Dans le cadre des discussions ayant abouti à l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité S/Res/2794 (2025), les participantes et participants se sont penchés sur cinq grands enjeux : 1) mettre fin au conflit russo-ukrainien, qui dure maintenant depuis quatre ans; 2) empêcher le conflit de se propager jusqu’aux États voisins; 3) voir à ce que des États tierces aident les parties au conflit à y mettre fin et à entrer en négociation; 4) promouvoir le respect du droit international humanitaire et limiter les effets malencontreux du conflit sur les non-combattantes et non-combattants, et les zones civiles; 5) éviter l’utilisation d’armes de destruction massive dans le conflit.
En premier lieu, la résolution du Conseil de sécurité demande aux parties au conflit de respecter leurs obligations au titre de la Charte des Nations Unies, de mettre immédiatement fin aux combats et de régler leurs différends par des moyens pacifiques.
En deuxième lieu, compte tenu du risque que le conflit se propage jusqu’aux États voisins, l’équipe de négociation exhorte les États membres et les organisations régionales à s’abstenir de toute intervention armée dans le conflit et à contribuer à une résolution pacifique et durable de celui-ci.
En troisième lieu, les chances étant faibles que les parties au conflit mettent fin aux combats sans l’intervention des grandes puissances, les autrices et auteurs de la résolution exhortent les États membres et les autres organisations internationales et régionales à poursuivre leurs efforts pour désamorcer la crise, notamment en empêchant la propagation et l’intensification des combats et en évitant toute provocation susceptible d’aggraver la situation.
En quatrième lieu, les membres du Conseil ayant clairement fait valoir la nécessité de respecter le droit international humanitaire, plusieurs paragraphes de la résolution viennent rappeler aux parties leurs obligations à ce titre. Par exemple :
- La résolution exige de toutes les parties qu’elles respectent pleinement leurs obligations au titre du droit international humanitaire afin d’épargner la population civile et les biens de caractère civil. Elle exige également que les parties s’abstiennent de toute action susceptible de priver la population civile de biens indispensables à sa survie, et qu’elles respectent et protègent le personnel humanitaire et les convois d’aide humanitaire.
- Elle rappelle que la population civile, y compris le personnel humanitaire et les personnes en situation de vulnérabilité comme les femmes et les enfants, doit être préservée de tout danger.
- Enfin, elle appelle les parties concernées à garantir la protection du personnel médical et humanitaire exerçant exclusivement leurs tâches médicales, de leurs moyens de transport et de leur équipement, des hôpitaux et des autres installations médicales.
En dernier lieu, la résolution contient un paragraphe rappelant aux États l’interdiction d’utiliser des armes de destruction massive. Elle exhorte toutes les parties à faire preuve de retenue et à respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire, notamment l’interdiction de recourir à des armes de destruction massive, afin d’épargner et de protéger la population civile, y compris le personnel humanitaire, les personnes en situation de vulnérabilité, les journalistes ainsi que le personnel médical, leurs moyens de transport et leur équipement, les hôpitaux et les autres installations médicales.
Pour se préparer à l’exercice de simulation, les étudiantes et étudiants se sont entraînés pendant deux mois à rédiger et à négocier des projets de résolution dans le cadre de leur cours en droit des organisations internationales. Chaque personne était chargée de représenter un membre du Conseil de sécurité et a préparé un projet de résolution qu’elle a dû négocier dans l’un des trois groupes constitués : groupe des États occidentaux et autres États; groupe des pays en développement; et groupe de la Chine et de la Fédération de Russie. Chaque groupe est ensuite parvenu à un projet de résolution unique qui a fait l’objet de nouvelles négociations générales avant d’être intégré dans un projet de résolution consolidé, celui-là même qui a été adopté avec neuf voix favorables.
Il s’agissait du neuvième exercice de simulation organisé par le professeur Mirzaei Yengejeh dans le cadre de son séminaire sur le droit des organisations internationales. Les simulations précédentes du Conseil de sécurité ont eu lieu en janvier 2018 (sur la situation en Corée du Nord), à l’automne 2018 (sur la crise au Yémen), à l’automne 2019 (sur la négociation entre l’Iran et le P5+1 au sujet du programme d’énergie nucléaire iranien), à l’automne 2020 (sur la pandémie de COVID-19 ), à l’automne 2021 (sur la crise en Afghanistan), à l’automne 2022 (sur le conflit armé entre la Fédération de Russie et l’Ukraine), à l’automne 2023 (sur les changements climatiques en tant que menace pour la paix et la sécurité internationales) et à l’automne 2024 (sur les menaces que l’exploration spatiale fait peser sur la paix et la sécurité internationales).