Comme le soulignait la doyenne Kristen Boon lors de la dernière collation des grades, quand quelqu’un étudie en droit, c’est un peu comme si toute sa famille vivait l’expérience.
Elle faisait référence au réseau d’entraide si crucial à ce parcours d’apprentissage, mais il y en a pour qui étudier à Fauteux est réellement une affaire de famille.
Nous sommes donc ravis de lancer une nouvelle initiative, FAMFTX, pour présenter des histoires de familles dont les membres – parents et enfants, frères et sœurs, et parfois même les grands-parents – ont cheminé à la Section de common law.
Célébrons les familles qui font partie de la grande famille Fauteux!
Vous verrez que certains de ses membres siègent à la Cour suprême du Canada et font partie des hautes sphères de notre université!
La chancelière de l’Université d’Ottawa, Chancellor Claudette Commanda, est diplômée de la 1997 tandis que son fils Frankie Cote (J.D. 2012), est également un diplômé.
Le très honorable Richard Wagner, C.P., Juge en chef du Canada, a reçu son diplôme de la Section de droit civil en 1979 ainsi qu’un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa en 2019.
« Mon père travaillait à Ottawa à l’époque, et ma sœur était déjà inscrite à l’Université d’Ottawa en sciences sociales, explique-t-il. De plus, mon père y avait complété ses études en philosophie. »
« Ces liens familiaux avec l’Université ont certainement influencé mon choix d’y poursuivre mes études de droit. »
Le père du juge en chef Wagner, Claude Wagner, fut tour à tour juge, ministre du gouvernement québécois, député fédéral et sénateur.
Sa fille, Catherine Wagner (LL.L. 2006, LL.B. 2017), est maintenant directrice principale, Formation et développement chez Norton Rose Fulbright Canada.
« Mon histoire familiale est liée à cette institution depuis plusieurs générations, » soutient-elle.
« Elle représente pour moi bien plus qu’un lieu d’apprentissage : c’est un héritage, une continuité, une source de fierté. En y poursuivant mes études, je m’inscris dans une tradition de service, de réflexion et d’engagement envers la société. »
La famille Charron–Goulard–Poliquin
L’honorable Louise Charron, ancienne juge de la Cour suprême et professeure à la Faculté, a obtenu son diplôme en 1975. Son fils, Gabriel Poliquin (LL.B. 2010), est récemment devenu directeur du programme de certification de common law en français (CCLF). Mère et fils font également partie de la famille Fauteux.
« Mon beau-frère, Guy Goulard, diplômé de Osgoode Hall (et ancien registraire de la Cour suprême et juge du tribunal de la famille), était le premier membre de ma famille qui a étudié le droit, raconte la juge Charron. Guy est l’époux de ma sœur Charlotte. J’ai été la première à faire mes études de droit à l’Université d’Ottawa. Mes nièces, Brigitte Goulard (LL.B. 1987) et Natalie Goulard (LL.B. 1993), les deux filles de Guy, m’ont suivie chez vous et, plus tard, mon fils, Gabriel Poliquin.
« Trois des petits-enfants de Guy et Charlotte, Charlotte Paquet (LL.L. 2024), Léo Paquet (LL.L. 2025) et Nicolas Boivin (LL.L. 2025, J.D. 2019), ont également fait leurs études en droit civil à l’Université d’Ottawa. »
La juge affirme avoir choisi l’Université d’Ottawa en raison de son emplacement.
« J’ai toujours adoré cette ville et tout au cours de mes études secondaires dans ma ville natale de Sturgeon Falls, j’avais la ferme intention d’y demeurer. »
« Étant la première de ma famille à faire mes études à Fauteux, ce choix n’était donc pas influencé par le parcours de mes proches. De toute façon, je n’aurais eu aucun désir de suivre les pas de mon beau-frère Guy et d’étudier à Toronto. Toronto était trop grande et trop anglophone à mon goût. Vivre dans la capitale du Canada était mon rêve. »
Louise Charron a été chargée de cours au programme en français de la Section de common law de 1978 à 1985 pour ensuite se joindre au corps professoral à titre de professeure adjointe jusqu’en 1988, année de sa nomination à la magistrature.
Pour sa nièce, Natalie Goulard, il n’y avait aucun doute : elle étudierait à l’Université d’Ottawa.
« C’est la seule école de droit à laquelle j’ai présenté une demande d’admission. Je m’y sentais chez moi. Il est certain que le passage de mes proches à Fauteux a influencé ma décision, tout comme cela a influencé celle de mes enfants. C’est véritablement une histoire de famille! »
La famille Labrosse
Jean-Marc Labrosse (LL.B. 1960), juge à la retraite de la Cour d’appel de l’Ontario, est le patriarche d’une autre branche de la famille Fauteux.
Sa fille, Michèle Labrosse (LL.B. 1994), a œuvré pendant 32 ans dans le domaine du droit de la famille et est présidente suppléante de la Commission ontarienne d’examen, tandis que son fils, Marc Labrosse (LL.B. 1994), est aujourd’hui juge à la Cour supérieure de justice de l’Ontario après une longue carrière au sein du cabinet ottavien Vice & Hunter.
Martin Robertson (J.D. 2016), son petit-fils, est avocat pratiquant chez Sicotte Guilbault; Claudia, sa petite-fille, est étudiante de troisième année.
« Bien sûr, le fait que plusieurs membres de ma famille aient suivi le programme de common law en français a joué un rôle dans ma décision », explique Martin.
« Toutefois, d’autres facteurs ont aussi pesé lourd : ma famille étant dans la région, j’avais la chance d’enfin vivre près d’eux, n’étant pas originaire d’Ottawa; j’avais la possibilité d’étudier en français, et le programme auquel j’ai été admis était un double diplôme Canada/États-Unis (J.D.). »
La famille Giroux
Or, difficile de faire mieux que le clan Giroux.
Michel Giroux (LL.B. 1986) a été le premier de sa famille à fréquenter Fauteux; il y a terminé ses études en 1986. Il s’est ensuite dirigé en France pour compléter un D.E.A. en sciences politiques à la Sorbonne. C’est d’ailleurs là qu’il a rencontré un professeur bien connu de la Faculté, Yves Le Bouthillier, et les deux demeurent de bons amis à ce jour.
Michel a obtenu son doctorat en droit de l’Université de Poitiers et est professeur au sein du programme de droit et justice de l’Université Laurentienne depuis 1988.
Francois Giroux (LL.B. 1989), le frère cadet de Michel, a obtenu son diplôme de Fauteux en 1989. François a alors eu Me Robert Paris – premier président de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO) et son futur beau-père – comme professeur.
Au cours de sa carrière, François a œuvré surtout dans la sphère politique, occupant divers postes dont sa fonction actuelle de chef de cabinet du ministre de la Sécurité publique du Canada, Gary Anandasangaree.
Jacqueline Loignon a obtenu son diplôme de la Faculté en 1992. À sa première année, elle a rencontré Marc Giroux (LL.B. 1992), qui avait choisi de suivre le sentier déjà parcouru par ses deux frères et d’étudier à Fauteux.
Se fréquentant dès leur premier trimestre, Jacqueline et Marc se sont mariés en 1995. Jacqueline a également obtenu une maîtrise en droit à Fauteux. Elle a été nommée juge de la Cour de justice de l’Ontario en 2011, alors que Marc a été nommé commissaire à la magistrature fédérale en 2017.
Deux membres de la prochaine génération de la famille élargie sont également diplômés de Fauteux.
Eve Loignon-Giroux (fille de Jacqueline et Marc) et Vincent Giroux (fils de François) y ont terminé leurs études en 2022.
Eve est aujourd’hui conseillère principale en communications auprès de Dominic Leblanc, Président du Conseil privé du Roi pour le Canada et ministre responsable du commerce Canada-États-Unis, des Affaires intergouvernementales et de l’Unité de l’économie canadienne. Pour sa part, Vincent est procureur de la Couronne provinciale ici à Ottawa.
« Ces six membres de la famille élargie sont heureux d’avoir pu bénéficier d’une formation hors pair – en common law et en français – et se considèrent privilégiés de faire partie de la grande famille Fauteux », explique Marc.
La famille Henrie-Lafrenière
Sauf que... la famille Henrie arrive peut-être à surpasser les Giroux!
Il y a François Henrie (LL.L. 1987, LL.B. 1988) et son épouse Lise Lafrenière Henrie (LL.B. 1989) (qui se sont rencontrés à la Faculté), leur fille Caroline Henrie (J.D. 2017), ainsi que le frère de Lise, Gérald Lafrenière, (LL.B. 1992).
Ajoutons à la liste la sœur de François, Dominique Henrie (LL.B. 1999, LL.M. 2005), son frère Pierre-Paul (LL.B. 1991), l’épouse de celui-ci, Martine Valiquette (LL.L. 1992), et leur fille Véronique Henrie, (J.D. 2022, LL.L. 2024).
« Pour moi et Lise, nous voulions étudier la common law en français », explique François, vice-président au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario. Lise est venue du Manitoba, et moi, j’ai fait le programme national après avoir fait ma première année en droit civil à l’Université McGill. »
« Caroline a choisi la Faculté à Ottawa parce que c’était une de deux universités qui offraient le programme de common law en français et c’était dans sa ville natale. Elle appréciait aussi le fait que c’était la même faculté que ses parents. »
Originaire d’Ottawa, Pierre-Paul Henrie a obtenu deux baccalauréats à l’Université d’Ottawa – en sciences et en économie – avant d’entreprendre ses études en droit à la Faculté de droit.
« Mes années à l’Université d’Ottawa m’ont permis d’apprécier le milieu bilingue et culturel, le milieu universitaire et la ville elle-même : ses espaces verts, sa proximité avec les lacs, la campagne et les montagnes. Surtout, la proximité de ma famille ne m'a jamais donné envie d’étudier ailleurs. »
Il se souvient des nombreuses discussions et échanges avec ses camarades dans l’atrium du deuxième étage de la résidence Fauteux, ainsi que des innombrables petits-déjeuners, déjeuners et dîners chez “Fathers & Sons”, un lieu de rencontre historique pour les étudiants en droit.
« Mais mon plus beau souvenir est ma rencontre avec Martine, alors qu’elle étudiait le droit civil – une rencontre qui a eu lieu il y a près de 35 ans et qui a mené à 32 ans de mariage. »
Véronique Henrie a grandi à Gatineau, où elle a fait ses études primaires et secondaires avant d’obtenir un baccalauréat en psychoéducation à l’Université du Québec en Outaouais.
« Le fait que mes parents, mes oncles, mes tantes et mon cousin aient tous étudié à l’Université d’Ottawa a certainement influencé ma décision. Mon père ayant étudié la common law et ma mère le droit civil, les deux domaines m’intéressaient. Le Programme national offert par l’Université d’Ottawa rendait cette option particulièrement attrayante. »
Bien qu'une grande partie de ses études en droit se soient déroulées pendant la pandémie, Véronique garde un souvenir positif de cette expérience.
« J’ai tissé des liens solides avec mes camarades et j’ai ressenti une véritable solidarité. Ces moments m'ont appris la valeur du travail d'équipe, de la persévérance et du soutien mutuel, même dans des circonstances difficiles. »
Elle occupe actuellement un poste de gestion et de supervision au Centre de villégiature Mont-Tremblant et prévoit de poursuivre un MBA.
La famille Bolger
La famille Bolger compte quant à elle six diplômées et diplômés en droit de l’Université d’Ottawa.
« Avant que je ne commence mes études à la Faculté de droit, seul mon beau-frère (lui aussi diplômé de l’Université d’Ottawa) était avocat », raconte David Bolger, (LL.L. 1986, LL.M. 2002), qui a passé 22 ans au ministère de la Justice du Canada et 9 autres comme avocat en droit du travail et de l’emploi à l’Université d’Ottawa, où il a notamment aidé la Faculté à traverser la crise de la COVID-19.
« Ma sœur et lui ont eu quatre garçons : trois sont diplômés en droit de l’Université d’Ottawa, et deux sont maintenant mariés à des juristes ». C’est donc six membres de la famille (dont ma fille Katie) qui ont obtenu leur diplôme ici. »
Katie Bolger (J.D. 2024), qui travaille maintenant en droit de l’emploi, souligne que tous les membres de sa famille qui ont fait leurs études à l’Université d’Ottawa lui avaient dit que « la Faculté était extraordinaire et le programme, incroyable ».
« De plus, je suis une fière Franco-Ontarienne et j’avais la chance de pouvoir étudier la common law dans ma langue maternelle, ce qui a influencé mon choix. »
La famille Seaborn
Claire Seaborn a obtenu son diplôme en 2014, 33 ans après sa mère, Jan de Pencier Seaborn (LL.B. 1981).
« J’ai choisi l’Université d’Ottawa pour son expertise en droit public et ses programmes bilingues. Le fait que ma mère en était diplômée et que l’Université se trouvait près de la résidence d’été de mes parents a achevé de me convaincre! », confie Claire, qui, après avoir passé cinq ans comme conseillère pour des ministres fédéraux, est aujourd’hui avocate du groupe Infrastructures, énergie et ressources de Torys S.E.N.C.R.L., où elle se consacre à des enjeux de réglementation environnementale et à l’avancement de grands projets.
La famille Hepner-Stensholt
Terminons avec une histoire concernant une grand-mère et son petit-fils.
Alex Hepner, étudiant de troisième année, a commencé ses études en droit 44 ans après que sa grand-mère, Ellen Stensholt, a obtenu son diplôme, en 1979.
« Plus jeune, je voyais Ottawa comme une grande ville où je voulais vivre », explique Alex.
« Ma grand-mère parlait avec bonheur de son séjour à Fauteux et ça m’a grandement marqué. Son expérience a assurément influencé mon choix. C’est comme si je poursuivais une tradition familiale tout en forgeant mon propre chemin. »
Ellen a connu une longue carrière au gouvernement fédéral et son fils, Richard Hepner, est également avocat. William, le frère d’Alex, étudie lui aussi le droit, mais à l’Université Dalhousie.
Elle affirme que si elle a eu une quelconque influence sur le choix de carrière de son fils et de ses petits-fils, c’est en leur racontant des histoires inspirées d’affaires délictuelles.
« Je me rappelle avoir raconté à Richard les faits du dossier qui a donné lieu à la loi sur la négligence. Le nom du cas m’échappe, mais il mettait en cause un joueur de cricket qui avait frappé une balle par-dessus le mur entourant le terrain. La balle avait atteint et blessé une femme qui passait à côté du terrain.
« J’ai demandé à mon fils, qui avait huit ans à l’époque, si le joueur de cricket était responsable d’avoir blessé la passante. Il m’a répondu que ça dépendait si le joueur savait qu’il était possible qu’une personne passe par là à ce moment, ce qui est évidemment la base du principe de prévisibilité de la loi de la négligence. »
« Plusieurs années plus tard, j’ai raconté la même histoire à mes petits-fils, qui étudient aujourd’hui tous deux en droit. Ça montre que la common law, au fond, c’est surtout une question de bon sens que même des enfants de huit ans peuvent comprendre. »
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