Tawny Allison et Chanel Carlson, diplômées en 2021 et coprésidentes de l’ILSA de 2020 à 2021, ont joué un rôle de premier plan dans cette transformation, qui a redéfini en profondeur la façon dont les étudiantes et étudiants autochtones contribuent aux activités de l’établissement.
« La transition de l’ILSA à la GÉAD s’inscrivait dans une volonté de rompre avec un modèle de club étudiant qui n’accordait à la communauté autochtone qu’une place symbolique sans réellement reconnaître son pouvoir, sa voix ou ses systèmes de gouvernance », explique Tawny Allison.
La création de la GÉAD a permis d’instaurer une structure organisationnelle conçue par les étudiantes et étudiants autochtones et fondée sur la reconnaissance des lois, des responsabilités et des pratiques de gouvernance des peuples autochtones. La reconnaissance par la Faculté a permis à la communauté étudiante autochtone de s’affirmer et de participer réellement aux processus décisionnels.
« Ce changement revêtait une importance particulière, car les étudiantes et étudiants autochtones formaient désormais un collectif pouvant pleinement participer à l’orientation de l’Université. »
Tawny Allison (J.D. 2021)
— Cadre supérieure au service de la gouvernance de la Première Nation de Walpole Island
« Cinq ans plus tard, je me réjouis de voir la GÉAD toujours à l’œuvre et continuer de rassembler les gens, de s’affirmer et de faire valoir l’importance de prendre sa place. »
Chanel Carlson (J.D. 2021)
— Avocate associée au cabinet Olthuis Kleer Townshend LLP
Pour Tasha Simon, spécialiste principale des programmes autochtones, cet anniversaire représente une étape importante tant sur le plan professionnel que personnel. Ancienne membre de laGÉAD , Mme Simon est une témoin directe de l’évolution de cette association étudiante vers une structure de gouvernance étudiante.
« Ce fut un honneur d’assister aux progrès considérables réalisés par la GÉAD, notamment par son action en faveur de l’expérience des étudiants en droit autochtones », poursuit -Mme Simone « Ce fut un privilège de travailler à leurs côtés pour faire avancer des initiatives qui ont du sens pour les étudiants. »
En réfléchissant au parcours du leadership étudiant autochtone au sein de la faculté, déclare-t-elle : « J’ai l’impression que la boucle est bouclée. Je suis passée du statut de membre de l’ILSA, qui aspirait à voir la souveraineté autochtone reconnue au sein de la faculté de droit, à celui de collaboratrice au sein de la faculté, travaillant avec l’ILSG pour faire avancer ce travail. »
Au cours de ses cinq premières années, la GÉAD a instauré des changements durables grâce aux efforts de promotion d’intérêts, à l’élaboration de politiques, à des mesures pour soutenir la population étudiante et à des initiatives de développement communautaire visant à améliorer l’expérience des étudiantes et étudiants autochtones en droit.
Shelby Wilson (anciennement Empey) et Polsia Carrozza, diplômées en 2023 et coprésidentes du regroupement durant leur dernière année d’études en droit, se sont employées à réduire les obstacles à la formation des juristes tout en renforçant les mécanismes de soutien offert aux apprenantes et apprenants autochtones.
« Faire des études en droit et surtout se procurer les manuels requis peut coûter les yeux de la tête, soulignent Shelby et Polsia. Nous cherchions des moyens concrets d’aider les étudiantes et étudiants, tant sur le plan financier qu’au moyen de programmes de mentorat. Nous souhaitions nous assurer que toutes les apprenantes et tous les apprenants autochtones disposent de conditions propices à la réussite, et ce, dès le début de leur parcours. »
Au nombre des initiatives mises en œuvre durant leur mandat figurait un partenariat avec le cabinet Osler, Hoskin & Harcourt S.E.N.C.R.L./s.r.l., qui visait à offrir une aide financière à des étudiantes et étudiants autochtones pour l’achat de manuels et certains droits de scolarité. Les deux coprésidentes ont également lancé une collecte de fonds annuelle et un concours à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation (aussi appelée la Journée du chandail orange), le 30 septembre. Chaque année, une œuvre originale d’une ou d’un artiste est reproduite sur des t-shirts orange pour souligner cet événement. Les fonds recueillis grâce à la vente des t-shirts servent à soutenir des entreprises et des initiatives caritatives autochtones, en plus de sensibiliser les gens aux répercussions des pensionnats et au cheminement continu vers la vérité et la réconciliation.
« En faisant valoir la nécessité d’obtenir un financement pérenne pour la GÉAD, on tenait à rappeler que la réconciliation est une responsabilité collective. »
Shelby Wilson (J.D. 2023)
— Sociétaire, Litiges, au cabinet Osler, Hoskin & Harcourt S.E.N.C.R.L./s.r.l.
« Notre objectif était d’aider la communauté étudiante en droit à se familiariser avec les perspectives autochtones, tout en bonifiant la visibilité et le soutien offerts aux personnes autochtones. »
Polsia Carrozza (J.D. 2023)
— Avocate au cabinet Borden Ladner Gervais S.E.N.C.R.L., S.R.L.
Au-delà de ces initiatives, on estime que l’une des principales contributions de la GÉAD a été de créer une communauté étudiante où les personnes autochtones pouvaient se rassembler, s’épauler et développer un sentiment d’appartenance pendant leurs études en droit.
Pour l’ancienne coprésidente Lauren Aussant, ce sentiment d’appartenance à une communauté s’est avéré l’un des aspects les plus marquants de son expérience en droit.
« La GÉAD m’a apporté une communauté, un encadrement et de précieuses amitiés. »
Lauren Aussant (J.D. 2026)
« Le regroupement est un exemple concret d’autogouvernance, d’autodétermination et de leadership autochtones, affirme Lauren Aussant.
« En faisant partie d’une structure de gouvernance étudiante reconnue, poursuit-elle, ancrée dans des valeurs autochtones communes et des traditions diversifiées, j’ai pu contribuer, ne serait-ce que modestement, à l’avancement de l’autonomie gouvernementale des peuples autochtones au Canada. »
Cet engagement à construire des bases solides pour les futures générations de leaders étudiants s’est concrétisé par l’achèvement récent de la constitution de la GÉAD, un projet auquel le coprésident sortant Ben Surmachynski a contribué pendant plusieurs années. « Ce fut une démarche complexe, se souvient-il, où il nous a fallu mettre nos processus par écrit et convenir d’un libellé suffisamment souple pour couvrir des circonstances imprévues. Nous devions peser nos mots pour qu’ils permettent une interprétation large. »
« Nous voulions nous assurer que les futurs membres de la GÉAD disposaient de la marge de manœuvre nécessaire pour bien faire les choses. »
Ben Surmachynski (J.D. 2026)
Rédigée sur une période d’environ trois ans, la constitution établit un cadre de gouvernance officiel qui vise à encadrer les futurs leaders étudiants tout en conservant la flexibilité nécessaire pour répondre aux besoins à venir.
La doyenne Kristen Boon admirative de la façon dont la GÉAD a « bâti cette organisation à sa manière, en élaborant des règles de gouvernance qui reflètent les traditions décisionnelles et les valeurs de leurs communautés », met en lumière les contributions significatives que ses membres apportent au-delà des salles de classe. « Je tiens à remercier [la GÉAD] d’avoir pris sa place à la table des discussions et de contribuer si activement à des questions importantes, notamment le recrutement des enseignants. Leur leadership et leur engagement renforcent considérablement notre corps enseignant.»
Alors que s’amorce un nouveau chapitre pour la GÉAD, les nouvelles coprésidentes Emily Paul et Jessica Howson entendent s’appuyer sur les bases posées par les personnes qui les ont précédées.
Emily Paul, qui entame sa deuxième année de droit, explique que le regroupement a largement influencé sa décision de quitter la côte Est pour venir s’installer à Ottawa.
« La GÉAD, c’est une communauté de personnes dévouées qui ont le désir de faire œuvre utile. »
Emily Paul
— 2026-2027 co-président de la GÉAD
Jessica Howson, qui s’est jointe à la GÉAD en septembre, retient avant tout le fort sentiment de communauté qu’elle a trouvé. « J’ai pu nouer des liens solides et me sentir soutenue pendant mes études en droit. »
Elle insiste sur le rôle que joue le regroupement pour assurer la présence et la prise en compte des points de vue autochtones au sein des établissements d’enseignement.
« Les voix autochtones sont souvent reléguées au second plan ou exclues, et il est impératif que nos expériences, nos valeurs et nos perspectives soient pleinement représentées à l’Université. »
Jessica Howson
— 2026-2027 co-président de la GÉAD
Pour la suite, les coprésidentes entrantes espèrent que le modèle de gouvernance étudiante autochtone de la GÉAD continuera de rayonner et d’inspirer d’autres établissements à emboîter le pas.
Cinq ans après sa création, le regroupement illustre avec force comment le leadership étudiant peut transformer les universités. En militant pour accroître la représentation autochtone, améliorer les mesures de soutien à la communauté étudiante et mettre en place des structures de gouvernance durables, les étudiantes et étudiants autochtones en droit n’ont pas seulement transformé leur expérience à la Faculté de droit, mais la Faculté elle-même.
Comme le souligne la diplômée Tawny Allison, l’histoire de la GÉAD est avant tout une histoire de résilience, de responsabilité et de renouveau. « Notre présence n’a jamais été le fruit du hasard, mais s’inscrit plutôt dans une histoire bien plus vaste de survie, de responsabilité et de renouveau », explique-t-elle.