Naguère, bien avant les slams de poésie et les articles pour La Rotonde, le journal étudiant francophone, Kady écrivait dans son propre journal. Le fait d’avoir un espace pour coucher ses pensées les plus intimes, dit-elle, l’aidait à gérer ses émotions et à mieux se comprendre.
C’est cette habitude de jeunesse, a-t-elle constaté, qui l’a amenée à écrire des histoires, de la poésie et des articles, et qui lui a inspiré Mots sur maux, un projet visant à aider les gens à se sentir mieux et à mieux se connaître en tenant eux-mêmes un journal intime.
Dans le cadre d’un partenariat avec l’Université internationale de Grand-Bassam, qui organise chaque année des camps d’été en anglais, leadership et développement personnel en Côte d’Ivoire, Kady et huit autres bénévoles ont reçu une petite formation en psychologie clinique en vue d’animer les ateliers d’écriture Mots sur maux, auxquels ont participé plus de 100 jeunes de 10 à 20 ans.
Kady savait que les bienfaits thérapeutiques de l’écriture devaient s’arrimer sur des bases concrètes. C’est pourquoi elle a multiplié les recherches sur l’écriture thérapeutique afin de créer son propre guide d’animation d’ateliers d’écriture. Pour ce faire, elle a également collaboré avec des psychologues à Gatineau et en Côte d’Ivoire et consulté Bégin Galarneau, professeur en psychologie à l’Université d’Ottawa, ainsi que des doctorantes et doctorants.
« Chaque atelier est composé de jeux, d’activités de mise en confiance et de deux exercices d’écriture thématiques soigneusement préparés : d’un côté, le présent (ce que l’on ressent en ce moment), de l’autre, le passé (ce qui fait de nous ce que nous sommes), et enfin, l’avenir (la personne que l’on souhaite devenir). Nous alternons les exercices d’écriture avec des activités de motivation », explique Kady.
Au départ, plusieurs jeunes ont montré de la réticence à écrire ou à parler de leurs émotions.
« Il y en a qui disaient ne pas savoir quoi écrire. D’autres, surtout les garçons, avaient l’impression que ce n’était pas correct d’étaler leurs émotions, raconte Kady. Une fois rassurés sur le fait que leurs textes étaient privés et que personne ne les lirait, beaucoup ont accepté de se prêter au jeu. À la fin des ateliers, le changement était visible. Plusieurs des jeunes qui, au départ, écrivaient à peine une ligne noircissaient maintenant des pages entières.
« Il y en a aussi beaucoup qui se sont laissé aller à exprimer leurs émotions, mais ça doit rester confidentiel, conformément aux ententes que nous avons signées. »
Le projet comportait aussi une deuxième phase, à savoir le lancement de la plateforme en ligne Mots sur maux, qui diffusera du contenu sur le bien-être, les émotions et l’épanouissement personnel à compter d’octobre.
Une passion personnelle qui rapporte des crédits de cours
Kady était déterminée à donner corps au concept de Mots sur maux cet été, mais elle devait également suivre des cours à temps plein dans le cadre du régime coop.
« En optant pour un cours autodirigé, j’ai pu concilier les deux. Au lieu de renoncer à mon projet ou à mes cours, je les ai fusionnés », explique-t-elle.
« Ce cours autodirigé m’a donné le temps et les crédits universitaires dont j’avais besoin pour poursuivre mes études sans avoir à sacrifier cette initiative qui me tenait à cœur. »
Kady Diarrassouba
— Étudiante de quatrième année en sciences politiques et communication
Au dire de Kady, les compétences professionnelles qu’elle a pu développer grâce à ce cours autodirigé sont l’esprit d’équipe, la créativité et la résolution de problèmes.
« En côtoyant des psychologues, des partenaires communautaires et des responsables d’atelier bénévoles, j’ai appris à chapeauter une équipe et à communiquer avec des personnes d’horizons très variés. Après chaque atelier, on analysait les commentaires des animatrices et animateurs et on s’en servait pour adapter les activités avant le prochain groupe. Cette amélioration continue est l’une des principales leçons que je retiens de ce projet. Je suis très fière d’avoir pu concrétiser ce concept. »
La rédaction d’un journal intime est une stratégie de plus en plus reconnue pour réduire l’anxiété, surmonter des émotions difficiles, cultiver la conscience de soi, observer les variations d’humeur et gérer le stress.
Kady l’avait compris instinctivement. Même si son cours autodirigé est terminé, elle entend bien poursuivre son projet en mettant sur pied des ateliers à Gatineau et à Ottawa, peut-être même en les intégrant à la série d’ateliers sur le mieux-être de l’Université d’Ottawa.
« Pour moi, les mots peuvent être à la fois une épée et un bouclier. L’écriture m’aide à m’exprimer publiquement et à défendre ce qui me tient à cœur, mais aussi à me protéger quand les émotions deviennent insoutenables », affirme Kady.
« Je vois beaucoup de jeunes autour de moi qui traversent des moments difficiles sans vraiment avoir d’espace pour s’exprimer. Souvent, on dit qu’on va bien, mais ce sont des paroles creuses parce qu’on n’a jamais appris à exprimer nos émotions ou qu’on craint le jugement des autres. C’est justement l’idée du projet Mots sur maux : il ne peut pas remplacer de vrais soins de santé mentale, mais il peut offrir aux gens un bon point de départ pour mettre des mots sur ce qu’ils traversent. »
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Les possibilités que vous offre un cours autodirigé sont multiples :
- Concevoir et orchestrer vous-même votre expérience d’apprentissage.
- Obtenir jusqu’à trois crédits en travaillant de façon autonome ou en groupe sur un projet que vous concevez vous-même.
- Adapter votre apprentissage à vos intérêts et à vos objectifs professionnels.
- Vous investir activement dans une cause qui vous inspire.
- Acquérir une expérience pratique dans votre domaine.
- Trouver des solutions réelles à des problèmes concrets.
Un parcours riche en expérience pratique
Ce cours autodirigé ne constitue que la dernière étape du long parcours d’apprentissage par l’expérience qu’a parcouru Kady à l’Université d’Ottawa. En effet, l’étudiante compte déjà de nombreuses réalisations à son actif.
- Dans le cadre du régime coop d’alternance travail-études, elle a rédigé plusieurs articles pour Le Gee, le bulletin des Affaires étudiantes.
- Elle a écrit pour La Rotonde, le bulletin étudiant francophone de l’Université d’Ottawa, notamment pour la section « Sports et bien-être », et elle en deviendra bientôt la rédactrice en chef.
- Elle a rédigé des communiqués, des lignes de presse et du contenu Web pendant ses stages coop au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec.
- Elle a représenté la population étudiante et organisé des initiatives universitaires en assumant la vice-présidence des affaires académiques à l’Association des étudiant(e)s en communication.
- Elle a mis à profit sa créativité, son esprit d’équipe et son sens de l’innovation en tant que participante et représentante de l’Université d’Ottawa lors des compétitions interuniversitaires organisées par Enactus.
- Au Défi de la Faculté des sciences sociales (le Défi FSS), elle a affiné son aptitude à travailler en équipe, sa capacité d’innovation et ses talents de communicatrice tout en contribuant à la mise au point de solutions novatrices à des problèmes réels.
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