Répondre à l’appel : le soutien de la relève autochtone en médecine

Par Bureau du développement et des relations avec les diplômés

Bureau du développement et des relations avec les diplômés, Faculté de médecine

Détail de l’œuvre créée pour souligner le 20e anniversaire du Programme autochtone de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, célébré en 2025.
Détail d’une œuvre réalisée à partir d’un design de l’Aîné Simon Brascoupé.
Grâce à la Bourse Dr. Peter-Bryce pour les étudiantes et étudiants autochtones en médecine, le pasteur Jim Pot vise à mettre en pratique les principes de la réconciliation, en ouvrant des portes aux apprenantes et apprenants autochtones tout en rendant hommage à une figure de l’histoire canadienne qui avait dénoncé les pensionnats.

L’Église presbytérienne au Canada administrait autrefois 11 pensionnats autochtones. En 1994, elle a reconnu officiellement sa part de responsabilité, mais ce n’est que trois décennies plus tard, en 2024, qu’elle a présenté des excuses officielles.

« Entre 1994 et 2024, il y a eu beaucoup de remises en question – sur les plans émotionnel et spirituel – quant à notre implication dans les pensionnats, explique Jim Pot. Des membres de notre église ont d’ailleurs participé activement à la Commission de vérité et réconciliation. »

Cherchant à aller plus loin, Jim Pot et des membres de sa congrégation ont consulté les 64 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. On y implore notamment les églises de sensibiliser leurs fidèles, leur clergé et leur personnel à leur rôle dans l’histoire de la colonisation et des pensionnats autochtones, et d’agir concrètement pour favoriser la réparation, la réconciliation, l’éducation et la création de liens.

Jim Pot, pasteur de l’Église presbytérienne Knox d’Ottawa
Jim Pot, pasteur de l’Église presbytérienne Knox d’Ottawa

« C’est Robert Hage, un ancien ambassadeur qui fréquente notre église, qui a proposé de créer une bourse destinée aux étudiantes et étudiants autochtones, » raconte le pasteur. « C’était un petit geste qu’on pouvait poser pour faire notre part. »

M. Hage s’implique auprès de l’Église presbytérienne Knox et de l’Université d’Ottawa. Professionnel en résidence honoraire ayant déjà donné un cours d’introduction à la diplomatie moderne, à la Faculté des sciences sociales, il avait déjà l’Université d’Ottawa en tête lorsqu’il a proposé la création de la bourse. 

« On aurait pu la créer nous-mêmes et l’administrer, bien sûr, mais on s’est dit que ce serait mieux qu’elle soit gérée par l’Université », dit Jim Pot.

Pour maximiser les retombées de la bourse pour les étudiantes et étudiants autochtones, les deux hommes savaient qu’elle devrait être complémentaire aux initiatives existantes. En s’informant, M. Hage a fait deux découvertes : d’abord, il a constaté qu’il manquait du soutien pour les étudiantes et étudiants autochtones en médecine; et deuxièmement, il a appris l’histoire d’un des premiers lanceurs d’alerte sur les pensionnats autochtones, dont les mises en garde avaient tristement été ignorées à l’époque.

Le soutien de la bourse est offert par l’intermédiaire du Programme autochtone des Études médicales de premier cycle (EMPC) à la Faculté de médecine. Le nom de la bourse, en hommage au Dr Peter Bryce (1853-1932), revêt une grande importance symbolique : l’homme a été l’un des premiers à dénoncer les pensionnats autochtones, en plus d’avoir été étroitement lié à la Ville d’Ottawa, à l’Église presbytérienne et au secteur médical. 

« Le Dr Peter Bryce fréquentait l’Église presbytérienne St. Andrews, de l’autre côté du centre-ville, en face de la Cour suprême, raconte Jim Pot. Il était médecin en chef du Canada à l’époque, et il a dénoncé les conditions de santé des élèves des pensionnats autochtones. Il n’a pas été écouté. »

En 1907, le médecin dépose un rapport exposant les conditions de vie sinistres et le taux effarant de mortalité dans les pensionnats autochtones. Il en impute la responsabilité au gouvernement fédéral, qui refuse de publier le document. Des renseignements sont cependant ébruités dans la presse et, rapidement, on demande à réformer le système. En 1922, le Dr Peter Bryce témoigne de son indignation face à l’inaction des autorités, en publiant lui-même The Story of a National Crime après son départ de la fonction publique. On trouve aujourd’hui une plaque commémorative en l’honneur des initiatives et du militantisme du médecin au cimetière Beechwood, à Ottawa, où il est enterré.

Portrait de Peter Henderson Bryce (1899), Lancefields d’Ottawa / Wikimedia Commons, domaine public.
Portrait de Peter Henderson Bryce (1899), Lancefields d’Ottawa / Wikimedia Commons, domaine public.

Jim Pot savait à quel point il était crucial de consulter des personnes représentant la communauté autochtone pour fixer la visée, les critères et le nom de la bourse.

« On voulait vraiment s’assurer de la pertinence de l’objectif de la bourse et qu’elle réponde à un besoin réel », insiste-t-il.

Et même si le groupe avait eu l’idée de nommer la bourse en l’honneur du Dr Bryce en raison de sa dénonciation des conditions de vie inacceptables des pensionnats autochtones, il voulait être certain que ce serait bien reçu.

« On avait vraiment à cœur le principe du “rien sur nous sans nous”, et on voulait vérifier que le nom de la bourse convenait aux communautés autochtones. » 

Un processus de consultation exhaustif a eu lieu avec des leaders autochtones à Ottawa pour peaufiner le projet de bourse, et a finalement donné naissance à la Bourse Dr-Peter-Bryce pour les étudiantes et étudiants autochtones en médecine.

Pour Simon Brascoupé, conseiller spécial auprès de la doyenne pour les questions de santé autochtone à la Faculté de médecine et membre de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg, cette initiative représente une avancée significative pour les étudiantes et étudiants autochtones.

« La Bourse Dr-Peter-Bryce contribue de façon importante à la réconciliation parce qu’elle élimine des obstacles et permet aux étudiantes et étudiants autochtones de talent d’accéder à une carrière en médecine, » souligne-t-il. « Chaque étudiante ou étudiant qui reçoit cet appui financier pourra tirer parti plus tard de ses connaissances culturelles uniques, de son vécu et de ses liens avec la communauté dans le cadre de la prestation des soins, de la formation et de la recherche en médecine. »

Depuis que la Bourse a été créée, l’intérêt qu’elle suscite dans la région ne cesse de croître. Elle a déjà été attribuée à trois reprises, et on s’attend à ce qu’elle soutienne la communauté étudiante autochtone pendant encore longtemps.

« Il y a quelques médecins dans notre congrégation qui sont très emballés à l’idée que leurs dons puissent aider des étudiantes et étudiants autochtones à accéder à la profession médicale », dit Jim Pot.

Son conseil pour celles et ceux qui voudraient appuyer la réconciliation et soutenir d’autres communautés injustement traitées? De partir des besoins des communautés concernées plutôt que de soi : « Ne pensez pas seulement à ce que vous souhaitez faire, mais aux besoins réels des personnes et des communautés qui ont été – ou sont encore – traitées injustement. » 

Répondre à l’appel

La réconciliation est un engagement qui se traduit par des gestes concrets. Grâce à la Bourse Dr. Peter-Bryce pour les étudiantes et étudiants autochtones en médecine, vous pouvez contribuer à éliminer des obstacles financiers et à créer des possibilités pour la prochaine génération de médecins autochtones.

Votre soutien aide des étudiantes et étudiants talentueux à poursuivre leur formation tout en apportant à la médecine leurs connaissances culturelles, leur vécu et leurs liens avec leurs communautés.