Une formation en droit porteuse d’espoir, de sens et de possibilités : voilà ce que souhaite la vice-doyenne Daphne Gilbert à la relève

Par Common Law

Communication, Faculté de droit

la professeure Daphne Gilbert
Si la professeure Daphne Gilbert en est à son quatrième mandat comme vice-doyenne du programme de common law en anglais, une constante demeure : son désir profond de contribuer à la réussite des étudiants et étudiantes ainsi qu’à la transformation de l’enseignement du droit.

Membre de la Faculté de droit depuis l’an 2000, l’administratrice s’est bâti une brillante carrière en travaillant à la fois comme avocate, chercheuse et professeure. Ses recherches sur les droits à l’égalité, la justice reproductive, l’aide médicale à mourir (AMM), la violence sexuelle et la sécurité dans le sport ont nourri les discussions sur les questions de droit et d’éthique au Canada. Elle est également active en dehors du milieu universitaire, assurant la vice-présidence des conseils d’administration de Mourir dans la dignité Canada et de Fòs Feminista Canada (une alliance féministe internationale pour la justice reproductive), dans le cadre de laquelle elle travaille directement avec les communautés qui se heurtent à des obstacles juridiques et systémiques.

Cette expérience professionnelle, la professeure Gilbert la met à profit dans ses cours en présentant des cas de personnes abandonnées par leurs systèmes de justice. Ce faisant, elle amène sa classe à aller au-delà de la théorie et à constater l’incidence réelle que peut avoir le droit dans la vie des gens. 

De plus, la vice-doyenne est membre de l’équipe juridique dans deux contestations de la Charte sur l’AMD qui visent à mettre fin à des pratiques discriminatoires. « Je travaille avec des gens qui vivent toutes sortes de situations, et j’en parle [en classe]. Ça rend la théorie très concrète, observe-t-elle. Les étudiants et étudiantes entendent parler de victimes de discrimination, de vraies personnes. La jurisprudence devient alors beaucoup moins impersonnelle. » 

Justice sociale : éliminer les obstacles et créer des occasions d’avancer

Ce que la professeure Gilbert estime le plus de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, c’est l’engagement dont celle-ci fait preuve envers la justice sociale.

« Maintes et maintes fois, notre faculté a répondu présent dans des causes de justice sociale. C’est ce qui nous démarque, » affirme-t-elle. « C’est encourageant de savoir qu’on fournit aux juristes de demain une bonne base en justice sociale et les outils qu’il leur faut pour changer les choses, et de voir leur empressement à mettre tout ça en pratique. » 

Son rôle de vice-doyenne, elle le perçoit comme une façon de perpétuer cet héritage de la Faculté de droit, c’est-à-dire de contribuer à former une relève qui sera à même d’opérer de véritables changements, et ce, quel que soit le domaine professionnel choisi. « Mon souhait, c’est que les étudiantes et étudiants se sentent inspirés à la fin de leurs études universitaires – inspirés d’utiliser leurs nouveaux acquis pour façonner un monde où il fera bon vivre », résume-t-elle.

La professeure Gilbert ne se contente pas de vouloir éliminer les obstacles à la justice sociale : elle reconnaît l’urgence de mettre en place des mesures pour aider les communautés défavorisées en quête d’équité.

« Prévenir la discrimination, c’est une chose », souligne-t-elle, « mais favoriser la participation active et équitable à la société chez tous les pans de la population en est une autre. Et bien souvent, ce sont les inégalités économiques qui sont à l’origine des autres formes d’inégalité. » 

La solution, selon elle, passe par des compétences entrepreneuriales combinées à une conscience sociale. « En développant [chez nos futurs diplômés et diplômés] les compétences nécessaires pour faire de l’argent tout en les sensibilisant aux enjeux de justice sociale – autrement dit, en les amenant à vouloir devenir non pas milliardaires, mais philanthropes –, on les outille pour soutenir financièrement à la fois leur famille et leur collectivité, ce qui favorise du même coup la justice sociale. C’est une transition qui doit s’opérer dans notre société. » 

L’empathie au cœur de l’enseignement

Après avoir obtenu un baccalauréat en droit de l’Université du Manitoba et une maîtrise en droit de l’Université Yale en tant que boursière Fulbright et du Conseil de recherches en sciences humaines, la professeure Gilbert a été auxiliaire juridique auprès du juge en chef Antonio Lamer, à la Cour suprême du Canada, et du juge Robertson à la Cour d’appel fédérale. 

Aujourd’hui, en classe, la professeure enseigne avec le même style qui définit son leadership, c’est-à-dire avec un mélange de réalisme et d’optimisme. Dans les cours qu’elle donne sur le droit pénal et constitutionnel, sur la violence sexuelle et sur l’AMM, le groupe a l’occasion de se pencher sur des questions difficiles et de réfléchir de manière critique aux aspects de l’éthique, de la compassion et de l’équité.

« Quand les étudiants et étudiantes entrent [dans ma salle de cours], c’est avec un sentiment d’urgence, fait-elle remarquer. Beaucoup connaissent personnellement des gens qui ont subi une agression sexuelle, qui ont été victimes de discrimination ou qui errent dans le réseau de la santé. Bref, ces gens arrivent avec ce bagage et veulent savoir comment améliorer les choses. »

Cette énergie qui les anime, c’est ce qui lui donne espoir. « Il s’agit là de nos futurs juristes et juges, et c’est beau de voir une relève si impliquée. Elle veut savoir comment mener un contre-interrogatoire en tenant compte des traumatismes, ou encore comment garantir le droit à un procès équitable en préservant la dignité de la partie plaignante. Elle n’attend pas que quelqu’un d’autre remédie aux lacunes du système; elle apprend comment le faire elle-même. »

Nourrir le lien, l’espoir et la joie 

Malgré la gravité des sujets qu’elle enseigne, la professeure Gilbert est habitée par l’espoir et la joie. 

« J’espère que nos étudiants et étudiantes auront réussi à nouer de longues et fidèles amitiés d’ici la fin de leur parcours universitaire, dit-elle avec un sourire, car les études peuvent paraître bien longues quand on n’a personne sur qui compter ou pour nous faire rire. »

Son conseil aux juristes de demain est simple, mais sincère : inscrivez-vous aux cours qui vous passionnent. « Ne pensez pas à ce qui va apparaître sur votre relevé de notes. Choisissez non pas les cours susceptibles d’impressionner tel ou tel cabinet, mais bien ceux qui feront que vous aimerez être sur les bancs d’école, recommande-t-elle. C’est là que vous trouverez votre flamme, et votre deuxième famille. »

Aux yeux de Daphne Gilbert, les amitiés nées à l’université et les moments de fous rires partagés permettent d’une part de survivre aux études en droit et, d’autre part, de façonner le type de juriste et d’être humain qu’on veut devenir.

« Votre passage à la Faculté de droit devrait vous inspirer des façons de changer le monde, et vous donner la confiance nécessaire pour oser passer à l’action », conclut-elle.