Publiés dans la revue Construction and Building Materials, les travaux portent sur la nano-sépiolite, une argile naturelle en poudre. Celle-ci a été incorporée à plusieurs liants bitumineux couramment utilisés afin d’en évaluer les effets sur la performance de la chaussée et sur les émanations dégagées.
Les résultats sont encourageants. L’ajout de nano-sépiolite a permis de réduire sensiblement les émanations, la densité globale de la fumée diminuant de près de 10 % dans certains cas. Le matériau s’est révélé particulièrement efficace pour limiter le dégagement de certains des composés les plus préoccupants libérés à haute température, notamment des substances toxiques ou potentiellement cancérogènes. Dans une formulation d’asphalte, la concentration d’un composé hautement toxique a chuté de plus de 60 %. Dans une autre, celle d’un composé fortement cancérogène a diminué de 80 %.
Fait important, ces avantages environnementaux n’ont pas été obtenus au détriment de la performance. L’asphalte modifié a montré une meilleure résistance aux températures élevées, une caractéristique essentielle à la durabilité des chaussées.
Grâce à des techniques d’analyse avancées, l’équipe a mis en lumière le mécanisme à l’origine de ces résultats. Plutôt que de modifier chimiquement l’asphalte, la nano-sépiolite y forme un réseau tridimensionnel. Cette structure favorise l’agrégation des molécules d’asphalte et rend plus difficile l’échappement des gaz nocifs pendant le chauffage.
Ces travaux ouvrent la voie à des matériaux de pavage plus écologiques, qui contribuent à mieux protéger le personnel des chantiers tout en favorisant des infrastructures de transport plus durables. Ils apportent également de nouvelles pistes pour la mise au point de produits asphaltés contenant une plus grande proportion de matières recyclées. Le secteur de la construction routière pourrait ainsi réduire son empreinte environnementale sans compromettre la performance des matériaux.