Des étudiantes et étudiants en répétition avec l’Ensemble d’opéra de l’Université d’Ottawa.
Répétition de l’Ensemble d’opéra à l’École de musique de l’Université d’Ottawa.
Vibrations des cordes, souffle des vents, voix en pleine répétition, accessoires transformés en instruments inattendus… À l’École de musique de l’Université d’Ottawa, les répétitions de l’Ensemble d’opéra s’imposent comme un espace d’apprentissage exigeant où une œuvre prend forme au fil des échanges.

Ici, l’opéra devient un véritable laboratoire, à la croisée de la musique, du théâtre et du travail d’équipe.

Pour Christiane Riel, professeure et responsable du cours d’opéra, cette dynamique est au cœur du projet pédagogique. « C’est tout le secteur interprétation qui se met en marche pour raconter une histoire ensemble », explique-t-elle.

Chaque année, les personnes inscrites au cours d’opéra travaillent aux côtés de musiciennes et musiciens de l’Orchestre de l’Université d’Ottawa et de différents ensembles vocaux. Plus qu’une collaboration, l’exercice propose aux étudiantes et étudiants une immersion dans des conditions proches de celles du milieu professionnel, où l’écoute et le travail d’équipe font partie intégrante du processus.

Un programme qui forme sur scène… et en équipe

À l’Université d’Ottawa, l’opéra ne se limite pas à l’apprentissage du chant. Les répétitions deviennent un véritable laboratoire où se développent des compétences essentielles : écoute, adaptabilité, prise de risque artistique et capacité à réagir aux partenaires de scène.

« Les étudiantes et étudiants doivent arriver aux répétitions sans préjugés, garder l’esprit ouvert, sinon les impulsions et les réactions sont biaisées, figées tant dans le jeu d’acteur que dans leur interprétation vocale », souligne Christiane Riel.

La formation adopte également une approche globale de l’interprétation. Le travail vocal est étroitement lié au jeu théâtral, au mouvement et, selon les projets, à la danse. Sur scène, ces pratiques ne s’additionnent pas : elles s’influencent, s’ajustent et se transforment au fil des interactions.

Le dialogue et la confiance occupent une place centrale dans le processus créatif. « Il faut apprendre à dire facilement “je ne comprends pas” et ne pas garder ça pour soi, sinon on ne va nulle part », explique la professeure. Dans cet environnement collaboratif, l’inspiration artistique naît souvent de l’échange et de l’imprévu.

Explorer la créativité et l’instinct artistique

Les productions du programme deviennent des espaces d’exploration où les personnes en formation abordent des répertoires variés et développent leur créativité. Grâce à ces projets scéniques, elles apprennent à travailler avec la musique, le texte, le mouvement et l’interprétation dramatique.

« C’est en recevant des choses inattendues sur scène que l’instinct artistique se réveille », observe Christiane Riel.

Christiane Riel
« On prépare des artistes qui sauront se réinventer, qui auront appris à travailler avec les autres et à rester disponibles à ce qui peut surgir sur scène ou ailleurs. »

Christiane Riel

— Professeure et responsable du cours d’opéra

Ce processus d’exploration artistique aide les étudiantes et étudiants à mieux comprendre leur instrument vocal, leur présence sur scène et leur relation avec les autres interprètes. L’expérience forme des artistes capables de s’adapter et d’évoluer dans des contextes de création variés.

Des parcours qui se poursuivent au-delà de l’université

L’expérience acquise au sein de l’Ensemble d’opéra accompagne souvent les personnes diplômées bien au-delà de leurs études. 

Au fil des ans, plusieurs anciennes et anciens du programme ont poursuivi des carrières sur les scènes lyriques nationales et internationales. La soprano Joyce El Khoury, par exemple, mène aujourd’hui une carrière internationale, tandis que Miriam Khalil et Pascale Beaudin se distinguent par des parcours artistiques très créatifs, notamment dans le répertoire de la musique vocale et baroque. 

D’autres diplômées et diplômés se produisent sur de grandes scènes et au sein d’institutions reconnues. Joel Allison a chanté avec la Compagnie d’opéra canadienne et la Deutsche Oper Berlin, tandis que Tessa Fackelmann a été associée à des programmes prestigieux comme ceux du Santa Fe Opera, du Wolf Trap Opera et de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. Plus récemment, James Coole-Stevenson a été nommé parmi les boursiers et boursières Rebanks de l’École Glenn-Gould du Conservatoire royal de musique et s’est illustré dans des concours nationaux. 

Les débouchés du programme ne se limitent toutefois pas à la scène lyrique. Certaines personnes diplômées se tournent vers le théâtre musical, comme Alyssa Curto, qui a participé à de nombreuses productions au Canada. 

Jordanne Erichsen a fondé l’une des plus importantes écoles de chant à Montréal, Express Voice Studio. Valérie Poisson est à l’origine de l’Opéra de Trois-Rivières. Emili Losier, pour sa part, combine une carrière vocale active avec un engagement communautaire en tant que directrice générale du Chœur d’enfants d’Ottawa. 

Pour Christiane Riel, ces trajectoires illustrent bien l’objectif du programme : former des artistes capables d’évoluer dans des milieux variés et de contribuer activement à la vie musicale et culturelle. « On prépare des artistes qui sauront se réinventer, qui auront appris à travailler avec les autres et à rester disponibles à ce qui peut surgir sur scène ou ailleurs. »

University of Ottawa School of Music Opera Ensemble rehearsal.