La professeure Karen Eltis rejoint une équipe de recherche qui se penche sur l’usage de contenus générés par l’IA devant les tribunaux

Karen Eltis
Alors que les contenus synthétiques générés par l’intelligence artificielle se multiplient devant les tribunaux, la professeure Karen Eltis, de la Section de droit civil, rejoint une équipe de recherche de l’Institut canadien de recherches avancées (CIFAR) qui développera un outil spécialisé pour les détecter.

Ce vaste projet a reçu 700 000 $ de financement du Programme de recherche de l’Institut canadien de la sécurité de l’intelligence artificielle au CIFAR (ICSIA) pour soutenir ces travaux de recherche et de développement.

Les preuves et les soumissions synthétiques incluent notamment de fausses images ou vidéos, ainsi que des documents judiciaires rédigés à l’aide de grands modèles de langage comme ChatGPT, qui peuvent contenir des informations erronées et créer de nombreux autres problèmes épineux.

« La sophistication croissante des contenus générés par l’IA pose des défis significatifs pour la justice, tant individuels qu’institutionnels, car l'intégrité des preuves et l'indépendance de la justice sont primordiales », souligne Karen Eltis.

« Des affaires récentes, y compris au Canada, soulignent l’importance d’agir pour le maintien de la confiance du public et pour favoriser l’accès à la justice à l’ère numérique », ajoute-t-elle.

Un outil gratuit et développé en collaboration avec le milieu juridique

L’équipe de recherche du CIFAR, appelée « Réseau de solutions », œuvrera à la conception et au déploiement d’un outil de vérification des preuves et documents synthétiques, conçu spécifiquement pour le système judiciaire et alimenté par l’IA. Il sera offert gratuitement, et son code source sera librement accessible.

Le Réseau de solutions collaborera notamment avec des juristes et des juges pour s’assurer que cet outil soit adapté aux règles procédurales et à la réalité des salles d’audience.

Le projet est codirigé par Ebrahim Bagheri, professeur à l’Université de Toronto, et par Maura R. Grossman, professeure à l’Université de Waterloo et à Osgoode Hall Law School. En plus de la professeure Eltis, l’équipe réunit des chercheurs et des chercheuses de l’Université de la Colombie-Britannique, de l’Université Western et de l’Université de Waterloo.

Un autre Réseau de solutions, qui se penche sur les biais dialectaux des grands modèles de langage et les inégalités linguistiques, a également été créé par le CIFAR.

En misant sur l’innovation et la collaboration interdisciplinaire, ce projet démontre que le travail scientifique peut générer des solutions tangibles aux défis contemporains. La professeure Eltis et l’équipe du CIFAR illustrent comment la recherche menée à la Section de droit civil contribue à une justice plus fiable et mieux outillée pour l’avenir.