Biographie
Le Dr Radvanyi est professeur titulaire et titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau I au Département de biochimie, de microbiologie et d’immunologie de l’Université d’Ottawa, et scientifique principal au Programme de recherche sur le cancer de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa. Il est également professeur (à titre honorifique) au Département d’immunologie de l’Université de Toronto. Auparavant (2018-2025), il a occupé les fonctions de président et directeur scientifique de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer (OICR), où il supervisait l’ensemble des activités de recherche ainsi que la stratégie scientifique. Le Dr Radvanyi a obtenu son baccalauréat et sa maîtrise à l’Université de Toronto, où il a également complété son doctorat (Ph. D.) en biochimie clinique.
Le Dr Radvanyi a également occupé plusieurs postes aux États-Unis avant de revenir au Canada en 2018 pour se joindre à l’OICR. De 2015 à 2018, il a été vice-président principal et responsable mondial de l’immuno-oncologie (IO) chez EMD Serono (Merck KGaA), où il a reconstruit et réorganisé la plateforme de recherche en immuno-oncologie de l’entreprise. Auparavant, de 2005 à 2015, il était professeur au Département d’oncologie médicale du mélanome du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas (Houston, Texas), où il a mené des travaux de recherche fondamentale et translationnelle sur la thérapie cellulaire du cancer. Il a également été le premier directeur scientifique (CSO) de la première entreprise de biotechnologie (Iovance Biotherapeutics) à commercialiser la thérapie par lymphocytes infiltrant les tumeurs pour le traitement du cancer.
Intérêts de recherche
Le programme de recherche actuel du Dr Laszlo Radvanyi vise à mettre en lumière le rôle caché du « génome sombre » — soit les 50 à 70 % de l’ADN génomique humain auparavant considérés comme non fonctionnels — dans le développement et le traitement du cancer. Plus précisément, il porte sur les éléments rétrotransposables exprimés (ERE), une catégorie de séquences répétitives d’ADN non codant, notamment LINE-1 (L1), Alu/SINE et les rétrovirus endogènes humains (HERV). Ces éléments sont habituellement réduits au silence dans les tissus sains, mais deviennent anormalement activés dans de nombreux cancers et maladies liées au vieillissement.
Les objectifs du programme de recherche du laboratoire sont les suivants :
- Déterminer si les ERE sont surexprimés dans les tissus précancéreux et s’ils contribuent à l’initiation du cancer.
- Étudier si l’inhibition de la transcriptase inverse (TI) codée par les ERE peut prévenir la formation de tumeurs.
- Explorer le potentiel des protéines dérivées des ERE et des cadres ouverts de lecture exprimés comme nouvelles cibles pour l’immunothérapie du cancer.
- Évaluer si les acides nucléiques et les peptides dérivés des ERE présents dans les vésicules extracellulaires (VE) du plasma sanguin peuvent servir de biomarqueurs pour la détection précoce du cancer et le suivi des traitements, ainsi que développer des méthodes de détection à haut débit sur puce (« lab-on-a-chip ») des ERE comme nouveaux outils diagnostiques en oncologie.
L’approche de recherche intègre la biologie moléculaire, la génomique, l’immunologie et les biothérapeutiques translationnelles. Le laboratoire analyse les profils d’expression des ERE dans différents types de cancer, étudie leur influence sur les dommages à l’ADN et l’inflammation, et évalue leur potentiel immunogène. Le programme vise également à mettre au point des outils diagnostiques novateurs et des stratégies thérapeutiques ciblant les ERE, particulièrement pour des cancers difficiles à traiter, tels que le cancer du pancréas, les cancers des voies biliaires et les tumeurs cérébrales.
Une approche clé utilisée au laboratoire consiste à étudier les vésicules extracellulaires (VE), qui agissent comme des « messagers moléculaires » locaux et à longue distance dans l’organisme. Ces vésicules sont libérées par les cellules de notre corps et circulent dans le sang. Les cellules tumorales, en particulier, produisent de grandes quantités de VE contenant des signatures d’acides nucléiques et des protéines provenant des ERE et d’autres éléments génomiques, qui constituent en quelque sorte les « empreintes digitales » de ce qui est exprimé dans les tumeurs. Ainsi, les VE peuvent servir de puissants biomarqueurs sanguins pouvant être facilement isolés afin d’identifier de nouveaux antigènes dérivés des ERE pour l’immunothérapie (notamment le développement de vaccins contre le cancer) ainsi que des biomarqueurs permettant la détection précoce du cancer et le suivi des récidives, deux objectifs centraux du programme de recherche.
Dans ce volet des travaux, le laboratoire collabore également avec des bioingénieurs et des physiciens afin de mettre au point de nouvelles méthodes de détection des ERE dans les VE, notamment une nouvelle approche fondée sur la spectroscopie Raman exaltée de surface (SERS) utilisant la microfluidique, avec une sensibilité de l’ordre nanomolaire.
Les recherches du laboratoire sur les ERE revêtent une grande importance, car elles contribuent à faire évoluer le paradigme de la recherche sur le cancer au-delà des gènes codant des protéines traditionnellement étudiés, en explorant le vaste territoire encore méconnu du génome non codant, longtemps négligé. En examinant la façon dont les ERE participent au développement tumoral ainsi qu’à l’activation ou au dysfonctionnement du système immunitaire dans le cancer, ce programme pourrait mener à des thérapies révolutionnaires et à de nouvelles méthodes de détection précoce pour des cancers qui disposent actuellement de peu de traitements efficaces. En définitive, ces recherches ont le potentiel de transformer notre compréhension de la biologie du cancer et d’ouvrir de nouvelles voies pour la médecine de précision.
Publications sélectionnées:
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/?term=Radvanyi+L+OR+Radvany+L&sort=date#