Médecin, les bras croisés, tenant un stéthoscope
Réduire les obstacles et accroître le soutien sont essentiels à une main-d’œuvre médicale diversifiée et en santé au Canada

Selon une nouvelle étude, 5 % des médecins en exercice déclarent avoir une incapacité « toujours ou souvent », et 12 %, « parfois ». Ces résultats montrent la nécessité d’améliorer l’accessibilité afin d’assurer l’équité et la pérennité de la main-d’œuvre médicale. L’étude est publiée dans le CMAJ (Canadian Medical Association Journal).

« Les médecins ayant une incapacité font souvent face à de la discrimination, à des milieux de travail inaccessibles et à un soutien inadéquat », écrivent le Dr Michael Quon, spécialiste en médecine interne générale et clinicien-chercheur à L’Hôpital d’Ottawa et professeur adjoint à l’Université d’Ottawa, ainsi que les cosignataires de l’étude. « L’amélioration de l’accessibilité en médecine est un aspect important de l’équité en santé. Si nous ne parvenons pas à maintenir en poste les médecins ayant une incapacité, nous risquons de perdre des personnes qualifiées dont les perspectives sont précieuses, ce qui aurait aussi des conséquences négatives sur les ressources humaines en santé. » 

Combler une lacune importante

L’étude, fondée sur les données du questionnaire détaillé du Recensement canadien de 2021, contribue à combler une importante lacune dans les connaissances sur la prévalence des incapacités et les caractéristiques démographiques des médecins en exercice. Contrairement à d’autres études reposant sur une participation volontaire, le recensement est obligatoire. Le questionnaire détaillé est soumis à un échantillon aléatoire représentant 25 % de la population canadienne et le taux de réponse est de 97 %, ce qui rend l’étude représentative à l’échelle nationale. 

Les incapacités les plus souvent déclarées concernaient la santé mentale (40 %), la vision (37 %), l’audition (15 %), la mobilité ou les fonctions physiques (13 %), ainsi que les fonctions cognitives ou l’apprentissage (6 %). Elles étaient plus fréquentes chez les femmes (6,0 %) que chez les hommes (4,5 %).

L’étude souligne que les incapacités touchent aussi les jeunes médecins.

« Bien que les taux d’incapacité augmentent généralement avec l’âge, la prévalence chez les médecins de moins de 35 ans demeure notable (5,18 %), indique le Dr Quon. La prévalence des incapacités auditives, physiques ou liées à la mobilité augmentait avec l’âge, tandis que les incapacités liées à la santé mentale étaient plus fréquentes dans les groupes d’âge plus jeunes. »

Soutien aux médecins

Les médecins déclarent moins d’incapacités que les personnes exerçant d’autres professions, notamment en droit, dans le milieu universitaire, en génie et en sciences infirmières, et que la population active dans son ensemble. 

L’étude souligne l’importance, pour le système de santé canadien, de mieux répondre aux besoins des médecins ayant une incapacité. 

« Les médecins ayant une incapacité représentent une composante importante, mais souvent négligée, de la diversité de la main-d’œuvre, peut-on lire dans l’étude. Des milieux de travail accessibles et des politiques équitables peuvent améliorer le bien-être et le maintien en poste des médecins ayant une incapacité, et faciliter le retour à la pratique des personnes qui le souhaitent. Au-delà des avantages pour les médecins, des progrès en matière d’accessibilité pourraient améliorer les soins aux patientes et patients grâce à une main-d’œuvre qui reflète davantage les populations qu’elle sert. » 

L’article « Prevalence and characteristics of disabilities in physicians in Canada; an analysis of Canadian census data » paraît dans le Canadian Medical Association Journal le 13 octobre 2026. DOI: 10.1503/cmaj.260075.

Demandes médias : [email protected]