Depuis 2020, elle est présidente et cheffe de la direction de Conservation de la nature Canada (CNC), le plus important organisme privé de conservation des terres au pays.
De l’école de gestion à la direction d’un organisme national de conservation, son parcours n’a pas été linéaire, quoique profondément influencé par son passage à l’Université d’Ottawa.
Faire du plein air le fil conducteur de sa carrière
Dès son plus jeune âge, elle voue un grand intérêt au sport et à l’activité physique. Mais c’est en se joignant à Parcs Canada pendant son MBA qu’elle a compris ce qui l’animait vraiment.
« Je croyais que c’était le sport qui me passionnait, confie-t-elle. Mais j’ai compris que c’était surtout un moyen de me rapprocher de la nature. »
Cette prise de conscience a donné une nouvelle orientation à sa carrière. Après dix ans à Parcs Canada, elle a passé cinq ans à la direction de la Sépaq, la société qui gère le réseau des parcs nationaux du Québec. En 2020, son parcours la mène à la présidence de CNC.
« À l’époque, je sentais qu’il fallait en faire plus pour la nature. Et CNC était l’organisation idéale pour réunir plus de gens et protéger davantage de milieux naturels, plus rapidement. »
Devenir une leader de la conservation au Canada
À son arrivée à la tête de CNC, Catherine Grenier avait une vision ambitieuse : accroître la portée, l’ampleur et les retombées des efforts de conservation au Canada. Au cours des six dernières années, elle a su la concrétiser.
Aujourd’hui, CNC protège 18 fois plus de terres annuellement qu’au début de son mandat, et ce, grâce à d’importants projets de protection, à des partenariats accrus avec les communautés autochtones et à de nouvelles collaborations avec les gouvernements, les éleveuses et éleveurs, les entreprises forestières et le secteur privé.
Ces avancées ne sont toutefois pas le fruit du hasard. Catherine Grenier estime que les compétences acquises pendant son MBA ont grandement influencé sa façon de travailler.
« Beaucoup de gens dans le milieu étaient conservationnistes. Je partageais leur amour de la nature, mais j’arrivais aussi avec une expérience en affaires et en gestion, ajoute-t-elle. Le sens des affaires et l’approche multidisciplinaire que j’ai acquis à l’Université d’Ottawa m’ont permis de sortir des sentiers battus et de trouver de nouvelles façons d’agir pour la nature, de rapprocher les gens de celle-ci et de mieux la protéger. »
Faire rayonner la conservation au Canada et ailleurs dans le monde
À la tête de CNC, elle comprend parfaitement la responsabilité du Canada à l’échelle mondiale.
« Le Canada abrite le tiers des forêts intactes, 25 % de la nature sauvage et le quart des milieux humides de la planète, explique-t-elle. Nous avons la responsabilité de les protéger au bénéfice du monde entier. »
Cette responsabilité, c’est aussi trouver de meilleures façons de comprendre la valeur de la conservation. Catherine Grenier estime que les recherches menées à l’Université d’Ottawa peuvent approfondir cette compréhension et aider le Canada à se hisser à l’avant-garde des efforts de conservation dans le monde. Elle s’intéresse particulièrement aux travaux du professeur Stewart Elgie sur l’évaluation économique, qui permettent de quantifier les avantages financiers associés à la conservation, notamment en matière d’atténuation des inondations, de résilience aux feux de forêt et d’effets sur la santé mentale.
« Il est essentiel de pouvoir quantifier les résultats de notre travail et en mesurer les retombées économiques, affirme-t-elle. Notre équipe ne possède pas cette expertise économique, et c’est là qu’il y a une réelle complémentarité. »
Les priorités de CNC et les recherches menées à l’Université se rejoignent autour d’un même objectif : montrer que la conservation est non seulement essentielle à l’environnement, mais qu’elle est aussi avantageuse sur le plan économique.
Envisager l’avenir avec optimisme
Malgré les défis de conservation actuels, comme la perte de biodiversité et les changements climatiques, Catherine Grenier n’en demeure pas moins optimiste, car elle a vu ce que l’action collective permet d’accomplir. En 20 ans de carrière, elle a aussi constaté un changement dans les mentalités.
« Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire, dans une réunion d’affaires, qu’on n’avait pas besoin de la nature, ajoute-t-elle. Le défi, c’est de passer de l’intention à l’action. »
Elle voit toutefois les choses évoluer dans la bonne direction. Elle souligne que de 80 % à 90 % de la population canadienne appuie la conservation, peu importe la région ou l’allégeance politique. Et chaque jour, CNC montre qu’il est possible de faire des progrès.
« On peut s’attarder à l’ampleur des défis et se décourager, ou choisir de voir tous les petits pas qui nous rapprochent d’un monde où la nature peut s’épanouir », conclut-elle.