Sarah Sherhols
En évoquant son parcours jusqu’au poste de directrice du Centre de droit autochtone du ministère de la Justice du Canada, Sarah Sherhols (LL.B. 2012) nous fait une confidence étonnante : à son entrée à la Faculté de droit, elle n’était pas certaine de vouloir poursuivre une carrière juridique.

« À vrai dire, j’ai fait des études en droit sans avoir l’intention de devenir avocate ou juriste, avoue-t-elle. Il m’a fallu commencer à exercer la profession pour réaliser à quel point elle est différente de ce que je croyais, de l’image qu’on s’en fait et de ce qu’on voit à la télévision. » 

Elle qui durant ses études n’a pas bénéficié des lumières du mentorat guide aujourd’hui Renee Ferguson, étudiante de première année, dans les méandres du champ des possibles grâce au programme JurisMentor de la Section de common law.

Le 8 mars 2026, la Journée internationale des femmes sera placée sous le thème « Donner pour recevoir », qui traduit le pouvoir de la réciprocité et du soutien. Lorsqu’on donne généreusement – du temps, des connaissances ou les avantages d’un réseau –, les possibilités se multiplient. La relation entre Sarah Sherhols et Renee Ferguson illustre parfaitement la force de ce message.

Le don de soi

Autrefois appelé Liaison avec le Barreau, le programme JurisMentor a vu le jour en 1997 et a connu une telle expansion qu’il compte aujourd’hui parmi les plus élaborés au pays. Il offre à des étudiantes et étudiants une relation de mentorat avec des membres de la profession juridique. Sarah Sherhols participe au programme de façon intermittente depuis 2015. Elle puise sa motivation dans la gratitude.

« J’ai mis fin à une première carrière pour entreprendre des études en droit, dit-elle. Dans mes deux carrières, j’ai été choyée : j’ai pu profiter des conseils de généreuses personnes qui sont venues vers moi pour me donner de leur temps. Ces relations m’ont donné un immense coup de pouce dans ma vie professionnelle. » 

Le mentorat est sa façon de rendre à son tour cette générosité qui a éclairé sa propre voie.

Et elle a compris qu’en donnant, on ne perd rien; au contraire, on multiplie ce qu’on a.

« Je vois le mentorat comme une collaboration, un échange entre deux personnes, explique-t-elle. Nos discussions m’apportent beaucoup. Renee m’apprend des choses et m’oblige à penser autrement. Ces échanges enrichissent ma propre vision et ma perception du monde et du droit. » 

Chaque conversation avec sa mentorée lui procure un regain d’énergie, et elle voit avec optimisme l’avenir de la profession.

« À chaque rencontre avec Renee, j’apprends quelque chose de nouveau… c’est vraiment de bon augure pour l’avenir de la profession juridique. » 

La confiance en soi

Pour Renee Ferguson, étudiante en première année au programme de common law en anglais, le mentorat est arrivé à point nommé. Comme bon nombre de ses pairs, elle sentait peser sur ses épaules la pression de choisir immédiatement sa voie.

« J’avais le sentiment de devoir savoir tout de suite ce que je voulais faire après mes études, dit-elle. Sarah m’a fait comprendre que je pouvais garder l’esprit ouvert et envisager différentes pistes de carrière. » 

Bien qu’elle n’ait toujours pas arrêté son choix, l’étudiante se réjouit : « C’est tellement utile d’explorer toutes les avenues qui s’ouvrent devant moi. Les relations avec [des mentores ou mentors] qui exercent dans différentes branches du droit et qui apportent différents points de vue… ça rend la profession de juriste beaucoup plus concrète. Le mentorat nous donne l’occasion de lever les yeux de nos manuels scolaires pour jeter un regard dans les coulisses de la profession. »

« Quand on multiplie les expériences, on multiplie aussi nos chances de découvrir notre véritable passion », ajoute-t-elle. 

Au-delà des chiffres

Les deux femmes s’accordent sur un point : l’égalité des genres dans le domaine juridique ne s’arrête pas à la seule représentation.

« On ne peut pas vraiment parler d’égalité entre les sexes tant que les femmes ne sont pas toutes incluses et respectées, observe Renee Ferguson, soulignant l’importance de l’intersectionnalité dans la profession. 

Nous devons poursuivre nos efforts pour faire reconnaître les divers facteurs qui interviennent dans la discrimination fondée sur le genre, comme l’identité autochtone, la race ou le handicap, et leurs répercussions sur la vie des gens, que ce soit à l’université ou dans la profession. »

Sarah Sherhols abonde dans le même sens. « Il n’y a pas que les chiffres, soutient-elle. On doit absolument prendre en compte l’intersectionnalité dans l’équation pour parvenir à l’égalité des genres. » 

Selon elles, le mentorat est un matériau essentiel à la construction d’un avenir inclusif. Les conseils, les encouragements et l’inspiration dont il est fait sont de puissants moteurs de progrès collectif.

Et ses avantages ne s’arrêtent pas là. L’étudiante se voit déjà mentore à son tour. « C’est tellement gratifiant de transmettre des fragments de savoir, je suis déterminée à redonner à d’autres ce que j’ai reçu », assure-t-elle. 

Et le cycle se répète grâce à cet engagement.

Pour vous renseigner ou participer, rendez-vous sur le site du programme de JurisMentor.