Alors que nous entamons une nouvelle année universitaire, je vous écris pour vous informer que j’ai décidé de ne pas solliciter le renouvellement de mon mandat à titre de doyenne.
Je terminerai mon mandat le 15 avril 2027, soit cinq ans après mon entrée en fonction en avril 2022.
Je suis extrêmement fière de faire partie d’une université bilingue, au sein d’un environnement juridique qui reflète toute la richesse et le caractère de cette nation. En tant que Canadienne ayant grandi dans l’intérieur de la Colombie-Britannique et ayant cherché à saisir les occasions d’apprendre le français, d’étudier au Québec comme en France et de continuer à travailler professionnellement en français, la possibilité de servir cette communauté a eu pour moi une grande importance sur le plan personnel.
Il n’existe aucune autre faculté de droit au pays comme la nôtre, et cette singularité est une richesse que nous devons chérir.
Au cours de mon mandat au sein de notre Faculté, nous nous sommes efforcé.es de favoriser un environnement qui encourage la réflexion critique et l’excellence en recherche, qui soutient les occasions d’exprimer une diversité de points de vue et qui permet de trouver un juste équilibre entre le respect de notre héritage et l’ouverture au changement.
Nous évoluons dans un domaine qui connaît des transformations rapides, et notre Faculté jouit à juste titre d’une réputation de chef de file international en matière d’innovation. À mon avis, l’intelligence artificielle (IA) bouleverse la pratique du droit tout en soulignant l'importance de la formation juridique.
Les facultés de droit continueront de jouer un rôle fondamental : la rigueur analytique, la défense des intérêts des client·es avec conviction, fondée sur une compréhension contextuelle des principes juridiques, ainsi que l’excellence des compétences à l’écrit comme à l’oral sont au cœur de ce que nous valorisons dans la formation juridique.
Les quatre dernières années ont été une période de transition et de croissance pour la Section de common law. Ensemble, nous avons :
- recruté dix nouvelles et nouveaux professeur·es menant à la permanence;
- renforcé la collaboration interdisciplinaire grâce à la tenue régulière de déjeuners de recherche avec la doyenne
- développé des réseaux auprès de nos diplômé·es dans les principaux centres juridiques d’Amérique du Nord, renouant ainsi les liens entre notre Faculté et les personnes remarquables qu’elle a formées et qui contribuent aujourd’hui à la société partout dans le monde;
- poursuivi nos efforts en matière de réconciliation et de décolonisation grâce à l’introduction de nouveaux cours obligatoires, tout en offrant du mentorat aux étudiant·es autochtones de la Faculté;
- accueilli une population étudiante de l’après-COVID ayant des besoins particuliers;
- amorcé et mené à terme un plan stratégique ainsi qu’un plan d’action en matière d’IDEA (inclusion, diversité, équité et accessibilité), qui définissent non seulement la direction que prend la Section, mais aussi les valeurs qui l’animent;
- accueilli une nouvelle direction administrative, soit une nouvelle personne à la tête de l’administration, et intégré de nouvelles personnes clés au sein de l’équipe;
- mis en place les infrastructures nécessaires et mené des projets pilotes pour de nouveaux programmes qui permettront d’élargir de façon importante l’offre de la Faculté destinée aux étudiant·es aux parcours non traditionnels, notamment grâce à un cours sur la gouvernance des conseils d’administration;
- élaboré un nouveau programme de maîtrise en droit en ligne (E-LLM), en collaboration avec la Section de droit civil, dont la mise en œuvre est prévue pour 2027-2028;
- renforcé les liens de la Faculté avec les cours d’appel partout au pays, en soutenant les parcours de nouvelles et nouveaux plaideur·euses et en favorisant l’excellence en plaidoirie orale;
- mis à jour les politiques de la Faculté ainsi que ses processus de gouvernance;
- lancé de nouvelles cliniques, notamment une clinique d’entrepreneuriat visant à promouvoir la justice économique, ainsi qu’une clinique destinée aux entreprises en démarrage;
- recueilli des fonds et créé trois nouvelles chaires professorales de la doyenne afin d’offrir un soutien aux professeur·es à mi-carrière;
- accueilli un nombre record de nouvelles et nouveaux étudiant·es au programme PCLF;
- adopté d’importants changements afin de moderniser et de diversifier le programme d’études de première année en anglais;
- maintenu la position de l’Université d’Ottawa parmi les cinq meilleures facultés de droit au pays;
- recueilli près de 4 millions de dollars au profit de nos étudiantes et étudiants et de la Faculté de droit (Section de common law). En 2026, un nombre record de plus de 90 distinctions ont été décernées, permettant à 50 étudiantes et étudiants de bénéficier d’une ou de plusieurs bourses, pour un montant moyen de 9 300 $ par bénéficiaire. Cela représente une augmentation de plus de 40 % des fonds versés directement aux étudiantes et étudiants, renforçant ainsi notre capacité à attirer et à soutenir la prochaine génération de leaders du monde juridique.
Je tiens à remercier les membres du personnel, les étudiant·es et les professeur·es pour leur participation constructive à ces processus qui se sont échelonnés sur plusieurs années. L’un des faits saillants de cette expérience a été de rencontrer les diplômé·es de notre Faculté, qui se sont distingué.es dans des parcours professionnels aussi diversifiés. J’ai trouvé la variété des carrières qu’ils et elles ont choisies particulièrement inspirante : les diplômé·es de l’Université d’Ottawa exercent dans tous les domaines du droit, en plus de devenir juges, fonctionnaires, entrepreneur·es, politicien·nes, professeur·es ou de travailler au sein d’organisations non gouvernementales.
Je tiens à exprimer toute ma gratitude envers nos étudiant·es et les membres de notre personnel pour leur créativité, leur engagement et leur dévouement. Je suis profondément inspirée par les nombreux membres du corps professoral dont l’énergie et le sens de la mission m'animent au quotidien. Je remercie chaleureusement nos diplômé·es, dont l’investissement dans cette communauté — que ce soit par leur temps, leur générosité ou leur volonté de redonner à leur tour — a rendu possible une si grande partie de ce que nous avons accompli.
L’Université annoncera sous peu les prochaines étapes du processus de recherche d’une nouvelle personne au décanat. À la fin de mon mandat à titre de doyenne, je prendrai un congé administratif et retournerai à mes fonctions de professeure. En tant que spécialiste du droit international et du droit des contrats, je me réjouis à l’idée de continuer à contribuer aux discussions internationales sur la gouvernance, la responsabilité et le règlement des différends, dans ce contexte de transformation géopolitique.
Je suis fière du travail que nous avons accompli ensemble pour promouvoir la Faculté, accroître sa visibilité et son rayonnement, et mieux faire connaître à l’échelle mondiale son travail en matière de justice sociale et économique, notamment son engagement en faveur de la représentation de l’ensemble de la population canadienne.
Avec toute ma gratitude,
Kristen Boon
Doyenne Susan-et-Perry-Dellelce, Université d'Ottawa, Section de common law