Un professeur mentor, ça peut changer une vie

Deux hommes en costume-cravate se tiennent debout. L’un sourit devant la caméra tandis que l’autre le regarde en riant.

« Il m’a fait un pitch et il m’a tellement accroché que j’ai retiré ma demande au MBA, je me suis inscrit à la maîtrise en gestion des services de santé (MGSS) et ça a changé le cours de ma vie! »

-Marc LeBoutillier

Par Marc Gauthier 

Vous avez sans doute entendu parler de l’effet papillon, ce petit battement d’ailes qui provoque une tornade très, très loin de lui. Mais croyez-vous qu’un effet semblable puisse se produire dans la vie humaine? Marc LeBoutillier, lui, le croit : il l’a vécu. 

En 1978, alors que, jeune diplômé en économie de l’Université d’Ottawa, il travaille depuis deux ans dans une banque à Ottawa, il décide de retourner aux études pour faire une maîtrise en administration des affaires (MBA). Il reçoit alors un appel du professeur Daniel Letouzé, à cette époque directeur de la toute nouvelle maîtrise en gestion des services de santé (MGSS) offerte à l’Université. 

Au cours d’un entretien d’une quinzaine de minutes, le professeur tente de convaincre le jeune homme d’opter plutôt pour le programme de MGSS, au lieu du MBA. 

« Il y a un manque d’expertise dans ce domaine; il faut des francophones dans nos hôpitaux », insiste-t-il. « C’est un beau défi. Pensez sérieusement à ma proposition ». 

« Il m’a fait un pitch et il m’a tellement accroché que j’ai retiré ma demande au MBA, je me suis inscrit à la maîtrise en gestion des services de santé (MGSS) et ça a changé le cours de ma vie », raconte Marc LeBoutillier, 35 ans plus tard. 

« J’aimais le travail à la banque, mais il me manquait une mission », avoue aujourd’hui cet administrateur chevronné qui n’avait jamais démontré d’intérêt jusque-là pour la gestion dans le domaine de la santé. « Mais ma formation humaniste à l’Université a fait que, quand je me suis retrouvé dans le réseau de la santé, j’étais bien. » 

Les effets de ce premier battement d’ailes n’ont fait que s’amplifier par la suite. 

Depuis ce bref entretien, les deux hommes ont toujours gardé contact. « Tout au long de ma carrière, le professeur Letouzé a continué de jouer un rôle important », se rappelle Marc LeBoutillier. « Il avait des relations dans tous les milieux, il me recommandait dans certains postes puis me téléphonait pour me féliciter quand je l’obtenais. » En 1982, la mince cohorte de la nouvelle maîtrise en gestion des services de santé se composait tout juste d’une vingtaine de finissants, mais ceux-ci sont restés en contact et continuent de se voir. 

Originaire de la Gaspésie, Marc LeBoutillier exerce sa profession dans le domaine de la santé depuis plus de trois décennies maintenant. Il a travaillé d’abord au Centre hospitalier régional de l’Outaouais (CHRO), puis à l’hôpital Montfort à Ottawa, avant d’être vice-président de la compagnie Dynacare. Depuis 2007, il est à la barre de l’hôpital de Hawkesbury, qui subit actuellement une transformation majeure en raison d’un projet d’agrandissement qui doublera sa taille. 

Au fil des ans, Marc LeBoutillier a été, à son tour, un mentor pour plusieurs personnes. 

« Par exemple, j’ai approché un de mes anciens employés pour venir s’occuper des appels d’offres pour ce projet d’expansion fort complexe à Hawkesbury. C’était quelqu’un que j’avais promu au début de sa carrière et en qui j’avais confiance. »  

Il affirme avoir pratiqué le mentorat tout au long de sa carrière, car selon lui, tout le succès d’une organisation repose sur le travail d’équipe et l’entraide. Le transfert des connaissances est également essentiel si on veut que le succès soit durable. D’ailleurs, un sondage récent réalisé auprès des médecins de l’Ontario sur l’hôpital où ils pratiquent accordait au sien un taux de satisfaction de 92 %, le plus élevé de la province! 

Quand on écoute Marc LeBoutillier décrire son cheminement de carrière et sa vision à long terme pour son organisation, on sent en lui un profond engagement. Il a récolté du succès partout où il est passé, sans que jamais cela ne lui monte à la tête. « Ce que je veux avant tout, c’est des résultats. Je suis ambitieux, mais je ne recherche pas la reconnaissance », dit celui qui, néanmoins, s’est vu attribuer le prix du Dirigeant de l’année de la part du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale en 2014 et celui du Diplômé de l’année de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa en 2015. 

Daniel Letouzé et Marc LeBoutillier sur un chantier de construction.

Le professeur Daniel Letouzé (à gauche) rend visite à Marc LeBoutillier sur le chantier d’agrandissement de l’hôpital de Hawkesbury. Photo : Lynne Lemay-Sabourin

À la mi-décembre, le directeur de l’hôpital de Hawkesbury a reçu une agréable visite sur le chantier de l’établissement : le professeur Letouzé est allé sur place voir l’avancement des travaux. « Je lui ai rappelé notre discussion d’il y a 35 ans, qui a changé le cours de ma carrière, mais il avait pratiquement oublié notre entretien », raconte-t-il en riant. N’empêche que le professeur, aujourd’hui à la retraite, a été très ému en apprenant l’impact de ses propos sur la vie de son ancien protégé. Sans le savoir, le professeur Letouzé avait donné son petit coup d’ailes à la carrière de Marc LeBoutillier, et les effets se font sentir encore aujourd’hui, 35 ans plus tard. 

Et vous, qui vous a donné un petit coup d’ailes pendant vos études?     

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Marc LeBoutillier (à gauche) en compagnie du professeur Daniel Letouzé dans le pavillon des Sciences sociales. Photo : Robert Lacombe

Marcel Mérette remet un prix à Marc LeBoutillier.

Marc LeBoutillier reçoit le prix du Diplômé de l’année de la Faculté des sciences sociales des mains de Marcel Mérette, doyen de la faculté, lors d’un gala tenu le 19 novembre 2015. Photo : Mélanie Provencher
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