Du Ghana à Ottawa et d’Ottawa au Ghana : Christal Perdison, une finissante à la maîtrise ès arts (M.A.) en études du bilinguisme répond à l’appel de ses recherches

Christal Perdison
Christal Perdison
Voici le dernier d’une série de trois articles consacrés à la recherche étudiante à l’ILOB dans le cadre du programme de maîtrise ès arts en études du bilinguisme.

Christal Perdison est titulaire d’un baccalauréat en langues, littératures et linguistique romanes de l’Université de la Colombie-Britannique. Pendant ses études, elle a travaillé comme assistante d’enseignement dans le cadre du Programme intensif d’anglais du Centre d’apprentissage des langues de l’ILOB. 

Résumé du projet de recherche | Hiérarchies linguistiques, plurilinguisme et pratiques translangagières au Ghana : au-delà de la diglossie classique

Cette étude analyse les pratiques langagières multilingues et les perceptions du prestige linguistique au Ghana, en particulier la façon dont les hiérarchies linguistiques sont construites, maintenues et redéfinies dans des contextes sociaux, éducatifs et professionnels. 

Le paysage linguistique ghanéen se caractérise par une hiérarchie complexe dans laquelle l’anglais occupe le sommet d’un point de vue institutionnel, alors que le pidgin anglais ghanéen et plus de 80 langues autochtones, dont l’akan, le ga et l’éwé, qui y ont une place moins dominante, jouent un rôle important sur les plans sociaux et culturels. 

Ancrée dans l’héritage colonial et renforcée par les politiques d’éducation et les grandes structures sociopolitiques, cette hiérarchie a traditionnellement été analysée à l’aide de cadres théoriques inspirés de la diglossie classique, qui présentent l’anglais comme une langue « supérieure » et les langues locales comme « inférieures ». Or, cette vision binaire ne permet souvent pas de rendre compte des pratiques multilingues fluides et dynamiques des locutrices et locuteurs ghanéens d’aujourd’hui. 

En s’inspirant des cadres sociolinguistiques de la diglossie, des pratiques translangagières et du plurilinguisme, cette étude adopte une approche mixte reposant sur 40 réponses à un questionnaire et 10 entrevues de suivi semi-structurées réalisées auprès de locutrices et locuteurs ghanéens multilingues.

Origines du projet de recherche

Au début de sa maîtrise, Christal voulait poursuivre ses études et nourrir sa passion pour les langues dans le cadre d’un programme interdisciplinaire qui lui permettrait d’approfondir sa compréhension du bilinguisme et de l’acquisition d’une langue seconde. Elle a choisi l’option avec cours du programme, qui offrait selon elle un cheminement structuré menant à une expertise pratique en linguistique appliquée et en didactique des langues secondes, ce qui faciliterait ensuite son entrée sur le marché du travail.

Son projet de recherche est né d’un travail soumis dans un cours et pour lequel elle a mené une petite étude. Comme elle est originaire du Ghana, Christal a constaté que l’approche généralement employée dans les recherches sur les langues dans ce pays ne reflétait plus les réalités actuelles. Le professeur Nikolay Slavkov l’a encouragée à pousser plus loin la question et à soumettre une proposition de communication à une conférence.

C’est après avoir présenté ses travaux à la conférence LPP Approches multidisciplinaires en planification et politiques linguistiques, qui a eu lieu à Ottawa le 18 juin, qu’elle a envisagé pour la première fois de faire un doctorat afin de devenir professeure et de poursuivre son projet de recherche. 

Au sujet de sa collaboration avec le professeur Slavkov (avec qui elle a présenté ses travaux en juin), Christal affirme qu’elle est exceptionnelle. « Il fait preuve de beaucoup de patience à mon égard, sa rétroaction est toujours détaillée, il répond rapidement et m’encourage constamment. »