Passer chez les pros

« Je suis vraiment reconnaissant d’être là où je suis maintenant, même si tout n’est pas rose tous les jours. »

— Johnny Berhanemeskel

Par Mike Foster and Brandon Gillet

Publié le lundi 16 novembre 2015

L’équilibre sport-études n’est pas facile à atteindre, mais il est encore plus difficile d’être au sommet de son sport et de mettre sa carrière sur la glace pour devenir un athlète professionnel. Quelques anciens Gee-Gees nouvellement diplômés nous disent ce qu’il faut pour devenir pro.

Joueur par excellence

Johnny Berhanemeskel (B.Soc.Sc. 2015) détient le record de tous les temps du nombre de points pour un joueur de basketball des Gee-Gees et a remporté le titre de joueur de basketball masculin de l’année de Sport interuniversitaire canadien (SIC) 2015. Il joue maintenant sur la scène professionnelle en Estonie avec l’équipe TLU Kalev.

Et l’équipe estonienne doit être heureuse de l’avoir dans ses rangs. Après tout, c’est Berhanemeskel qui a marqué 26 points dans la victoire du Canada 91 à 65 sur l’Estonie en juillet dernier pour se classer au 7e rang aux Universiades d’été à Gwanju, en Corée du Sud. À sa dernière année à la position d’arrière avec les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa, il a terminé la saison avec 2 000 points, au sommet du tableau des marqueurs de Sports Universitaires de l’Ontario (SUO) au basketball masculin et au 3e rang pour le nombre de points de l’histoire de SIC.

Berhanemeskel dit qu’il a toujours voulu mener sa carrière de basketteur le plus loin possible. Il se souvient qu’en 10e année à peu près, il voulait laisser tomber tous les autres sports pour voir jusqu’où il pourrait se rendre au basketball. À sa cinquième et dernière année d’études en économie à l’Université, il a entrepris des pourparlers avec des agents et s’est associé à l’agence européenne Two Points.

« Grâce à un montage vidéo de mon jeu, nous avons réussi à susciter l’intérêt de quelques équipes allemandes, belges, polonaises et estoniennes. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons finalement choisi TLU Kalev en Estonie. Ça me semblait un bon endroit pour commencer comme recrue. Nous jouons dans une ligue locale contre d’autres équipes estoniennes et de la ligue balte, qui compte aussi des formations de Lituanie et de Lettonie », explique Berhanemeskel.

Berhanemeskel a remarqué que le jeu en Europe était plus physique et que les arbitres étaient moins prompts à signaler les fautes. Il adapte son jeu, il apprend à faire équipe avec ses coéquipiers.

« J’apprends beaucoup en étant de nouveau une recrue sur les mécanismes et le déroulement du jeu, et sur la façon d’aider l’équipe », précise-t-il, en ajoutant que son expérience avec les Gee-Gees l’a beaucoup aidé.

« Quand je suis arrivé à l’Université d’Ottawa, j’étais simplement un marqueur. Les entraîneurs et moi avons travaillé à intégrer de nouvelles habiletés à mon jeu chaque année pour que je sois le plus polyvalent possible. Au début de chaque saison, j’étais un joueur un peu différent », constate Berhanemeskel.

Son style de jeu est efficace et simple. Pour l’instant, il se consacre surtout à améliorer son jeu et à poursuivre son rêve. Pour ce qui est des autres ajustements à la vie en Estonie, le joueur explique que la nourriture – surtout à base de viande, pommes de terre et légumes – est « généralement bonne, ce qui est toujours un plus ».

« Je suis vraiment reconnaissant d’être là où je suis maintenant, même si tout n’est pas rose tous les jours; je dois constamment trouver des façons de m’améliorer et me remettre d’aplomb après une partie où je n’ai pas tout à fait excellé. C’est une nouvelle expérience, et j’y vais un jour à la fois. »

Smashes et services en Finlande

Le jour où Myriam English (B.Ed. 2015) a enfin décidé de poursuivre son rêve de jouer au volleyball professionnel, tout est allé très vite. En effet, il ne s’est pas écoulé une semaine après l’envoi de vidéos de son jeu à une agence pour qu’elle reçoive une offre d’une équipe finlandaise.

La volleyeuse a décidé de se lancer même si la décision de mettre de côté sa carrière d’enseignante n’a pas été facile.

« J’ai vraiment hésité entre mon rêve de jouer au volleyball et celui d’enseigner. J’ai eu une bonne discussion avec ma famille. Mon frère m’a dit : "C’est maintenant ou jamais" et ma mère a ajouté "J’ai toujours su que tu jouerais un jour en Europe" ».

Au sein de l’équipe des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa en volleyball féminin, English a été nommée athlète féminine de l’Université pour 2013-2014 et la joueuse la plus utile de son équipe en 2014 et 2015. Depuis ses débuts en 2010, elle est passée de la deuxième équipe d’étoiles à la première équipe canadienne de SIC, puis à la première équipe d’étoiles de SUO. English affirme que rien de tout cela n’aurait été possible sans ses coéquipières et entraîneurs exceptionnels.

La volleyeuse ajoute qu’en tant que membre des Gee-Gees, elle a beaucoup appris sur le dévouement, le travail acharné et l’équilibre sports-études.

« Quand je savais que j’allais être à l’extérieur plusieurs fins de semaine de suite, je travaillais tard le mardi soir, par exemple, pour finir une dissertation de manière à libérer ces jours-là. Il faut établir ses priorités, explique-t-elle. Rien n’est gratuit. Il faut travailler pour réussir. C’est ce qui m’a permis de me tailler une place dans cette équipe. »

Il peut être assez payant de jouer au volleyball professionnel en Europe, les meilleures joueuses touchant jusqu’à 100 000 $ par année. L’ancienne Gee-Gees, qui joue à la gauche, rétorque qu’elle n’en est pas là du tout.

« L’argent n’y est pour rien cette année. Pour l’instant, je veux pratiquer mon sport préféré et vivre une expérience dans un autre pays », explique-t-elle en ajoutant qu’elle apprend quelques mots de cette langue qui est probablement la plus difficile au monde. « Le finnois est extrêmement difficile à comprendre et à parler. J’ai déjà appris quelques mots, mais je ne maîtriserai jamais cette langue avant de quitter ce pays. Merci se dit kittos et bon se dit hoova. Ça ne ressemble en rien aux langues que je connais. »

Ne jamais abandonner

Ettore Lattanzio (B.A. [Études classiques] 2015) en connaît un bout sur les épreuves. Peu après avoir été repêché par les Blues Bombers de Winnipeg, il est revenu à Ottawa pour se joindre aux Redblacks.

Approchant la fin d’une première saison chez les professionnels dans la Ligue canadienne de football, Lattanzio raconte comment s’est faite la transition des Gee-Gees aux Redblacks.

« À mon premier match professionnel, j’étais très excité, mais aussi très nerveux, explique-t-il. Je ne voulais pas commettre d’erreur à ma première sortie et je voulais voir si je pouvais jouer à ce niveau. »

Lattanzio s’était entraîné avec des joueurs des Redblacks entre les deux saisons pour améliorer son jeu.

« On ne peut pas vraiment "s’entraîner au football", dit-il. On peut seulement se préparer à jouer au football en jouant au football. »

Cette attitude lui a bien servi quand les Blues Bombers l’ont intégré à leur alignement de pratique pour ensuite le laisser partir.

« C’était surréaliste parce que je m’étais fait à l’idée de passer la moitié de l’année à Winnipeg. Quand l’équipe m’a renvoyé à la maison, mon agent m’a demandé ce que je comptais faire. Il y a des gars qui choisissent de tout arrêter là, explique Lattanzio, incapables d’accepter l’échec. Moi j’ai répondu à mon agent : "Que dirais-tu de rappeler les Redblacks puisqu’ils étaient intéressés?" »

Lattanzio a rencontré l’équipe le lendemain de son retour à Ottawa et signait un contrat la semaine suivante.

« Je suis vraiment content de la tournure des événements. Ils m’utilisent, j’ai déjà pris part à neuf parties, souligne-t-il. J’aurai une meilleure idée de ce que je dois faire pour me préparer à la prochaine saison parce que je sais maintenant ce que c’est que de jouer au niveau professionnel. »

Il a quelques conseils à livrer aux aspirants professionnels de l’alignement des Gee-Gees.

« Le football professionnel diffère du football universitaire en ce sens qu’il faut constamment se battre pour garder son poste. C’est une entreprise, et les joueurs jouent pour gagner leur vie. C’est une grosse différence. Il faut s’investir pleinement et se préparer aux coups durs, mais ça vaut la peine en bout de piste. »

Ces trois athlètes ont en commun d’avoir bénéficié d’une bourse de 4 500 $ par année quand ils étaient membres des Gee-Gees. Vous pouvez vous aussi aider d’autres étudiants-athlètes comme eux.

Photo principale :
Johnny Berhanemerskel, meilleur marqueur de l’équipe de basketball des Gee-Gees. Photo: Richard A. Whittaker

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