Simon Klee
Un doctorant de la Faculté de droit s’est démarqué sur la scène internationale. Simon Klee a remporté le Prix « Jeune Chercheur » de l’Association française de droit de la sécurité et de la défense (AFDSD), décerné à la suite de sa participation au 13e colloque annuel de l’association, tenu à Reims les 25 et 26 septembre.

Ce prix récompense la meilleure présentation effectuée par un doctorant ou jeune docteur dans le cadre de ce colloque.

Le jury a souligné la qualité de l’intervention de Simon Klee, consacrée à l’analyse juridique de l’Union Falepili, un traité récemment conclu entre l’Australie et Tuvalu sur des enjeux liés aux changements climatiques et à la sécurité.

Mobilité climatique et droit de veto : un accord inédit 

Au cœur de l’Union Falepili, l’Australie s’engage à reconnaître le territoire de Tuvalu même en cas de submersion liée aux changements climatiques et à accueillir chaque année un contingent de personnes tuvaluanes. En contrepartie, Tuvalu accorde à l’Australie un droit d’accès à son territoire ainsi qu’un droit de veto sur les accords de sécurité que Tuvalu pourrait conclure avec des États tiers.

« C’est intéressant, parce qu’il y a à la fois des questions environnementales et climatiques, et des considérations liées à la sécurité et à la défense », explique Simon Klee. 

« Une des idées principales de mon intervention, c’est de démontrer qu’une des préoccupations principales des États insulaires du Pacifique en matière de sécurité nationale, ce sont les changements climatiques », souligne-t-il.

L’Union Falepili est inédite à plusieurs égards : il s’agit du premier accord de mobilité climatique et du premier accord octroyant un droit de veto à un autre État sur les engagements sécuritaires d’un pays souverain.

Le doctorant observe par ailleurs que le mécanisme de veto a un objectif géopolitique clair : « C’est la Chine qui est visée. La Chine a déjà signé des accords de sécurité avec des pays de la région. » L’Union Falepili constituerait ainsi, selon lui, « une façon d’ancrer Tuvalu au sein du clan occidental ».

Des recherches sur l’encadrement juridique de la collecte de renseignements

La présentation de Simon Klee au colloque de l’AFDSD s’inscrit plus largement dans ses recherches doctorales sur l’encadrement, par le droit international, des activités de collecte de renseignements mises en place par les États. 

L’Union Falepili est non seulement un accord de mobilité climatique, mais un accord de sécurité et défense, rappelle-t-il. « On peut penser que l’Australie va utiliser le territoire de Tuvalu pour collecter du renseignement, notamment à l’égard de la Chine dans la région », précise-t-il. Tuvalu dispose d’un territoire terrestre réduit, mais son espace maritime est considérable.

 « Ça pose plein de questions juridiques sur les responsabilités respectives de l’Australie et de Tuvalu, ainsi que sur la conformité de leurs actions au droit international », affirme-t-il. 

Une expérience formatrice

« Le prix, c’est une cerise sur le gâteau, mais au-delà de ça, l’expérience de présenter lors du colloque était vraiment enrichissante. C’est formateur comme jeune chercheur de prendre la parole devant des gens expérimentés, d’avoir leur retour et d’échanger avec des spécialistes de mon domaine », explique Simon Klee.  

Diplômé en 2020 d’un LL.M. de l’Université d’Ottawa et d’un Master 2 de l'Université d'Aix-Marseille en droit international public, Simon Klee est depuis 2021 doctorant en cotutelle internationale entre les Universités d’Ottawa et d’Aix-Marseille, sous la direction des professeurs Craig Forcese et Rostane Mehdi. 

Le parcours et les distinctions de Simon Klee illustrent l’ambition des études supérieures à la Faculté de droit : former des juristes-chercheurs capables d’éclairer les plus grands enjeux de sécurité mondiale de notre époque, notamment ceux liés au climat et à la géopolitique.