a woman walking in Senegal
Au fil de mes études, j’ai commencé à comprendre que bon nombre des facteurs observés dans une société…

Shami, Baccalauréat en sciences sociales spécialisé en économie internationale et développement, 3ème année
Pays de stage : Sénégal
ONG canadienne : CECI
ONG locale : APROFES (Association pour la Promotion de la femme sénégalaise)

Au fil de mes études, j’ai commencé à comprendre que bon nombre des facteurs observés dans une société sont liés à des réalités plus vastes et plus abstraites : les systèmes économiques, les structures de gouvernance et les forces mondiales. Je voulais comprendre ces systèmes parce que j’espérais contribuer à un changement significatif. Lorsque j’ai commencé mes études en économie internationale et développement, j’ai été progressivement initiée à des théories qui mettaient des mots sur des pensées que je nourrissais depuis des années. Cependant, j’avais souvent un regard critique sur les théories que j’apprenais, même si je ne pouvais pas vraiment expliquer pourquoi. Peut-être était-ce dû à mon expérience du « monde en développement » depuis mon enfance, ou peut-être était-ce simplement un caractère trop critique. Quoi qu’il en soit, j’espérais trouver des réponses aux questions que je n’avais jamais tout à fait résolues en cours.

Deux questions me taraudaient. L’une concernait le rôle des ONG. Je me demandais si elles disposaient d’une influence ou de ressources suffisantes pour créer un changement durable. Compte tenu de l’histoire de certaines ONG, j’avais également des doutes quant aux effets à long terme qu’elles pouvaient avoir sur les communautés. L’autre question portait sur l’économie elle-même. Bien que l’économie soit une science sociale, elle me semblait souvent plus scientifique que sociale. Je me souviens avoir étudié un modèle macroéconomique sur la façon dont les taux d’intérêt affectent l’inflation au Canada et m’être demandé si ce même modèle pouvait vraiment s’appliquer à des pays où l’endettement est bien moins courant. Je savais que j’apprenais énormément, mais je sentais aussi qu’il y avait un fossé. C’est pourquoi j’ai décidé de faire un stage sur le terrain, car je savais que cela me donnerait l’occasion d’apprendre au-delà des murs d’un amphithéâtre.

Je suis actuellement bénévole au CECI, qui m’a placée en tant que chargée de l’autonomisation économique des femmes auprès de l’APROFES à Kaolack. Jusqu’à présent, j’ai été profondément impressionnée par le travail de l’organisation. Par exemple, elle gère une banque dirigée par et pour les femmes de la communauté. En tant qu’étudiante en développement international et en économie, c’est la première fois que je vois un exemple aussi clair de la collaboration entre l’économie et le développement. J’ai déjà assisté à une réunion sur l’assurance maladie, observé la création d’un nouveau groupe d’épargne, participé à une assemblée générale et assisté à des réunions communautaires plus restreintes. Grâce à ces expériences, et à mes connaissances en wolof, la langue locale, j’ai compris qu’APROFES est un exemple de ce qu’une ONG peut apporter à une communauté, surtout lorsqu’elle est dirigée et fondée par les membres de cette communauté eux-mêmes.

Alors que je poursuis ce stage, je suis impatiente d’en apprendre davantage sur ma propre place dans le travail de développement et de poursuivre la réflexion simple mais tenace que je porte en moi depuis l’enfance : comment peut-on contribuer à la société, et comment cette contribution évolue-t-elle selon les contextes ? Je suis certaine que, tout au long de ce semestre, je continuerai à approfondir cette réflexion en analysant à quoi peuvent ressembler la contribution et « l’aide », et en quoi ces notions peuvent différer ou se recouper entre le Sénégal et le Canada.