La murale en cours de réalisation à l’entrée du campus de l’O-Train.
La murale en cours de réalisation à l’entrée du campus de l’O-Train, inspirée de "l’art des rivières", illustre l’eau et la vie qu'elle nourrit.
Chaque jour, des milliers de personnes arrivent à l’Université d’Ottawa – par l’O-Train, à vélo ou à pied – en empruntant un tunnel de béton jusqu’ici sans grand attrait. Aujourd’hui, une nouvelle murale autochtone les invite à poser un autre regard sur cet espace et à prendre conscience du territoire qui les entoure, des récits qui y sont ancrés et de la présence autochtone qui continue de le faire évoluer.

En transformant ce passage très fréquenté en un lieu où les modes de savoir autochtones sont visibles au quotidien, le Bureau des affaires autochtones voulait montrer que les cultures autochtones sont bel et bien présentes sur le campus. 

L’œuvre et ses artistes

La murale a été réalisée par cinq artistes autochtones issus des communautés les plus représentées à Ottawa : l’Algonquine Miskomin Twenish (Kitigan Zibi Anishinabeg), l’Inuk Aija Komangapik, la Metis Bre Quirion (Manitoba), le Cri Chris Chipak (Nation crie de Red Pheasant) et la Kanien'kehá:ka Victoria Ransom (Première Nation d’Akwesasne). Tout en apportant à l’œuvre des langages visuels et des perspectives qui leur sont propres, ces artistes ont un point en commun : leur attachement profond à raconter par l’art. 

Ensemble, ces artistes proposent pour ce lieu une vision plus vaste, inspirée de leurs territoires et de leurs récits, où l’eau et la vie qu’elle nourrit occupent une place centrale. Leur installation collective puise dans leurs cultures, leurs expériences et leurs liens avec le territoire pour créer une œuvre qui témoigne à la fois de la diversité des communautés autochtones et des liens qui les unissent. 

D’autres éléments viendront d’ailleurs prolonger cette vision sur la totalité du passage au printemps 2027. Les colonnes raconteront des récits de la terre, et les bâtiments, des récits du ciel. Une grande sculpture viendra compléter le tout.

De gauche à droite : Victoria Ransome (Kanien'kehá:ka, Première Nation d’Akwesasne), Miskomin Twenish (Algonquine, Kitigan Zibi Anishinabeg), Bre Quirion (Metis, Manitoba), Chris Chipak (Cri, Nation crie de Red Pheasant) et Aija Komangapik (Inuk).
De gauche à droite : Victoria Ransome (Kanien'kehá:ka, Première Nation d’Akwesasne), Miskomin Twenish (Algonquine, Kitigan Zibi Anishinabeg), Bre Quirion (Metis, Manitoba), Chris Chipak (Cri, Nation crie de Red Pheasant) et Aija Komangapik (Inuk).

Réimaginer un accès au campus

Le Bureau des affaires autochtones s’emploie à mettre en œuvre le Plan d’action autochtone de l’Université, qui en est maintenant à sa deuxième édition. Au départ, le projet consistait à installer des panneaux pour souhaiter la bienvenue sur le campus et rappeler la présence des langues et des territoires autochtones. Or, l’installation, qui accueillait les gens en cinq langues autochtones ainsi qu’en français et en anglais, a été la cible d’actes de vandalisme répétés. Plutôt que de continuer à réparer les dommages, le Bureau des affaires autochtones s’est tourné vers un projet de plus grande envergure. 

Tareyn Johnson, directrice du Bureau des affaires autochtones, explique : « Mon premier objectif était de créer un plan d’action autochtone. Après avoir fait d’importants progrès au sein de l’Université, notre équipe était prête à souligner ces avancées en apportant des changements concrets sur le campus. » 

« Les actes de vandalisme commis contre la première enseigne Kwey nous ont profondément attristés, mais ils ne nous ont pas découragés, poursuit-elle. Nous avons plutôt choisi de voir plus grand et d’envoyer un message clair. Nous sommes en territoire autochtone : nos cultures et nos récits sont empreints de force et de beauté. C’était pour nous une façon de reprendre notre place sur le campus, d’affirmer notre présence et notre vitalité. » 

Tareyn Johnson.
« Nous sommes en territoire autochtone : nos cultures et nos récits sont empreints de force et de beauté. C’était pour nous une façon de reprendre notre place sur le campus, d’affirmer notre présence et notre vitalité. »

Tareyn Johnson

— Directrice du Bureau des affaires autochtones

Tout au long du processus de conception, le Bureau a travaillé avec la firme de design Arium et consulté l’ASEMA (le regroupement des membres des Premières Nations, des Metis et des Inuit qui travaillent à l’Université), l’Association étudiante autochtone et le Conseil de l’éducation autochtone. Le Service des immeubles de l’Université contribue également au projet depuis le printemps dernier.

Des espaces bien visibles pour les cultures autochtones

Pour le Bureau des affaires autochtones, créer des espaces qui témoignent de la présence des premiers peuples contribue grandement à faire du campus un milieu où les membres de la population étudiante, du personnel et des communautés autochtones peuvent se reconnaître. 

La murale contribue aussi à étendre la sensibilisation au-delà du campus : elle permet aux gens du voisinage ou de passage sur le campus, outre les membres de la communauté universitaire, d’aller à la rencontre de perspectives autochtones au quotidien.

Artistes, membres de la communauté et partenaires du projet comptent déjà se réunir au printemps 2027 pour souligner la fin de la première phase du projet.