« L’Université d’Ottawa n’est pas du tout un endroit où je me suis perdue, explique-t-elle. C’est là où je me suis trouvée. Là où la jeune femme que j’étais a trouvé sa place. »
Aujourd’hui, Jeannine est une haute dirigeante chevronnée du secteur public, reconnue à l’échelle internationale. Elle cumule plus de vingt ans d’expérience au sein de ministères clés du gouvernement du Canada. Néanmoins, en dépit de la réussite de son parcours universitaire et de l’essor précoce d’une carrière des plus remarquables, quelque chose lui manquait.
Plus jeune, elle pratiquait des sports de compétition, principalement le softball et le curling. Comme beaucoup de jeunes filles, elle a toutefois arrêté le sport entre 14 et 16 ans.
« J’ai abandonné tous les sports que j’aimais et où j’excellais pour toutes les mauvaises raisons. Je fais partie des statistiques », dit-elle, en référence au nombre important de filles qui cessent de pratiquer un sport à l’adolescence. « Je n’ai pas fait de sport pendant mes études universitaires et c’est probablement un de mes plus grands regrets. »
Quand Jeannine s’est remise au sport quelques années plus tard, en se joignant à une équipe de softball amateur et en participant à des compétitions de culturisme naturel, elle a immédiatement constaté les bienfaits qu’elle récoltait : la discipline, la confiance en soi et l’épanouissement personnel. Même si elle ne participe plus à des compétitions, elle continue de mener une vie très active, car l’activité physique l’aide à trouver l’équilibre, la clarté d’esprit et la discipline.
Le sport comme chemin vers l’obtention d’une bourse
Cet attachement au sport va de pair avec les convictions féministes profondes de Jeannine et son soutien à l’égalité des sexes. Ces valeurs lui ont été inculquées dès son plus jeune âge, lorsque ses parents l’ont encouragée à croire qu’elle pouvait accomplir toutes les mêmes choses qu’un garçon.
« Soutenir les sportives est devenu une véritable passion pour moi, se souvient-elle. J’y vois l’évolution naturelle de mon parcours personnel : une réflexion sur les raisons qui m’ont poussée à abandonner, sur ce qui me manquait, sur le plaisir que j’ai eu à reprendre le sport et à voir ma nièce gagner en assurance grâce à l’activité physique. Et tout a évolué au point où j’ai décidé que, lorsque je souhaiterais faire un don à l’Université d’Ottawa, je voulais vraiment qu’il soit destiné aux athlètes féminines. C’est là que je pouvais faire une difference. »
Elle a donc créé la Bourse Jeannine-Ritchot pour les étudiantes-athlètes d’équipes féminines interuniversitaires à la Faculté des arts, dont elle est diplômée. Bien que le sport ait été un aspect essentiel pour elle, la nécessité de soutenir les sciences humaines, souvent sous-valorisées, l’était tout autant. Mais comme elle le souligne avec le sourire : « Je pense m’en être plutôt bien tirée avec mon diplôme en arts. »
C’est lors de la Coupe du monde féminine de rugby que la portée de sa bourse a pris tout son sens pour Jeannine Ritchot. Elle a vraiment eu l’impression que la boucle était bouclée quand, lors d’un match télévisé, est entrée en jeu Maya Montiel (B.A. 2021 en Arts), ancienne du programme de rugby féminin des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa et récipiendaire de sa bourse. « J’ai fondu en larmes, se souvient-elle. J’avais devant les yeux une jeune femme qui a pu jouer au rugby universitaire et qui a su prolonger cette expérience en se taillant une place au sein de l’équipe nationale, dans un match de Coupe du monde. Je n’y étais pour presque rien, mais j’y ai contribué, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Et ce fut sans doute l’un des moments les plus forts de mon expérience de donatrice. C’était vraiment exceptionnel. »
Ces petits gestes peuvent produire de grandes retombées lorsqu’il s’agit d’appuyer les étudiantes athlètes. « Les bourses sont essentielles, et c’est pour ça que je m’implique : je veux que ces femmes puissent réaliser leurs rêves. Pour certaines, ce sera de poursuivre une carrière sportive. Pour d’autres, peut-être de siéger à la table d’un conseil d’administration à titre de chef de la direction. Je veux leur donner la chance de pratiquer le sport qu’elles aiment et d’acquérir les connaissances dont elles ont besoin. De devenir la personne qu’elles aspirent à être. Parce que c’est exactement ce que l’Université d’Ottawa a fait pour moi », explique Jeannine Ritchot.
La voie du mentorat
L’engagement de Jeannine va bien au-delà de son don. Elle agit aussi comme mentore auprès des équipes sportives féminines de l’Université d’Ottawa, un rôle qu’elle a commencé à jouer pendant la pandémie. Chaque semaine, elle participait à des échanges sur Zoom avec un réseau de femmes athlètes provenant de différentes équipes des Gee-Gees. Avec le temps, elle a resserré son accompagnement auprès de l’équipe féminine de rugby, où elle a rencontré Maya Montiel. Il lui arrive aussi d’être sollicitée par de jeunes femmes en quête de repères pour réfléchir à la suite de leur parcours après l’université.
Jeannine souhaite aider les athlètes féminines à atteindre leurs objectifs : tel est l’héritage qu’elle espère laisser derrière elle. Cette volonté se reflète tant dans son dévouement de longue date à la cause que dans le legs qu’elle a choisi d’inscrire dans son testament.
Jeannine souligne que, même si le sport féminin a beaucoup évolué et continue de le faire, il reste encore énormément de chemin à parcourir pour parvenir à une véritable égalité. « Si cette bourse peut inspirer quiconque à soutenir les athlètes féminines, alors j’aurai atteint mon objectif grâce à elle, et je continuerai à le faire bien après mon passage sur cette terre », déclare-t-elle.
Son conseil à toute personne envisageant de créer une bourse d’études : concentrez-vous sur ce qui vous touche, vous tient à cœur, reflète vos valeurs et nourrit votre âme, en particulier lorsqu’il s’agit d’un don testamentaire qui vous survivra. « C’est votre cœur qui doit parler. Imaginez le monde que vous souhaitez voir et trouvez le moyen de le concrétiser grâce à une bourse d’études. »
Pour Jeannine Ritchot, il s’agit d’un monde où les jeunes femmes peuvent trouver leur place, tout comme elle.
De nombreuses personnes diplômées de l’Université d’Ottawa ont prévu un legs à leur alma mater et à sa communauté étudiante dans leur planification successorale. Il est très important de nous en informer afin que notre équipe responsable des dons planifiés puisse affecter votre futur don selon vos volontés. Pour en savoir plus sur ce type de projet philanthropique, écrivez-nous à [email protected].