Une jeune femme se tient debout devant un tableau noir, appuyée contre un bureau
Une doctorante en droit à l’Université d’Ottawa a été sélectionnée comme boursière de la prestigieuse Fondation Pierre Elliott Trudeau.

Maya Gazit, dont les travaux portent sur le droit constitutionnel comparé, la théorie constitutionnelle et les études de la démocratie, fait partie des 18 doctorantes et doctorants récemment récompensés par la Fondation qui porte le nom de l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau.

« C’est un honneur de recevoir la bourse de la Fondation Trudeau et je suis reconnaissante de pouvoir poursuivre mes recherches sur la démocratie constitutionnelle à l’Université d’Ottawa, affirme-t-elle. À l’heure actuelle, le recul démocratique touche des pays partout dans le monde, et le droit constitutionnel comparé me semble essentiel pour comprendre les dynamiques et trouver les mécanismes institutionnels susceptibles de les contrer. Durant cette période trouble, il est particulièrement important d’étudier les moyens de protéger les institutions démocratiques contre les abus commis au sein même du système constitutionnel. »

Maya Gazit est titulaire d’un L.L.M. en théorie du droit de l’Université de Toronto ainsi que d’un baccalauréat en droit (L.L.B.) et d’une maîtrise en politiques publiques de l’Université Reichman en Israël.

Avant d’entreprendre sa carrière universitaire au Canada, elle a exercé le droit en Israël et a été auxiliaire juridique principale à la Cour suprême d’Israël. Au cours de ce mandat, elle a travaillé sur des dossiers constitutionnels et administratifs dans un contexte de fortes tensions institutionnelles en raison des réformes judiciaires controversées de 2023.

La Fondation Trudeau décrit les 18 boursières et boursiers, sélectionnés à l’issue d’un processus rigoureux mené par des comités externes, comme « la prochaine génération de penseurs et d’acteurs du changement, des voix qui façonnent l’avenir du Canada et les débats qui le guident ». Chaque récipiendaire de bourse se distingue par son dossier universitaire, mais également par « son engagement et sa capacité à partager ses connaissances et les diffuser au bénéfice de tous ».

La bourse comprend une allocation annuelle pouvant atteindre 50 000 $ pendant trois ans pour couvrir les droits de scolarité et les frais de subsistance. À celle-ci s’ajoute une enveloppe annuelle pouvant aller jusqu’à 20 000 $ pendant trois ans pour financer les activités de recherche et de réseautage ainsi que les déplacements liés au projet de doctorat et aux programmes de la Fondation.

Le programme de bourses va toutefois bien au-delà de l’aide financière. Il s’agit d’une occasion pour les doctorantes et doctorants d’intégrer « une communauté stimulante et transformatrice, dont l’intérêt commun est de contribuer à un avenir meilleur pour le Canada et pour le monde ».

Créée en 2001 en hommage à l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, la Fondation appuie la recherche de pointe en sciences humaines et sociales. Elle soutient des étudiantes et étudiants au doctorat, remet des prix de recherche à des chercheuses et chercheurs de premier plan et favorise les connexions avec des figures influentes du milieu professionnel. Depuis sa création, la Fondation a investi 131 millions de dollars, dont ont bénéficié 344 boursières et boursiers.

Le directeur de recherche de Maya, le professeur Michael Pal, se dit absolument ravi pour elle. « Cette reconnaissance témoigne de la qualité de ses travaux et de l’importance de sa recherche sur la démocratie constitutionnelle. Ayant moi-même été boursier de la Fondation Trudeau durant mon doctorat, je sais à quel point l’environnement intellectuel et le soutien de la Fondation seront déterminants pour elle.

« Cette distinction illustre également l’excellence de la relève doctorale à l’Université d’Ottawa et à la Faculté de droit. »

Le professeur Michael Pal et Maya Gazit se tiennent devant le bâtiment de la faculté de droit de l'Université d'Ottawa.
Le professeur Michael Pal et Maya Gazit

Les travaux de la chercheuse portent sur le concept de « constitutionnalisme abusif », soit la manipulation stratégique de mécanismes constitutionnels afin de consolider le pouvoir et d’affaiblir la démocratie, et s’intéressent au rôle des tribunaux pour contrer de telles pratiques.

« Mes recherches se concentrent sur le constitutionnalisme abusif en tant que phénomène émergent de plus en plus pressant en droit constitutionnel comparé. À une époque marquée par la montée du populisme et le déclin démocratique, la manipulation des mécanismes constitutionnels est devenue une menace omniprésente pour la gouvernance démocratique. »

Dans ses recherches, elle analysera les trois formes principales de constitutionnalisme abusif :

  1. l’abus par la voie de l’amendement constitutionnel, où le pouvoir d’amendement est exploité pour obtenir des avantages politiques circonscrits et à court terme;
  2. l’abus par la voie du remplacement constitutionnel, où une constitution entière est remplacée de manière manipulatrice pour s’adapter au régime au pouvoir;
  3. l’abus par la voie de l’invocation de pouvoirs constitutionnels, où les pouvoirs constitutionnels existants sont déployés stratégiquement pour consolider l’autorité.

La Faculté de droit félicite chaleureusement Maya Gazit pour cette réalisation remarquable et lui souhaite beaucoup de succès dans la poursuite de ses recherches et de sa carrière universitaire.