Construction d'un jardin communautaire
Quand Maximilian Benda a commencé ses études à l'Université d'Ottawa, il s'attendait à suivre une trajectoire très simple : étudier la finance, décrocher son diplôme, puis retourner dans l'environnement entrepreneurial dans lequel il avait grandi.

Lui-même issu d'une famille de propriétaires d'entreprise, il était déjà familier avec les réalités du métier. Il considérait l'université comme moyen d'approfondir sa compréhension de la finance et de mieux se préparer à ce qui l'attendait.

Cet état d'esprit l'a naturellement amené à choisir le champ d'études de la finance à l'École de gestion Telfer.

« J'ai toujours été très intéressé par les chiffres, explique-t-il. J'aime le fait que les chiffres ne mentent pas. En finance, on apprend à analyser des données et à faire des prédictions. Ce sont des compétences qui me seront certainement utiles à l'avenir. »

Trouver sa place

Pendant les deux premières années qu'il a passées à l'université, Maximilian Benda a fait profil bas. Comme bien des étudiantes et étudiants s'ajustant à la vie universitaire, il mettait toute son énergie dans les cours et les travaux scolaires.

Avec le recul, il constate qu'il lui manquait quelque chose. « Je n'étais pas très impliqué dans les clubs et associations pendant mes deux premières années d'études, raconte-t-il. Et honnêtement, mes notes s'en ressentaient.  »

Les choses se sont mises à changer quand il a commencé à tisser des liens avec des collègues de classe. Les séances d'études ont cédé la place à des conversations, et ces conversations ont abouti à des amitiés qui ont donné un tout autre visage à son parcours universitaire.

« Quand j'ai commencé à discuter avec des gens dans mes cours et à étudier avec eux, ma moyenne est passée de C à A presque du jour au lendemain », précise-t-il.

C'est à ce moment qu'il a pris conscience que l'université, c'est bien plus que des cours et des travaux : c'est aussi une affaire de communauté.

Créer des occasions par l'implication

Au fil de son implication sur le campus, le jeune homme a exploré différents clubs et associations, sans jamais trouver chaussure à son pied.

Au lieu de se résigner, il a décidé de créer quelque chose de nouveau.

L'idée de fonder un club surcyclage et de durabilité est née dans un cours d'apprentissage par engagement communautaire (AEC) axé sur la durabilité. Ce qui avait commencé comme un simple projet de classe a rapidement pris de l'ampleur.

Le Upcycling Club a pour vocation de faire connaître à la communauté de l'Université d'Ottawa les nombreuses possibilités qu'offre le surcyclage en matière de développement durable et d'inviter à passer à l'action. Les membres participent à des ateliers pratiques où ils apprennent des techniques concrètes qu'ils peuvent employer au quotidien pour développer des habitudes de vie plus respectueuses de l'environnement.

Photo de Maximilian Benda
« Au départ, l'objectif était simplement de fonder le club et de mener à bien le projet dans le cadre du cours. Mais une fois qu'on a commencé à organiser les ateliers, j'ai compris tout le potentiel qu'il y avait à bâtir une communauté tout en... »

Maximilian Benda - Fondateur & Co-Président du Upcycling Club

Les participantes et participants aux ateliers ont notamment appris à réparer des vêtements, à rapiécer le denim ou à donner une nouvelle vie à des matériaux et des objets voués à être jetés. L'objectif était de transmettre des connaissances, certes, mais aussi de réunir des étudiantes et étudiants dans un contexte informel propice à la collaboration.

Pour le jeune homme, ces moments de connexion étaient tout aussi importants que les ateliers.

« Ça permet à des gens issus de programmes complètement différents de se rencontrer et de mettre en commun leurs idées, dit-il. Les liens qui se créent peuvent se déboucher sur des amitiés, des groupes d'études, voire des collaborations futures. »

Cette expérience d'avoir bâti quelque chose à partir de rien l'a aussi incité à rechercher de nouvelles occasions d'utiliser ses compétences en dehors du campus.

Apprendre ailleurs qu'en classe

Plus Max s'impliquait dans la vie du campus, à travers son club et ses travaux, notamment, plus il découvrait de nouvelles occasions de mettre en pratique ses apprentissages dans des contextes variés. Des pairs et des membres du corps professoral lui ont parlé des défis d'innovation interdisciplinaires.

L'un des défis, coorganisé par l'École de gestion Telfer et la Faculté de médecine, avait pour thème l'itinérance chez les jeunes.

Pendant tout un weekend, les équipes participantes ont cherché à concevoir des solutions pratiques pour répondre à des enjeux sociaux pressants avec l'aide de spécialistes et de mentores et mentors.

Max et son équipe ont mis au point un concept ambitieux : la création d'une communauté de minimaisons pour offrir aux jeunes en situation d'itinérance un logement stable et des services d'aide.

L'expérience ne s'est pas arrêtée à la fin du défi. Motivés par le potentiel de leur idée, Max et son équipe ont choisi de poursuivre le développement du projet dans le cadre d'un cours autodirigé. Cette démarche leur a permis d'affiner davantage leur concept et d'en explorer la faisabilité concrète, tout en obtenant des crédits universitaires intégrés à leur parcours, en remplacement d'un cours traditionnel.

« Travailler avec des étudiantes et étudiants d'autres disciplines permet d'aborder les problèmes sous des angles complètement différents, explique-t-il. Dans notre équipe, on avait des gens en informatique, en nutrition et en développement social. Chaque personne apportait une perspective différente. »

L'expérience a renforcé une conviction progressivement acquise dans ses autres activités : celle selon laquelle la collaboration interdisciplinaire est la clé lorsqu'il faut trouver des solutions à de vrais enjeux.

Passer de l'idée à l'action

Max a choisi d'appliquer cette même philosophie aux projets réalisés dans le cadre de son club. Grâce aux fonds offerts dans le cadre du programme« Leadership des jeunes pour le changement », piloté par le Conseil de planification sociale d'Ottawa, son équipe a reçu une micro-subvention conçue pour aider les étudiantes et étudiants à concrétiser des idées au bénéfice de la communauté.

L'équipe a ainsi pu acheter des outils et lancer un grand projet de construction de bacs pour un jardin communautaire situé à proximité du campus.

Au départ, les équipements étaient insuffisants. « Il y avait des dizaines d'étudiants qui étaient prêts à mettre les mains dans la terre mais il n'y avait pas assez d'outils pour tout le monde », se rappelle-t-il.

Une fois obtenus les fonds nécessaires à l'acquisition de nouveaux outils, le projeta rapidement pris son envol.

« On a fini par construire plus de 40 bacs pour le jardin communautaire », raconte le jeune homme. À son avis, l'expérience prouve que les initiatives étudiantes peuvent avoir des effets concrets, à condition de bénéficier d'un soutien adéquat.

Un parcours marqué par les rencontres

À l'approche de la fin de ses études, Maximilian Benda voit son parcours universitaire comme une série d'occasions et de rencontres fortuites.

Chaque expérience en a entraîné une autre : les nouvelles rencontres, la création d'un club, la participation à des défis interdisciplinaires, le lancement de projets communautaires.

Chaque étape l'a aidé à élargir ses perspectives sur les différentes formes d'apprentissage.

S'il n'avait qu'un conseil à donner aux nouveaux étudiants et étudiantes, ce serait celui-ci :

« Participez à la vie étudiante et allez à la rencontre des gens. Car le réseau que vous créez à l'université pourrait transformer complètement votre expérience. »

À son arrivée à l'Université d'Ottawa, Maximilian Benda pensait que ses études le prépareraient simplement à gérer l'entreprise familiale.

Ce qu'il a découvert, c'est une conception plus large de l'apprentissage ancrée dans la collaboration, l'appartenance à une communauté et les expériences concrètes hors de la salle de classe.