Dre Slack.

Ces recherches ont été réalisées au laboratoire Ruth Slack à l’Institut de recherche sur le cerveau et le psychisme de l’Université d’Ottawa et ont été financées par la Fondation des maladies du cœur de l’Ontario, la Fondation Neuro Canada/Fondation Krembil et le Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC de la Fondation des maladies du cœur.

Photo principale :
Dre Ruth Slack, professeure à la Faculté de médecine (à gauche) et Mireille Khacho, chercheure-boursière postdoctorale.

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