Mary Egan
Mary Egan, professeure à la Faculté des sciences de la santé
Notre bien-être est étroitement lié aux relations qui donnent un sens à notre vie. Selon Mary Egan, professeure au programme d’ergothérapie de la Faculté des sciences de la santé, nos activités jouent un rôle important dans la création et le maintien de ces relations. En fait, elles seraient même essentielles au bien-être étudiant.

Pour bien des étudiantes et étudiants, le début de l’année universitaire est riche en possibilités, mais aussi en nouvelles sources de pression. Entre les travaux scolaires, les attentes sociales, les préoccupations financières et les grandes transitions de la vie, on peut facilement en venir à croire qu’il faut d’abord réduire son stress ou régler ses difficultés avant de pouvoir s’épanouir. Les travaux de Mary Egan invitent plutôt chaque personne à déterminer ce qui compte le plus pour elle et à trouver des moyens de faire place à ces priorités, plutôt qu’à s’attarder aux limites, aux diagnostics ou aux obstacles.

« Les activités qui nous tiennent à cœur nous rapprochent de nous-mêmes et des autres, et elles aident à donner du sens à notre vie, explique Mary Egan. C’est ainsi qu’elles contribuent à notre santé mentale. »

Le sens avant la motivation

Beaucoup d’étudiantes et d’étudiants arrivent sur le campus avec une idée préconçue de ce que devrait être la vie universitaire. Selon Mary Egan, ces attentes peuvent parfois faire perdre de vue ce qui compte vraiment.

Elle les encourage à privilégier des activités qui correspondent à leurs propres valeurs, champs d’intérêt et aspirations, plutôt qu’à se comparer à une vision idéalisée de la vie étudiante. Ces activités, profondément personnelles, ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Chez certaines personnes, la participation à des activités enrichissantes peut passer par la réussite scolaire. Chez d’autres, elle peut prendre la forme d’activités sportives ou créatives, d’un engagement communautaire ou de nouvelles amitiés.

Cette réflexion est, pour Mary Egan, bien plus qu’un exercice de découverte de soi. Elle constitue souvent la première étape pour préserver et renforcer sa santé mentale.

Se concentrer sur l’objectif plutôt que sur l’obstacle

L’une des idées qui font obstacle au bien-être est la croyance selon laquelle il faut d’abord surmonter ses difficultés avant de pouvoir participer à des activités porteuses de sens.

Qu’elle travaille auprès d’une étudiante aux prises avec de l’anxiété ou auprès d’un étudiant qui se remet d’un accident vasculaire cérébral, Mary Egan constate que les approches traditionnelles mettent souvent l’accent sur les déficits, comme les difficultés d’attention, les troubles de la mémoire, le stress ou les limitations physiques. Ses recherches sur le coaching en rendement occupationnel, financées par le Conseil de recherches en sciences humaines, proposent une autre approche.

Mary Egan
Se concentrer sur l’objectif
« Prenez le temps de réfléchir à votre objectif et à ce que sa réalisation représenterait pour vous. Élaborez ensuite des stratégies pour l’atteindre, mettez-les à l’essai et ajustez-les en cours de route »

Mary Egan

— Professeure titulaire, Ergothérapie, Faculté des sciences de la santé

Pour les étudiantes et étudiants qui composent avec l’anxiété ou un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, il peut être particulièrement bénéfique de commencer par déterminer les activités qui leur tiennent le plus à cœur. Un diagnostic peut expliquer certaines difficultés, mais il ne définit pas ce qu’une personne est capable d’accomplir. Se concentrer sur l’action plutôt que sur le diagnostic permet d’entrevoir les possibilités. Au lieu de se demander : « Comment puis-je éliminer tous les obstacles? », on pourrait plutôt se demander : « Comment avancer vers ce qui compte pour moi malgré ces obstacles? » ou encore : « Quand j’essaie différentes façons de faire, qu’est-ce que je découvre sur ce qui me convient le mieux? »

Le bien-être : une responsabilité collective

La santé mentale ne se construit pas en vase clos. Si la réflexion personnelle, l’établissement d’objectifs et l’expérimentation sont importants, Mary Egan souligne que les milieux de vie et les communautés jouent aussi un rôle déterminant dans le bien-être. La satisfaction des besoins fondamentaux, comme l’accès à une alimentation suffisante, à un logement et à un milieu sécuritaire, demeure essentielle. Au-delà de ces besoins, les étudiantes et étudiants bénéficient de lieux et d’occasions qui leur permettent de participer à des activités porteuses de sens et de tisser des liens avec les autres.

De nombreux services sont offerts à la population étudiante, à l’Université comme à l’extérieur, en complément des services de soutien en santé mentale. Les espaces d’étude tranquilles, les occasions d’apprentissage collaboratif, les activités sur le campus et les clubs, par exemple, peuvent aider les étudiantes et étudiants à s’investir dans ce qui leur tient à cœur et à développer un sentiment d’appartenance.

Pour Mary Egan, cette participation est au cœur du bien-être. Plutôt que d’attendre que les difficultés disparaissent, les étudiantes et étudiants peuvent réfléchir à leurs priorités et trouver des moyens de continuer à prendre part aux activités qui leur tiennent à cœur. Il peut s’agir d’apprendre, de socialiser, de faire de l’activité physique, de créer ou de poursuivre d’autres champs d’intérêt. La démarche peut exiger de la planification, une progression graduelle et une part d’essais et d’erreurs, mais chaque expérience permet de mieux comprendre ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et comment continuer d’aller de l’avant.