L’évolution fulgurante des technologies entraîne une complexification croissante des enjeux juridiques entourant la protection de la vie privée, la propriété intellectuelle, la gouvernance numérique, la cybersécurité et l’accès aux connaissances.
Selon Bassem Awad, récemment nommé professeur agrégé à la Section de common law, les juristes de demain ne pourront plus compter uniquement sur leurs études en droit pour relever les défis qui les attendent. Il leur faudra se familiariser avec les technologies émergentes, participer à l’élaboration des politiques publiques et acquérir une expérience sur le terrain pour résoudre des problèmes du monde réel.
Animé par cette vision, le professeur Awad a accepté de prendre les rênes de la Clinique d’intérêt public et de politique d’Internet du Canada (CIPPIC).
« Ce qui m’a convaincu de me joindre à l’Université d’Ottawa et à la CIPPIC est la possibilité d’allier la recherche, l’enseignement, la défense de l’intérêt public et l’apprentissage expérientiel de manière à générer des retombées concrètes pour la population étudiante et la société », explique-t-il.
À ses yeux, la CIPPIC représente une occasion exceptionnelle de faire converger la recherche juridique et l’action sociale. Il s’agit de la première et unique clinique juridique canadienne d’intérêt public consacrée au droit des technologies. Les étudiantes et étudiants peuvent y examiner les aspects juridiques et politiques qui sous-tendent l’impact des technologies sur le quotidien des Canadiennes et Canadiens, que ce soit en ce qui concerne l’intelligence artificielle, la protection des renseignements personnels, la liberté d’expression ou encore l’accès aux connaissances.
« La technologie transforme la société, et les établissements juridiques ont un important rôle à jouer pour s’assurer que l’innovation profite à l’ensemble de la population, affirme le professeur Awad. En misant sur la recherche, la défense de l’intérêt public et l’apprentissage expérientiel, la CIPPIC contribue à former la prochaine génération de juristes, afin qu’elle puisse relever la barre. »
Tout au long de sa carrière internationale, qui l’a amené à évoluer dans les sphères juridique, judiciaire, gouvernementale et universitaire, le professeur Awad est demeuré fidèle à cette philosophie.
Avant son entrée en fonction à l’Université d’Ottawa, il enseignait à la Faculté de droit de l’Université Western, où il a fondé la Clinique de droit sur la propriété intellectuelle et l’innovation (WIPILC). Au début de sa carrière, il a été juge en Égypte et à Abou Dhabi, et a dirigé des initiatives de politiques d’innovation au Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale (CIGI). Il a également collaboré étroitement avec des gouvernements et des organisations internationales, notamment l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et l’Union africaine, sur des enjeux touchant la propriété intellectuelle, l’innovation et la gouvernance technologique.
Ces expériences n’ont fait que renforcer l’une de ses convictions profondes : il ne faut pas se contenter de former des juristes capables d’interpréter les textes de loi, mais former des esprits capables d’influencer l’avenir du droit.
« Tout au long de mon parcours, j’ai été guidé par le désir de servir la collectivité, comme citoyen, mais aussi comme enseignant, chercheur et dirigeant, précise le professeur Awad. Je souhaite que les étudiantes et étudiants voient dans le droit bien plus qu’un corpus de règles, mais un outil dont on peut se servir pour stimuler l’innovation, influencer les politiques publiques et mettre en branle des changements sociaux. »
À la CIPPIC, l’engagement au service du bien commun se manifeste par une approche pédagogique axée sur l’apprentissage expérientiel. Encadrés par des juristes, les étudiantes et étudiants participent à la rédaction de mémoires, de même qu’à des projets de recherche juridique, à des initiatives de sensibilisation du public, à des efforts de promotion d’intérêts et, au besoin, à des dossiers de contentieux et de réglementation. C’est une bonne façon d’acquérir des compétences pratiques tout en contribuant à des enjeux de portée nationale et internationale.
« Mon objectif est que les étudiantes et étudiants quittent la CIPPIC avec de solides acquis dans le domaine du droit ainsi qu’une confiance en leurs moyens, un sens des responsabilités et une volonté de mettre leurs compétences au service de la collectivité, souligne le professeur Awad. Je veux que chaque personne soit consciente de sa capacité à influencer positivement l’évolution du droit entourant les technologies ainsi que les politiques publiques au profit de l’ensemble de la société. »
Le professeur Awad estime également que les possibilités de collaboration entre les disciplines et les secteurs sont innombrables. Forte de son emplacement stratégique au cœur de la capitale nationale du Canada et de son expertise reconnue à l’échelle mondiale dans les domaines du droit entourant les technologies, des politiques publiques, de l’intelligence artificielle et des droits de la personne, l’Université d’Ottawa offre un environnement où les spécialistes en droit peuvent travailler de concert avec les équipes de recherche, les gouvernements, les organisations de la société civile et les leaders de l’industrie pour répondre à certains des enjeux technologiques les plus pressants.
« J’aspire à tisser des liens qui font avancer les connaissances, soutiennent l’élaboration des politiques publiques et transforment l’expérience d’apprentissage de la communauté étudiante », ajoute-t-il.
Le professeur Awad est convaincu que les études en droit doivent évoluer au diapason des transformations technologiques qui façonnent la société contemporaine. En alliant la rigueur intellectuelle, la défense de l’intérêt public et l’apprentissage expérientiel, il espère outiller la relève pour qu’elle soit capable de composer avec le changement, mais également d’orienter son évolution.
Pour en savoir plus sur les travaux de recherche du professeur Awad, son parcours professionnel et sa nomination à la direction de la CIPPIC, consultez l’annonce publiée par le Centre de recherche en droit, technologie et société.