L’apprentissage par l’engagement communautaire à l’Université d’Ottawa : des bancs d’école à l’intervention

Par Gazette

Bureau des communications et des affaires publiques, uOttawa

Fleur de citrouille.
Au trimestre d’hiver 2026, les étudiantes et étudiants du cours de gestion des ressources naturelles et de l’environnement de l’Université d’Ottawa ont fait bien plus qu’étudier les systèmes alimentaires. Le groupe a participé à la conception de trousses de jardinage durables et à faible coût, qui pourraient être mises à la disposition de la communauté.

L’initiative s’inscrivait dans le programme d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC) de l’Université, qui intègre à la formation des projets concrets et ancrés dans la communauté permettant de passer de la théorie à la pratique.

Un cours qui s’appuie sur l’expérience terrain

Le programme d’AEC est basé sur un principe simple, mais ambitieux : on apprend mieux quand on peut mettre la théorie en pratique. Grâce à des partenariats avec des organismes communautaires, les étudiantes et étudiants peuvent mettre en pratique les leçons apprises en classe pour résoudre des problèmes concrets dans le cadre d’activités de bénévolat structurées qui répondent aux besoins d’une communauté. Les projets varient selon la discipline, sont évalués dans le cadre d’un cours donné et prennent forme grâce aux efforts conjoints du corps professoral, de la population étudiante et des partenaires communautaires.

Andrew Heffernan, le professeur à la Faculté des arts qui donnait le cours de gestion des ressources naturelles et de l’environnement, a intégré l’approche d’apprentissage par l’engagement communautaire pour la première fois à l’hiver 2026. Même s’il a lui-même réalisé un stage lorsqu’il était étudiant, il y a plusieurs années, il décrit l’expérience comme une redécouverte. La démarche, précise-t-il, reposait sur une grande collaboration. En travaillant étroitement avec le personnel du programme, le professeur a imaginé un projet arrimé aux objectifs du cours tout en laissant assez de place à la créativité des étudiantes et étudiants.

« Le programme donne aux professeurs les leviers nécessaires pour agir et, surtout, offrir aux étudiantes et étudiants cette même capacité d’action », souligne le professeur Heffernan.

Andrew Heffernan.
« Le programme donne aux professeurs les leviers nécessaires pour agir et, surtout, offrir aux étudiantes et étudiants cette même capacité d’action. »

Andrew Heffernan

— Professeur, Faculté des arts

À la croisée de l’apprentissage par l’expérience, des systèmes alimentaires et du développement durable

Selon le professeur, la sécurité alimentaire et le développement durable sont des enjeux trop souvent négligés par la classe politique et les grandes institutions, même si les communautés locales en ressentent les répercussions au quotidien. Et lorsque l’attention des autres est ailleurs, dit-il, les organismes communautaires et les initiatives locales n’ont pas le choix d’intervenir. C’est là que les universités et leurs partenaires peuvent intervenir pour changer les choses.

Parmi ces partenaires figure le Jardin botanique national du Canada pour enfants, une initiative communautaire en croissance qui travaille à promouvoir les systèmes alimentaires durables. Le groupe d’Heffernan s’est associé au Jardin dans le cadre du programme d’AEC, et ce partenariat est rapidement devenu l’élément central du cours. Ensemble, le groupe et les partenaires ont imaginé des trousses de jardinage durables et à faible coût, conçues pour les écoles et les membres de la communauté.

Des apprentissages durables qui portent leurs fruits

Ce qui a émergé durant le trimestre a surpassé toutes les attentes. Les étudiantes et étudiants ont créé quantité de trousses de jardinage, communiqué avec des entreprises et des écoles des environs, récolté des dons et même créé des ressources éducatives, notamment un livre jeunesse sur le gaspillage alimentaire et le développement durable. Les membres du groupe ont aussi travaillé sur leurs compétences en recherche, en rédaction, en présentation et en mobilisation communautaire, sur fond d’apprentissage collaboratif.

Les retombées ont dépassé les murs de l’Université. Dans son évaluation du travail des étudiantes et étudiants, le Jardin a souligné le haut degré d’engagement de ces derniers et la pertinence du projet sur le terrain. En combinant recherches, analyses des circonstances actuelles et applications concrètes, le groupe a trouvé des solutions présentant un réel potentiel d’utilisation et susceptibles de générer des effets durables. Le Jardin compte intégrer ce projet dans sa stratégie organisationnelle et prévoit de lancer certaines initiatives dès l’été 2026. Certains des étudiants et étudiantes se sont déjà engagés à travailler sur leur projet en dehors du cours. Et comme les bases sont en place, il est maintenant possible de l’élargir.

L’apprentissage pratique permet aux étudiantes et étudiants de vivre une expérience ancrée dans les débats publics, les politiques et leurs communautés. Il rappelle également au corps professoral tout le potentiel de l’enseignement lorsque l’on confie aux étudiantes et étudiants des responsabilités concrètes.

À celles et ceux qui envisagent d’intégrer le programme d’AEC, le professeur Heffernan tient à préciser que l’accompagnement est au rendez-vous, que la souplesse est bien réelle et que les avantages pour la population étudiante, les communautés et sur le plan de l’enseignement sont considérables.