Anarcha-féminisme : histoire d’un courant souterrain
Série de conférences de l’École d’études politiques – 2025-2026: 3ème conférence
27 févr. 2026 — 12 h à 13 h
Dans le cadre de sa série de conférences, l'École d'études politiques a le plaisir de vous inviter à sa troisième conférence intitulée « Anarcha-féminisme : histoire d’un courant souterrain » avec la conférencière invitée, Sidonie Verhaeghe.
Détails
Anarcha-féminisme : histoire d’un courant souterrain
Si l’anarchisme, en tant que pensée politique critique du pouvoir, a développé une réflexion sur la famille comme structure autoritaire, la proximité des anarchistes avec les mouvements féministes n’a historiquement rien d’évident. Les militantes anarchistes au tournant du 19e et 20e siècle sont frileuses à se revendiquer féministes, notamment parce qu’elles rejettent, en tant qu’anarchistes, la question du droit au suffrage. La distance à l’égard du qualificatif de féministe a participé à masquer durablement dans l’historiographie cette conception de l’émancipation des femmes singulière, pourtant maintenue vivante tout au long du 20e siècle. C’est à la fin des années 1970 que, dans le sillage des anarchistes historiques et en interaction avec les mouvements féministes de la période, va se constituer un courant qui prend le nom d’anarcho- puis anarcha-féminisme. Dès lors, l’objectif de cette recherche en cours est double : d’une part, retracer la généalogie de ce courant de pensée qui propose une approche spécifique de l’émancipation des femmes ; d’autre part, en questionnant l’idée répandue d’un « anarchisme naturel » des mouvements de libération des femmes, restituer l’influence du courant anarcha-féministe sur les théories et les pratiques féministes.
Conférencière invitée : Sidonie Verhaeghe
Sidonie Verhaeghe est maîtresse de conférences en science politique à l'Université de Lille. Socio-historienne des idées anarchistes et féministes, elle est notamment l’autrice de Vive Louise Michel ! Célébrité et postérité d’une figure anarchiste (Éditions du Croquant, 2021, issu d'une thèse soutenue en 2016). Elle travaille désormais à retracer, dans l’histoire de l’anarchisme francophone, la façon dont a pris forme la perspective anarcha-féministe.