Alors que l’Université d’Ottawa s’est engagée à renforcer et promouvoir la diffusion du savoir en français, notamment en faisant la promotion de la publication en libre accès, la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa est ravie d’annoncer qu’elle bonifie son appui au Partenariat pour le libre accès (POA), et qu’elle versera une importante contribution supplémentaire à son Fonds d’accélération du libre accès.
Créé en 2014 par Érudit, en collaboration avec le Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR), le Partenariat pour le libre accès assure un soutien financier aux revues savantes non commerciales et favorise l’essor de la publication en libre accès au Canada. Ce partenariat repose sur un modèle de libre accès sans frais pour les lecteurs, lectrices, auteurs et auteures, communément appelé « libre accès diamant ».
Grâce à l’engagement des bibliothèques partenaires et au soutien de l’écosystème de recherche, le POA favorise la publication de plus de 2500 articles savants en libre accès diamant par année1, et assure un soutien financier à plus de 290 revues savantes non commerciales canadiennes qui publient en français ou en anglais, parmi lesquelles plus de 60 ont fait le passage vers le libre accès grâce au POA.2
La Bibliothèque de l’Université d’Ottawa est l’une des 6 bibliothèques championnes du POA3. Cela signifie qu’elle verse une contribution supplémentaire au Fonds d’accélération du libre accès, en plus de sa cotisation régulière au RCDR. Ces contributions permettent ainsi d’augmenter le soutien financier offert aux revues en libre accès diamant sur la plateforme Érudit.
Pour la bibliothécaire en chef et doyenne des bibliothèques de l’Université d’Ottawa, Talia Chung, cette initiative a l’avantage de s’aligner avec les priorités stratégiques de la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa, à savoir l’appui au libre accès et à la diffusion du savoir en français :
« Le travail d’Érudit est au cœur des efforts déployés au Canada pour préserver un environnement de l’édition savante non commercial. La Bibliothèque de l’Université d’Ottawa est fière de compter parmi les partenaires de longue date d’Érudit, que ce soit par l’entremise de notre participation actuelle via nos ententes consortiales avec le Réseau canadien de documentation pour la recherche, ou encore par des contributions volontaires supplémentaires versées chaque année. Cet appui soutenu dans le temps démontre bien notre engagement envers la diffusion du savoir en français, ainsi que la publication en libre accès diamant. » – Talia Chung, bibliothécaire en chef et doyenne des bibliothèques, Université d’Ottawa.
« La Bibliothèque de l’Université d’Ottawa reconnaît l’immense valeur du travail d’Érudit, et est ravie de soutenir ses efforts visant à promouvoir et diffuser les connaissances scientifiques au Canada, notamment en français. »
Talia Chung
— Bibliothécaire en chef et doyenne des bibliothèques, Université d’Ottawa.
Appuyer le savoir produit à l’Université d’Ottawa
La Bibliothèque de l'Université d'Ottawa est fière de contribuer, par l’entremise de ce partenariat avec le RCDR et Érudit, à la diffusion en libre accès du savoir produit par sa propre communauté de recherche, comme le rappelle Talia Chung :
« Grâce à sa contribution supplémentaire au POA, la Bibliothèque est fière d’appuyer les chercheurs et chercheuses de l’Université d’Ottawa qui font le choix du libre accès, et particulièrement celles et ceux qui désirent publier en français. Il est important que les membres de notre communauté de recherche aient accès à des occasions de publication sans frais de traitement, ainsi qu’à un écosystème de recherche plus équitable. » – Talia Chung, bibliothécaire en chef et doyenne des bibliothèques, Université d’Ottawa
Des propos qui font écho à ceux de Tanja Niemann, directrice générale d’Érudit :
« Nous tenons à exprimer nos plus sincères remerciements à la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa pour sa générosité et son engagement actif pour soutenir les revues savantes en libre accès diamant, qui sont diffusées sans frais de publication et de lecture. Cette contribution au Partenariat pour le libre accès soutient directement plus de 200 revues ancrées dans les communautés de recherche canadiennes, notamment au sein de l’Université d’Ottawa. » – Tanja Niemann, directrice générale d’Érudit
En effet, plusieurs revues francophones ou bilingues publiées par la communauté de recherche de l’Université d’Ottawa figurent parmi les revues soutenues par le POA. C’est notamment le cas de Reflet : Revue d’intervention sociale et communautaire, des Cahiers Charlevoix, des Cahiers de l’ILOB / OLBI Journal, d’Aporia : The Nursing Journal / Aporia : La revue en sciences infirmières, de Culture and Local Governance /Culture et gouvernance locale,ou encore de l’Ottawa Law Review / Revue de droit d’Ottawa.
Le Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF) – un centre d’archives affilié à la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa –, publie également trois revues soutenues par le POA, à savoir @nalyses, Francophonies d’Amérique, et Mens : revue d’histoire intellectuelle et culturelle. Le responsable des publications au CRCCF, Olivier Lagueux, témoigne de l’importance de cette contribution supplémentaire au Fonds d'accélération du libre accès :
« Le Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF), relevant de l'Université d'Ottawa, diffuse maintenant sur la plateforme Érudit trois revues savantes, dont l’une est offerte en libre accès diamant. Par son appui au Fonds d'accélération du libre accès, notre bibliothèque universitaire contribue à ce que des redevances plus équitables soient versées à cette revue. Elle rend aussi un éventuel passage vers le libre accès plus facilement réalisable pour nos deux autres périodiques, ce qui augmentera la visibilité et la disponibilité de nos recherches sur les communautés francophones nord-américaines à un plus grand nombre de chercheuses et de chercheurs à travers le monde. » – Olivier Lagueux, responsable des publications, Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF), uOttawa
Le soutien de la Bibliothèque uOttawa au POA et à son Fonds d’accélération du libre accès s’aligne également avec la Feuille de route de la science ouverte : Rapport du Groupe de travail sur la science ouverte de l’Université d’Ottawa (2024), qui recommande notamment de « continuer de financer le programme d’édition de la Bibliothèque afin qu’elle soutienne les projets de publication en français, comme les livres publiés en libre accès par l’intermédiaire des Presses de l’Université d’Ottawa, d’Érudit ou de la Coalition Publica, et les revues en français ou bilingues4. »
Érudit est d’ailleurs une plateforme de prédilection pour la libre publication en français à l’Université d’Ottawa. En effet, après avoir examiné les données de publication pour la période allant de 2013 à 2021, le Groupe de travail sur la science ouverte de l’Université d’Ottawa en arrive à la conclusion suivante :
« Une comparaison des articles d’auteures et auteurs francophones de l’Université d’Ottawa publiés en libre accès dans Web of Science et Érudit confirme l’importance de cette dernière plateforme pour la diffusion de la recherche en français. D’ailleurs, Érudit publie un nombre croissant d’articles de membres de la communauté de recherche de l’Université5 (figure A1). »
En publiant sur cette plateforme, les auteures et auteurs de l’Université d’Ottawa permettent ainsi à leurs travaux d’obtenir un rayonnement international auprès de la grande francophonie universitaire et des « 5 millions d’utilisateur·trice·s [qui] consultent les collections diffusées par Érudit7 » chaque année.
Bref, comme le note le Groupe de travail sur la science ouverte de l’Université d’Ottawa, la plateforme Érudit demeure incontournable pour la publication en français. Elle permet ainsi à l’Université d’Ottawa de s’acquitter de sa mission axée sur la francophonie, le bilinguisme et la diffusion du savoir en français :
« Avec des infrastructures telles qu’Érudit et la Coalition Publica, le Canada est bien placé pour contribuer au renforcement du multilinguisme dans la recherche. Qui plus est, l’Université d’Ottawa peut prendre appui sur sa mission de bilinguisme pour se poser en chef de file et soutenir le financement, la création et la diffusion de la recherche en français8. »
Paver la voie au libre accès diamant
La Bibliothèque de l’Université d’Ottawa s’est engagée à soutenir le Partenariat pour le libre accès, car celui-ci demeure un maillon essentiel de la recherche au Canada. Mais malgré l’apport plus que considérable du POA au paysage de la recherche, le financement du libre accès demeure fragile, comme le souligne Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français dans son rapport intitulé « Recherche en français et égalité réelle : Une occasion à saisir ».
Dans ce document rendu public le 8 mai 2026, les expertes et experts mandatés par le gouvernement du Canada avancent que le POA offre un soutien à un nombre important de revues scientifiques canadiennes, mais :
« En moyenne, ces revues passées au libre accès (surtout diamant) reçoivent 4000 dollars annuellement grâce à cette initiative. Ce montant ne suffit pas à pallier les pertes de revenus encourues par la disparition de leurs abonnements. Les universités sont obligées de compenser en continuant d’appuyer les revues, mais cela n’a rien d’une panacée, surtout en contexte minoritaire où les établissements n’ont que peu de financement à leur disposition9. »
Le Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français ajoute également :
« En plus d’une concentration des investissements, le Groupe consultatif a constaté un manque d’engagement public dans les infrastructures de diffusion des savoirs. Les revues savantes, les presses universitaires ou les plateformes numériques comme Érudit sont fragilisées par le modèle économique actuel du libre accès qui, sans soutien public adéquat, prive les éditeurs de revenus essentiels10. »
Dans ce contexte, la contribution supplémentaire de la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa au Fonds d’accélération du libre accès est plus que bienvenue, comme en témoigne Clare Appavoo, directrice générale du Réseau canadien de documentation pour la recherche :
« Cette contribution exceptionnelle représente à la fois un investissement significatif et un puissant témoignage d’appui en faveur du libre accès au Canada. Elle reflète une reconnaissance partagée de l’importance de l’édition non commerciale, dirigée par la communauté, et arrive à un moment crucial pour assurer la pérennité de ces initiatives et de l’infrastructure qui les soutient. » – Clare Appavoo, directrice générale du Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR)
Ces considérations sont d’autant plus importantes depuis la publication, le 5 octobre 2026, de la nouvelle Politique des trois organismes sur le libre accès aux publications (2026).En vertu de cette nouvelle politique, « les articles revus par des pairs et découlant de travaux de recherche financés par l'un des trois organismes fédéraux de financement de la recherche au Canada [Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)] devront être accessibles librement, sans frais ni droits d'abonnement, dès leur publication11 ».
Avec l’entrée en vigueur, en janvier 2027, de cette nouvelle politique, la publication en libre accès diamant est donc appelée à passer à la vitesse supérieure, ce qui risque d’avoir un impact sur les infrastructures sur lesquelles celle-ci repose ; infrastructures qui sont d’ailleurs souvent soutenues par les bibliothèques universitaires.
À cet égard, Tanja Niemann, directrice générale d’Érudit, ne manque pas de souligner l’ampleur de l’engagement de la Bibliothèque uOttawa envers le libre accès et ses infrastructures :
« La Bibliothèque uOttawa effectue un travail remarquable grâce à ses services d’aide aux revues en libre accès et d’hébergement du logiciel Open Journal Systems, dont profitent plusieurs revues diffusées sur erudit.org. Indépendantes et diversifiées, ces revues reflètent la pluralité linguistique et la vitalité de la recherche menée au Canada et au-delà. » – Tanja Niemann, directrice générale d’Érudit
Enfin, il est important de rappeler qu’en contexte canadien, un engagement envers le libre accès diamant en est également un envers la science en français. Car, comme le note Érudit dans son mémoire « Tisser des savoirs : le rôle des infrastructures numériques dans la bibliodiversité et la science en français » déposé auprès du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français (juillet 2025) :
« Le libre accès diamant, un modèle sans frais ni pour les auteur·trice·s ni pour les lecteur·trice·s, constitue l’une des voies les plus équitables pour assurer la diffusion et la vitalité des publications scientifiques francophones12. »
Documents consultés
- Suzanne Beth, Gwendal Henry et Tanja Niemann, « Tisser des savoirs : le rôle des infrastructures numériques dans la bibliodiversité et la science en français », mémoire remis par le Consortium Érudit au Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, 23 juillet 2025, 10 p.
- Bibliothèque de l’Université d’Ottawa, Plan stratégique 2025-2030, document consulté le 26 mai 2026.
- Linda Cardinal, Vincent Larivière et coll., « Recherche en français et égalité réelle: Une occasion à saisir », Rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, gouvernement du Canada, 8 mai 2026, consulté le 26 mai 2026.
- Talia Chung, Martine Lagacé et coll., « Feuille de route de la science ouverte : Rapport du Groupe de travail sur la science ouverte de l’Université d’Ottawa », Université d’Ottawa, 2024, 49 p.
- « Le gouvernement du Canada rend les résultats de la recherche plus accessibles pour les Canadiennes et les Canadiens » [communiqué de presse], Innovation, Sciences et Développement économique Canada, 5 octobre 2026, consulté le 6 octobre 2026.
- « Politique des trois organismes sur le libre accès aux publications (2026) », Innovation, Sciences et Développement économique Canada, 5 octobre 2026, consulté le 6 octobre 2026.
- Réseau canadien de documentation pour la recherche, « Tracer la voie vers le savoir libre au Canada : Célébrer un quart de siècle de liens avec les communautés de recherche partout au pays », Rapport annuel 2024-2025, consulté le 26 mai 2026.
[1] Données fournies par Érudit.
[2] Ibid.
[3] Site Web d’Érudit, page « Le POA : soutenir un libre accès équitable », https://apropos.erudit.org/partenariat/, consulté le 5 juin 2026.
[4] Talia Chung, Martine Lagacé et coll., « Feuille de route de la science ouverte : Rapport du Groupe de travail sur la science ouverte de l’Université d’Ottawa », Université d’Ottawa, 2024, p. 18. (2.4.2 Recommandation D.2 : Francophonie et bilinguisme)
[5] Ibid., p. 31.
[6] Ibid., p. 32.
[7] Suzanne Beth, Gwendal Henry et Tanja Niemann, « Tisser des savoirs : le rôle des infrastructures numériques dans la bibliodiversité et la science en français », mémoire remis par le Consortium Érudit au Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, 23 juillet 2025, p. 2.
[8] Talia Chung, Martine Lagacé et coll., op. cit., p. 34.
[9] Linda Cardinal, Vincent Larivière et coll., « Recherche en français et égalité réelle : Une occasion à saisir », Rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, gouvernement du Canada, 8 mai 2026. (4.3.1 Le libre accès)
[10] Ibid. (Sommaire exécutif)
[11] « Le gouvernement du Canada rend les résultats de la recherche plus accessibles pour les Canadiennes et les Canadiens » [communiqué de presse], Innovation, Sciences et Développement économique Canada, 5 octobre 2026, consulté le 6 octobre 2026. À noter que cette nouvelle politique s’appliquera uniquement aux subventions et aux chaires octroyées par un ou plusieurs des trois organismes à compter du 1er janvier 2027.
[12] Suzanne Beth, Gwendal Henry et Tanja Niemann, op. cit., p. 4.