« La soirée était pleine de vie », mentionne Ibrahim Poulos, l’un des organisateurs, à propos de cette rencontre tenue récemment, intitulée Mille et une nuits. Ibrahim est étudiant de troisième année au programme de Juris Doctor et coprésident de l’Association des étudiants en droit du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (AEDMOAN).
« Nous voulions créer quelque chose de joyeux et de familier. Le parcours en droit est intense et très structuré, alors nous voulions une soirée chaleureuse et festive. »
Le décor, la musique, les parfums dans l’air… le comité organisateur a tout mis en œuvre pour que l’événement ne ressemble en rien à un rassemblement classique de juristes en herbe. Ibrahim Poulos participe à l’organisation de cet événement depuis sa première année d’études en droit, lorsqu’il représentait sa cohorte à l’AEDMOAN.
« Je suis fier de voir cette activité prendre de l’ampleur avec les années et de constater à quel point elle plaît vraiment aux gens », affirme-t-il.
Plus de 60 associations et organismes étudiants ont élu domicile au pavillon Fauteux. Certains sont fondés sur des intérêts, d’autres sur une appartenance culturelle, mais tous offrent à la communauté étudiante en droit l’occasion de nouer des relations, d’apprendre et de s’épanouir. La soirée annuelle Mille et une nuits de l’AEDMOAN est aussi ancrée dans la création de liens, le mentorat et la représentation au sein de la profession juridique.
Une communauté qui répond à un besoin
Fondée en octobre 2023, l’AEDMOAN produit déjà des retombées concrètes malgré sa relative jeunesse, ayant été créée pour combler un vide ressenti par bon nombre de membres de la Faculté de droit, à savoir un bon réseau de soutien culturel.
Ali Zankar (J.D. 2024) explique ce qui l’a motivé à cofonder et à assurer la coprésidence inaugurale de l’Association :
« Nous voulions créer une ressource, un milieu pour les étudiantes et étudiants du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord afin de renforcer le sentiment de communauté dans la profession et de s’entraider. »
Forte de l’expérience de l’ancien regroupement – l’Association des étudiants en droit du Moyen-Orient (MELSA) –, l’AEDMOAN est devenue un groupe dynamique et inclusif qui rassemble maintenant chaque année une soixantaine d’étudiantes et étudiants, en plus de son vaste réseau de personnes diplômées et de juristes.
Un lieu d’appartenance propice à la réussite
L’autre coprésidente de l’Association, Joudy Azrak, étudiante de troisième année, souligne l’importance de l’expression identitaire dans les espaces universitaires.
« Faire des études en droit, c’est très exigeant, dit-elle. Si on sent qu’on doit renoncer à des parties de soi pour se faire accepter, c’est encore plus difficile. Quand on peut être soi-même, on apprend mieux. On contribue davantage. C’est un atout pour toute la classe aussi. »
Pour Joudy, arrivée au Canada avec le statut de réfugiée syrienne, la visibilité culturelle n’est pas qu’une question de célébration, c’est un élément qui favorise la confiance en soi et la réussite scolaire.
« Elle signale que vous avez votre place ici, pas à cause de vos racines, mais grâce à elles, affirme-t-elle. Quand un club ou une activité vous rappelle que vos origines et votre vision du monde comptent par ici, ça vous donne la confiance de vous exprimer, de prendre votre place et de poursuivre vos ambitions. »
Des premiers contacts à l’établissement d’une communauté durable
Ibrahim et Joudy s’impliquent dans l’AEDMOAN depuis les balbutiements de l’Association et leur première année d’études. L’un comme l’autre décrochera son diplôme en juin et ne cache pas sa fierté d’avoir contribué à l’essor de l’organisation et au sentiment d’appartenance qui s’est installé au pavillon Fauteux.
« J’ai vu des étudiants et des étudiantes de première année arriver tout timides à leur première rencontre de l’asso et, à la fin de la soirée, échanger leurs numéros et s’organiser pour étudier ensemble », se remémore le coprésident.
« En m’impliquant depuis ma première année, j’ai pu me tisser un réseau serré dans toute la Faculté, ajoute-t-il. Grâce à lui, l’école de droit m’a paru moins intimidante et plus accueillante. »
Cet esprit de continuité est l’une des qualités distinctives de l’AEDMOAN : elle ne propose pas qu’une série d’activités, mais un réseau de soutien évolutif qui vous accompagne tout au long de vos études juridiques.
« Je suis tout particulièrement fière de notre rencontre de réseautage annuelle », affirme Joudy en parlant de l’une des activités phares de l’Association, qui s’est tenue le 27 mars.
Nous invitons des avocates et avocats du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et de divers milieux professionnels à venir rencontrer les étudiantes et les étudiants, explique-t-elle. C’est l’occasion pour eux de se renseigner sur les avenues professionnelles, le recrutement ou la vie de juriste quand on vient de cette région du monde. »
En plus de la rencontre de réseautage, l’AEDMOAN offre un programme de mentorat grâce auquel on peut obtenir des conseils individuels tout au long de l’année universitaire auprès d’une professionnelle ou d’un professionnel du droit originaire de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
C’est grâce à de telles initiatives que les étudiantes et étudiants peuvent développer leur sentiment d’appartenance et se reconnaître dans leur future profession.
Une présence croissante à la Faculté de droit
En à peine trois ans, l’AEDMOAN s’est imposée comme une composante essentielle de la communauté étudiante en droit, qui adhère aux valeurs d’inclusion, de collaboration et d’excellence.
« Félicitations aux esprits visionnaires qui ont reconnu la nécessité de créer cette communauté et qui, en l’espace de trois ans, ont fait de l’Association des étudiants en droit du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord l’organisme dynamique et florissant qu’il est devenu aujourd’hui! Nous sommes fiers de ce que vous avez créé », s’est exclamée la doyenne Kristen Boon lors d’une allocution à la rencontre de réseautage.
Au pavillon Fauteux, les organismes comme l’AEDMOAN montrent que la pleine expression de l’identité favorise non seulement la réussite, mais contribue aussi à renforcer la profession juridique et à la rendre plus inclusive.