Domaine prioritaire pour le gouvernement du Canada : Environnement, résilience climatique et Arctique
Toute matière présente sur Terre possède une signature chimique naturelle, appelée « isotope », qui révèle son origine et la façon dont elle circule dans l’air, l’eau et les organismes vivants. Dans ses travaux, le professeur Bowen utilise cette signature comme un outil de traçabilité scientifique pour répondre à des questions environnementales et sociétales pressantes.
Son programme de recherche s’articule autour de trois défis étroitement liés. D’abord, il cherche à comprendre l’évolution passée du climat et de l’environnement de la Terre, notamment les fluctuations du CO₂ atmosphérique et la fréquence des feux de forêt, afin de mieux prévoir les changements à venir. Ensuite, il étudie le parcours actuel de différents types d’eau douce dans l’environnement, depuis l’eau de fonte des neiges jusqu’aux eaux usées municipales, en particulier dans les régions froides comme celles qui couvrent une bonne partie du territoire canadien. Enfin, il utilise les isotopes pour retracer la provenance réelle des gens, des produits et des matériaux afin de contribuer aux efforts d’identification de personnes et à la lutte contre la fraude dans les chaînes d’approvisionnement.
Ses travaux sont importants pour le Canada en raison du réchauffement rapide de l’Arctique canadien, de sa dépendance à l’égard de ressources en eau douce de qualité et de la nécessité de disposer de chaînes d’approvisionnement sûres et traçables, qu’il soit question de produits alimentaires destinés à l’exportation ou de ressources critiques. Les gouvernements, les industries et les collectivités peuvent utiliser des outils fondés sur les isotopes, qui reposent sur une science ancrée dans les réalités du terrain, pour obtenir les données dont ils ont besoin afin de suivre les changements environnementaux, de gérer les ressources en eau et de lutter contre la fraude.
À l’Université d’Ottawa, le professeur Bowen est en voie de créer un lieu de convergence national pour les chercheuses et les chercheurs dans le domaine des isotopes, les organismes gouvernementaux et les partenaires du secteur privé. Ce pôle pourra également s’appuyer sur les installations de pointe de l’Université d’Ottawa, dont le laboratoire de spectrométrie de masse par accélérateur André E. Lalonde et le laboratoire d’isotopes stables Ján Veizer. Le programme vise à ouvrir la voie à de nouvelles collaborations avec des ministères fédéraux, dont Environnement et Changement climatique Canada et Ressources naturelles Canada, ainsi qu’avec des entreprises canadiennes et des partenaires internationaux qui travaillent déjà avec le professeur Bowen sur des projets ayant pour objet le suivi des eaux de l’Arctique ou la lutte contre l’exploitation forestière illégale en Amazonie.