De Glace Bay à Ottawa et retour : le nouveau sous-ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse est un modèle à suivre

Par Stephen Bindman

Executive-in-Residence, Faculty of Law - Common Law Section

Alex Ikejiani, Deputy minister of justice
Alex Ikejiani retourne dans sa Nouvelle-Écosse natale pour y occuper le poste de sous-ministre de la Justice.

Le juriste ottavien, qui est aussi responsable du nouveau programme de certificat pour les conseils d’administration à la Faculté de droit, n’abandonne pas pour autant sa volonté louable de servir la communauté noire, la profession juridique et les étudiantes et étudiants en droit.

De fait, il se sent une responsabilité particulière de poursuivre ce travail de pionnier dans son nouvel emploi de sous-ministre et sous-procureur général de la Nouvelle-Écosse.

Sa nomination a été annoncée le mois dernier par le premier ministre Tim Houston.

« C’est très stimulant de rentrer en Nouvelle-Écosse, a dit Alex Ikejiani. C’est une province qui a toujours été animée d’une grande détermination, et le plus intéressant, à mes yeux, ce sont les gens et les communautés qui l’habitent. Il règne ici une empathie, un optimisme pratique et un désir de collaborer qui représentent, selon moi, l’une des plus grandes forces de la Nouvelle-Écosse. 

« Sur le plan personnel, je me réjouis de pouvoir renouer avec mes proches. Sur le plan professionnel, c’est un privilège de retourner chez moi à une époque où la province se tourne vers l’avenir et cherche à consolider ses institutions. La Nouvelle-Écosse est promise à un brillant avenir, et je suis à la fois ravi et honoré de pouvoir y contribuer par mon travail dans la fonction publique. »

Le spécialiste certifié en environnement retourne dans sa province natale fort de plus de 27 années d’une prestigieuse expérience juridique et réglementaire au sein du ministère de la Justice du Canada.

Ses parents ont quitté le Nigeria pour venir s’installer au Canada au début des années 1970. Son défunt père, le Dr Okechukwu Ikejiani, éminent pathologiste et universitaire, avait étudié au Canada et aux États-Unis dans les années 1930 avant de retourner au Nigeria pour contribuer au développement de la médecine et de l’éducation postsecondaire et au renforcement des institutions nationales essentielles. Sa mère, Patricia Ikejiani, était titulaire d’un diplôme de sociologie et d’un diplôme de criminologie de l’Université du Cap-Breton.

« L’éducation a toujours été une priorité dans ma famille. Mes parents, qui accordaient énormément d’importance à l’apprentissage, m’ont encouragé à faire preuve d’ambition. 

« Ils ont constaté très tôt mon intérêt pour la résolution de problèmes, le débat et les questions d’intérêt public. Ils se doutaient que cela pourrait m’entraîner vers une profession comme le droit. J’ai aussi eu la chance d’avoir deux oncles juristes, dont l’exemple a rendu ce cheminement plus concret. » 

 Alex Ikejiani
« L’exposition précoce à cet univers a aidé à démystifier la profession et renforcé l’idée qu’une carrière dans ce domaine serait un bon moyen de servir le public et de contribuer de manière constructive à la société. »

Alex Ikejiani

— Sous-ministre de la Justice

Alex Ikejiani a grandi à Glace Bay, une localité minière située sur la côte est de l’île du Cap-Breton. 

« J’ai acquis la majeure partie des valeurs que je défends aujourd’hui pendant mon enfance à Glace Bay. J’ai compris très tôt la signification des termes “discipline” et “résilience” et l’importance de la communauté. C’est le genre de leçons qui ne vous quittent jamais. Les gens se soucient les uns des autres, et ils se sentent responsables non pas seulement de leur propre réussite, mais aussi du bien-être de leur entourage. »

Pendant ses études de droit à l’Université Dalhousie, Alex Ikejiani s’est impliqué auprès de la Canadian Association of Black Lawyers (CABL) et a occupé les postes de président de la section locale de l’Association des étudiants noirs en droit du Canada et de vice-président pour la région de l’Est au niveau national, et il a participé à l’organisation de conférences nationales et d’initiatives connexes.

« Dès le départ, la CABL a activement contribué au mentorat des étudiantes et étudiants et des juristes noirs, et au renforcement de la profession dans son ensemble. C’était à la fois une source d’encouragement et un point de repère pour moi au début de ma carrière. C’est quelque chose dont je suis profondément reconnaissant. »

Après avoir décroché son diplôme à l’Université Dalhousie, il a travaillé dans l’équipe du ministère de la Justice du Canada chargée du Portefeuille du droit des affaires et du droit réglementaire, où il s’est spécialisé dans le droit de l’environnement, les poursuites en matière réglementaire et la gestion des ressources et des océans.

L’homme de 54 ans, père de deux enfants, s’intéresse notamment aux facteurs ESG, à l’évaluation des risques et à la gouvernance des conseils d’administration. Il siège aux conseils d’administration de Sport Intégrité Canada et de L’éducation au service de la Terre. 

Alex Ikejiani se spécialise en droit de l’environnement et en conformité réglementaire, et il offre des services-conseils dans le cadre de projets d’envergure dans les secteurs de l’énergie (renouvelable et non renouvelable) et de l’exploitation minière et pétrogazière, entre autres. 

Membre du Barreau de l’Ontario spécialisé en droit de l’environnement, il a agi à titre d’avocat principal dans le cadre d’importantes initiatives fédérales, notamment l’adoption des règlements sur les zones de protection marine en vertu de la Loi sur les océans.

À Ottawa, il a participé à la création de la section locale de la CABL et continué de mentorer des étudiantes et étudiants et des membres plus jeunes.

« L’association a beaucoup influencé mon cheminement professionnel, et j’ai toujours senti qu’il était de mon devoir d’offrir à la prochaine génération le soutien que j’ai moi-même reçu. »

À l’Université d’Ottawa, son expertise interdisciplinaire l’a amené à donner des cours sur le droit, les sciences et la gestion. 

« Je pense que l’idée d’être un modèle est intéressante. Car qu’on le veuille ou non, on a toutes et tous un rôle à jouer à cet égard. 

« Je sens que j’ai une certaine responsabilité envers ma famille, ma communauté et la jeune génération. Mes comportements doivent refléter les valeurs avec lesquelles j’ai été élevé et les normes de la profession. 

« Je pense surtout qu’il est utile de montrer à la relève étudiante et aux jeunes professionnels que le succès est à leur portée et qu’il existe une multitude de parcours différents dans la profession juridique et la fonction publique. Les encouragements, les conseils pratiques et la simple volonté de faire profiter autrui de son expérience peuvent changer la donne. 

« Je reste en contact avec des diplômés de différentes facultés. Je les accompagne alors qu’ils commencent à pratiquer, entrent dans la fonction publique, siègent à des conseils d’administration ou démarrent leur propre cabinet. C’est un engagement qui m’apparaît comme un privilège et que je prends très au sérieux. » 

Dans une interview à CBC, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse Tim Houston a dit qu’il connaissait Alex Ikejiani par des amitiés communes.

« C'est une personne extrêmement talentueuse », a déclaré le premier ministre. 

« Chaque fois que l'on a la chance de pouvoir compter sur une personne compétente qui se soucie de la province pour aider à diriger le gouvernement, c'est une bonne chose. Je suis donc très heureux. » 

Me. Ikejiani est parfaitement conscient de l'histoire complexe de sa province natale dans ses relations avec les communautés noires et aborde son nouveau rôle avec « un sens aigu des responsabilités et du respect pour l'institution et la fonction publique en général.  

« Le fait de réfléchir à ceux qui ont occupé des postes similaires avant moi renforce l'importance de la continuité, de la gestion et du professionnalisme au sein de la haute direction. Servir dans la fonction publique de la Nouvelle-Écosse est à la fois significatif sur le plan personnel et professionnel, en particulier en raison de la confiance qui accompagne la supervision d'institutions qui comptent beaucoup pour les Néo-Écossais.  

« Je suis également conscient du contexte plus large qui entoure la représentation au sein des hautes sphères de la direction, et cette prise de conscience renforce pour moi l'importance d'aborder ce poste avec humilité, professionnalisme et une volonté claire de servir le public. 

« Mon objectif est de servir les Néo-Écossais, de renforcer le système judiciaire et de soutenir les fonctionnaires dévoués de tout le ministère qui accomplissent ce travail au quotidien. Je ne considère pas cela comme une étape personnelle importante, mais comme une occasion de contribuer à la santé et à l'intégrité à long terme d'une institution qui compte profondément pour les personnes qu'elle sert. » 

Steve Higham, directeur principal, Innovation et stratégie, à la faculté, a travaillé en étroite collaboration avec Alex au cours des deux dernières années à l'élaboration du certificat. 

« Il fait partie des collègues les plus positifs, les plus attentionnés et les plus professionnels avec lesquels j'ai eu le plaisir de travailler », déclare M. Higham.  

« Je considère Alex comme un collègue, un mentor et un ami. Je suis ravi pour lui personnellement et sincèrement heureux pour la province de Nouvelle-Écosse.

Steve Higham
« Few people combine professionalism, approachability, and a deep commitment to justice as consistently as Alex does. »

Steve Higham

— Senior Lead, Business Strategy and Planning

Le certificat du conseil d'administration : gouvernance juridique et éthique est un programme axé sur la pratique conçu pour aider les professionnels à acquérir des connaissances juridiques, un jugement éthique et des compétences en matière de gouvernance. Ce programme intensif, basé sur des études de cas, fournit aux cadres et aux professionnels des stratégies pratiques de gouvernance adaptées au contexte canadien, ainsi que des techniques de gestion de crise et des compétences en résolution de conflits qui sont essentielles dans les environnements complexes des conseils d'administration d'aujourd'hui. 

« Alex parle souvent sans détour de l'importance qu'aurait eue une formation en matière de conseil d'administration au début de sa carrière. Cette perspective a été un principe directeur dans l'élaboration du certificat du conseil d'administration, afin de garantir que le programme offre une formation pratique de haute qualité, accessible et flexible. » 

Garrick Apollon, directeur de l'entrepreneuriat et de l'innovation à la faculté, connaît Alex depuis plus de 20 ans, d'abord en tant que mentor, puis en tant qu'« ami de confiance ». 

« Dès le début de ma carrière juridique, ses conseils m'ont aidé à façonner mon approche des questions juridiques complexes, et au fil du temps, notre relation est devenue véritablement réciproque : nous avons appris l'un de l'autre. C'est une personne très confiante, mais humble », explique Me. Apollon.

Garrick Apollon
« Alex has always embodied a growth mindset. Like me, he was a varsity athlete —I played football and he played university basketball, and that competitive spirit for constant improvement has followed him into his legal career. »

Garrick Apollon

— Directeur de l'entrepreneuriat et de l'innovation

« Je suis extrêmement fier d’Alex. La Nouvelle-Écosse a la chance de pouvoir compter sur une personne de son calibre dans ce rôle, et je sais qu’il apportera réflexion, intégrité et vision au système de justice. »

Devenir sous-ministre de la Justice et sous-procureur général est une formidable réussite, estime Me. Apollon, qui ajoute : « Cela reflète non seulement l'intelligence et l'éthique professionnelle d'Alex, mais aussi sa grande expertise en tant que spécialiste du droit de l'environnement, un titre qui exige une rigueur exceptionnelle. » 

« Je suis extrêmement fier d'Alex. La Nouvelle-Écosse a la chance d'avoir quelqu'un de son calibre à la tête de ce poste, et je sais qu'il apportera sa réflexion, son intégrité et sa vision au système judiciaire. »