Découvrez des parcours marqués par la curiosité, la persévérance, le bilinguisme et un profond désir de mieux servir les communautés francophones.
Retrouver sa communauté pour mieux la servir, par Marie-Ève Paquette (RX 2030)
J’ai eu le privilège de grandir dans une petite communauté majoritairement francophone de l’Ontario. J’y ai fait toute ma scolarité en français, tout en apprenant l’anglais. Cette réalité, plutôt rare dans notre province, a contribué à faire de moi la personne que je suis aujourd’hui. Mes valeurs et mes traditions sont profondément enracinées dans la francophonie.
Mon arrivée à Ottawa pour entreprendre un baccalauréat en sciences biomédicales a toutefois été un véritable choc culturel. Du jour au lendemain, les conversations autour de moi se déroulaient principalement en anglais. J’ai eu de la difficulté à m’intégrer et à retrouver le sentiment d’appartenance que j’avais toujours connu. Cette transition a rendu ma première année universitaire particulièrement exigeante, tant sur le plan personnel qu’académique.
Avec le temps, je me suis adaptée à mon nouvel environnement. J’ai rencontré des amis avec qui je pouvais partager ma culture, parler de notre enfance et me sentir enfin chez moi. Mon emploi à l’Hôpital Montfort a également renforcé ma conviction que les services de santé en français sont essentiels. J’y ai constaté à quel point le fait de recevoir des soins dans sa langue maternelle favorise la compréhension, la confiance et l’adhésion aux traitements.
Aujourd’hui, je suis encore plus fière de faire partie de la communauté francophone et reconnaissante de pouvoir poursuivre mes études dans ma langue. Cet automne, j’entreprends le doctorat de premier cycle en pharmacie (Pharm. D.) à l’Université d’Ottawa, le tout premier programme de pharmacie en français offert hors Québec.
Ce programme joue un rôle essentiel pour répondre aux besoins des communautés francophones en situation minoritaire. Toute personne mérite d’avoir accès à des professionnelles et professionnels de la santé capables de la comprendre et de la soigner dans sa langue. En poursuivant mes études en français, j’espère un jour offrir des soins accessibles aux communautés francophones et contribuer, à mon tour, à la vitalité du français dans le domaine de la santé.
Le bilinguisme pour avancer sans rester seul, par Jean-Paul Azzi (MD 2030)
Durant mon baccalauréat en médecine moléculaire et translationnelle à l’Université d’Ottawa, j’ai rejoint l’équipe du Dr Jeffrey Perry à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa. Mon projet portait sur une règle décisionnelle en échocardiographie et m’a donné l’occasion de présenter mes résultats à la conférence 2026 de l’Association canadienne des médecins d’urgence. Cet automne, je franchirai une nouvelle étape en faisant mon entrée au volet francophone du programme de médecine de la Faculté de médecine.
Comme beaucoup d’étudiants, j’ai dû apprendre à concilier mes études, la recherche, mon engagement communautaire et mes autres responsabilités. J’ai compris que la réussite ne repose pas seulement sur la capacité de travailler fort, mais aussi sur celle de bien gérer son temps, de demander de l’aide et de reconnaître ses limites.
Le bilinguisme a également joué un rôle central dans mon parcours. En français comme en anglais, j’ai pu bâtir un réseau de soutien avec des collègues et des mentors, tout en découvrant des expériences et des communautés auxquelles je n’aurais peut-être pas eu accès autrement.
J’ai notamment participé, avec Parlons sciences, à des activités francophones destinées à des jeunes issus des communautés noires, au cours desquelles nous avons travaillé sur des moteurs électriques. Cette expérience m’a appris à chercher à comprendre la personne devant soi plutôt qu’à faire des suppositions sur son vécu — une leçon que je souhaite porter avec moi en médecine.
Pour moi, le bilinguisme est bien plus qu’une compétence linguistique. C’est une façon de découvrir différentes perspectives, de créer de nouveaux liens et de bâtir un réseau qui nous aide à relever les défis. Le conseil que je donnerais aux personnes qui commencent leur parcours est de saisir pleinement les occasions qui se présentent, même lorsqu’elles les amènent hors de leur zone de confort, et de ne jamais hésiter à demander de l’aide.
Un obstacle n’est pas une limite, par Kayla Absi (MD 2030)
Depuis toujours, je cherche à comprendre le « pourquoi ». Pourquoi le corps réagit-il d’une certaine façon? Comment un dérèglement à l’échelle moléculaire peut-il provoquer des effets dans tout l’organisme? Cette curiosité m’a accompagnée du programme du Baccalauréat international au secondaire jusqu’à mes études universitaires en français à l’Université d’Ottawa.
Mon choix de programme n’a pas été immédiat. J’ai commencé en sciences biomédicales avant de me réorienter vers les sciences de la vie, avec une mineure en sciences de la santé. Ce qui m’attire vers la médecine ne se limite toutefois pas à la science. Mes expériences au sein du système de santé, puis mon travail comme commis en médecine familiale et en obstétrique-gynécologie, m’ont fait découvrir une autre dimension tout aussi importante : la capacité d’une ou d’un médecin à transformer un moment d’incertitude grâce à ses connaissances, mais aussi par sa façon d’écouter, de rassurer et d’être présent. C’est cette rencontre entre la rigueur scientifique et le contact humain qui m’attire profondément vers la médecine.
Mon parcours m’a également appris que progresser ne signifie pas toujours avancer en ligne droite. Ma première année universitaire a été plus difficile que je ne l’avais imaginé et m’a amenée à douter de mes capacités. J’ai dû revoir mes méthodes de travail, mieux structurer mes journées et apprendre à préserver mon équilibre. Ce défi m’a finalement appris à travailler avec plus d’intention, plutôt que simplement davantage.
Durant cette même année, j’ai travaillé comme page à la Chambre des communes. Dans un environnement exigeant et en constante évolution, j’ai appris à communiquer avec professionnalisme, à m’adapter rapidement, à travailler en équipe et à garder mon calme sous pression. Cette expérience m’a aussi montré que le leadership ne consiste pas toujours à parler le plus fort, mais plutôt à être fiable, attentive et prête à agir lorsque les autres comptent sur nous.
Née à l’Hôpital Montfort, j’ai grandi à Ottawa et fait toute ma scolarité en français. Entreprendre mes études de médecine dans le volet francophone me permet de poursuivre mon parcours dans la langue et la communauté qui ont façonné mon identité. La francophonie n’est pas seulement la langue dans laquelle j’étudie; c’est aussi celle dans laquelle je souhaite soigner mes patientes et mes patients. Elle fait partie de mon identité et de la médecin que j’espère devenir : compétente, bienveillante et empathique, capable de créer un lien de confiance avec les personnes qu’elle accompagne.
Si je pouvais transmettre un message aux futures candidates et aux futurs candidats qui doutent de leurs capacités, ce serait de ne pas confondre un obstacle avec une limite. Un parcours n’a pas besoin d’être parfait ni linéaire pour nous mener exactement là où nous voulons aller.