L’auteur et avocat spécialisé en droit des Autochtones a récemment visité la Faculté de droit pour discuter de son plus récent ouvrage, Indigenous Rights in One Minute: What you Need to Know to Talk Reconciliation.
« Je tente de dissiper les mensonges et les fausses informations qui circulent, a-t-il expliqué au public. La désinformation, c’est une expression du pouvoir. Ça fait partie du projet colonial. Si on veut se rendre utile, on doit s’y attaquer. »
Son nouvel ouvrage propose des réponses concises et accessibles à une centaine de questions fréquemment posées par les Canadiennes et Canadiens sur les droits des Autochtones et la réconciliation, comme « pourquoi les Autochtones ont-ils des droits spéciaux? » ou encore « en quoi consiste la restitution des terres? ».
S’appuyant sur sa trentaine d’années d’expérience dans le domaine juridique et la défense des intérêts, Me McIvor cherche à vulgariser des concepts juridiques complexes et à remettre en question les idées préconçues qui continuent d’influencer les débats publics sur les relations entre les Autochtones et la Couronne.
Un avant-goût des études en droit
Pendant l’événement, Me McIvor a souligné que bien que son ouvrage Indigenous Rights in One Minute ne s’adresse pas aux juristes, il sera particulièrement utile aux étudiantes et étudiants en droit. « C’est ma lecture de l’évolution des lois et des liens entre différentes affaires, a-t-il précisé. Si vous suivez un cours sur le droit des Autochtones, cet ouvrage vous servira de guide d’étude. »
Au-delà des affaires dont il a été question et de ses observations à leur sujet, Me McIvor a toutefois voulu communiquer aux étudiantes et étudiants un message concernant leur avenir dans la définition du paysage juridique canadien : « Que vous deveniez juristes ou non, vous avez un rôle important à jouer. Le système juridique canadien devrait refléter les valeurs qui vous sont chères en tant que citoyennes et citoyens. »
Les « petits irritants de Bruce » et le pouvoir de la critique
En vue de son prochain cours en ligne, Me McIvor, qui est également professeur auxiliaire à la Peter A. Allard School of Law de l’Université de la Colombie-Britannique, a lancé à la blague l’idée de créer un nouveau segment appelé « Les petits irritants de Bruce »... « parce que beaucoup de choses m’irritent », a-t-il plaisanté. On ne saurait dire si ces irritants ont influencé les thèmes abordés dans son livre ou si la rédaction de l’ouvrage a renforcé ses frustrations. Quoi qu’il en soit, sa passion pour la critique et son refus d’accepter le statu quo rendent ses écrits convaincants et accessibles.
Me McIvor a également abordé sans ambages la question de l’optimisme, parfois difficile à cultiver lorsqu’on accomplit le dur travail de défendre les droits des Autochtones et de faire progresser la justice. « Je suis critique, mais je ne crois pas être cynique, a-t-il affirmé. Si je l’étais, je ne pourrais plus continuer sur cette voie. »
Il a rappelé aux étudiantes et étudiants que travailler dans le domaine du droit des Autochtones exige une passion nourrie par un sentiment d’utilité, et non par l’ego.
« Il faut vraiment avoir envie de faire ce travail. Que vous soyez Autochtone ou non, il faut avoir le feu sacré. C’est un grand privilège de représenter les peuples autochtones;on doit le prendre au sérieux et s’investir. »
Pour éviter l’épuisement et le désespoir, Me McIvor recommande de faire preuve d’humilité. « Le cynisme est souvent alimenté par l’égocentrisme. Si vous voulez réussir dans le milieu juridique, sachez que l’humilité vous ouvrira bien des portes », a-t-il déclaré.
« C’est difficile. Il faut parfois y aller au jour le jour, a-t-il admis. Mais il vous suffit de penser à vos clientes et clients : s’ils peuvent continuer à se battre quotidiennement, je peux certainement le faire aussi. »
À propos de Bruce McIvor
Bruce McIvor est associé principal au cabinet First Peoples Law LLP, dont il est le fondateur, et professeur auxiliaire à la Peter A. Allard School of Law de l’Université de la Colombie-Britannique. Membre de la Fédération des Métis du Manitoba, il est titulaire d’un diplôme en droit et d’un doctorat en histoire autochtone et environnementale. Boursier Fulbright, Me McIvor a aussi écrit l’ouvrage Standoff: Why Reconciliation Fails Indigenous People and How to Fix It (2021).