Faculté des sciences : Conférence des nouveaux professeurs
À la découverte de nos nouvelles voix en recherche et en enseignement.
6 mai 2026 — 13 h 30 à 15 h 30
Découvrez les nouveaux membres de notre Faculté des sciences alors qu’ils présentent leurs travaux de recherche et partagent ce qui inspire leur démarche. Cet événement met en lumière des perspectives novatrices et une expertise diversifiée qui façonnent le paysage scientifique actuel.
Découvrez les conférencières et conférenciers
Explorez le parcours, les recherches et l’expertise de nos conférencières et conférenciers.
Zenghu Chang
Professeur et Chaire d'excellence en recherche du Canada, Département de physique
Lasers infrarouges moyens de haute intensité pour le développement de sources de rayons X attosecondes de nouvelle génération
Résumé
Les sources de rayons X attosecondes, qui génèrent des impulsions lumineuses durant des milliardièmes de milliardième de seconde, offrent un moyen puissant d’observer les processus les plus rapides de la nature, notamment le mouvement des électrons dans les atomes, les molécules et la matière condensée. Les progrès récents de la technologie des lasers ultrarapides ont permis de réaliser de telles sources de rayons X sur une table optique de laboratoire, élargissant considérablement l’accès à ces outils au‑delà des grandes installations.
L’un des moteurs clés de ces avancées est le développement de lasers de forte puissance crête à quelques cycles, opérant à des longueurs d’onde plus longues (1,6–2 µm). Lorsqu’ils sont focalisés dans des gaz, ces lasers génèrent un rayonnement X cohérent dans la fenêtre de l’eau (282–533 eV), couvrant les excitations de la couche K du carbone et de l’oxygène et permettant une imagerie et une spectroscopie sélectives en fonction des éléments. En nous appuyant sur ces travaux, notre programme de recherche vise à repousser les sources de rayons X de laboratoire vers des énergies de photons et des rendements plus élevés grâce à des lasers ultrarapides dans l’infrarouge moyen. Notre laboratoire a développé des amplificateurs femtosecondes à impulsions étirées basés sur le Fe:ZnSe, centrés à 4 µm, ainsi que des systèmes OPCPA s’étendant au‑delà de 3 µm, offrant de nouvelles possibilités pour l’étude des lois d’échelle en champ fort en physique atomique, moléculaire et des plasmas.
Biographie
Zenghu Chang a obtenu un baccalauréat à l’Université Jiaotong de Xi’an en 1982, suivi d’une maîtrise et d’un doctorat à l’Institut d’optique et de mécanique de précision de Xi’an de l’Académie chinoise des sciences en 1985 et 1988, respectivement. En 2010, il s’est joint à l’Université de Floride centrale, où il a occupé les fonctions de University Trustee Chair, de Pegasus Professor et de professeur distingué. Durant cette période, il a également été le directeur fondateur de l’Institut pour la science et la technologie attoseconde de pointe (iFAST). En 2024, le professeur Chang a été nommé titulaire d’une Chaire d’excellence en recherche du Canada (CERC) à l’Université d’Ottawa. Il est Fellow de l’American Physical Society (APS) et d’Optica (anciennement OSA).
Kevin Kubarych
Professeur, Département de chimie et sciences biomoléculaires
De nouvelles dimensions de la réactivité chimique : La spectroscopie infrarouge ultrarapide pour la photo et électrocatalyse
Résumé
La spectroscopie infrarouge bidimensionnelle (2D‑IR) est une technique laser ultrarapide qui s’appuie sur la spectroscopie infrarouge traditionnelle en exploitant plusieurs dimensions fréquentielles, offrant un accès direct aux vibrations moléculaires, aux liaisons chimiques et aux changements structuraux transitoires au cours des réactions. Ces capacités permettent de démêler des signaux qui se chevauchent et d’observer l’évolution des structures moléculaires sur des échelles de temps ultrarapides.
Grâce à notre nouveau spectromètre infrarouge bidimensionnel, nous sommes dans une position privilégiée pour jeter un nouvel éclairage sur la réactivité chimique in situ dans des contextes allant de la photo‑ et de l’électrocatalyse aux matériaux quantiques et à la biophysique. Je résumerai brièvement les motivations et les applications de la spectroscopie 2D‑IR en chimie et mettrai en évidence de nouvelles possibilités de collaboration et des orientations futures.
Biographie
J'ai suivi des études de premier cycle à l'université Brown, puis j'ai obtenu un doctorat à l'université de Toronto, où j'ai travaillé avec Dwayne Miller au développement de la spectroscopie Raman multidimensionnelle. J'ai fait ma formation postdoctorale au Laboratoire d'Optique et de Biosciences de l'École Polytechnique en France, où j'ai développé de nouvelles méthodes en spectroscopie 2D-IR. Pendant 19 ans, j'ai été professeur de chimie à l'Université du Michigan à Ann Arbor, où j'ai travaillé avec mon groupe pour étendre les applications de la spectroscopie 2D-IR à des questions fondamentales en chimie physique, ainsi qu'à la dynamique d'hydratation biomoléculaire, à la photo- et électrocatalyse, et au transfert de charge. En juillet 2024, j’ai déménagé mes laboratoires à l’Université d’Ottawa pour entamer une nouvelle phase d’exploration scientifique, motivé par l'objectif principal d'établir la spectroscopie optique multidimensionnelle ultrarapide un outil puissant et généraliste dans la recherche chimique et d’ailleurs.
Jennifer Ogilvie
Professeure, Département de physique
Instantanés multidimensionnels de la récolte de la lumière
Résumé
Les spectroscopies multidimensionnelles cohérentes (coherent multidimensional spectroscopies, CMDS) sont des techniques laser ultrarapides avancées qui étendent les concepts de la résonance magnétique nucléaire au domaine optique, permettant de corréler plusieurs interactions lumière‑matière à la fois dans le temps et en fréquence. Les CMDS ont été appliquées à un large éventail de systèmes en phase condensée, révélant les réarrangements structuraux essentiels à la vie dans l’eau liquide, la conversion ultrarapide de l’énergie lors de la photosynthèse, les voies de repliement des protéines et les interactions à plusieurs corps dans les semi‑conducteurs, tout en démêlant des processus dynamiques qui se chevauchent afin de fournir une vision plus complète de la circulation de l’énergie.
Les CMDS basées sur la transformée de Fourier permettent d’atteindre à la fois une haute résolution temporelle et spectrale, ce qui constitue un avantage majeur par rapport aux approches de plus faible dimension telles que la spectroscopie pompe‑sonde. Je présenterai nos travaux récents sur le développement de méthodes CMDS à haute sensibilité compatibles avec l’imagerie, nos efforts visant à mettre en œuvre des CMDS hyperspectrales couvrant la gamme de 300 nm à 1 µm, ainsi que des applications aux études du transfert ultrarapide d’énergie et de la séparation de charge dans des matériaux de récolte de la lumière naturels et artificiels, et le potentiel de ces techniques pour approfondir notre compréhension des matériaux quantiques.
Biographie
Jennifer P. Ogilvie est professeure de physique à l’Université d’Ottawa. Elle a obtenu un baccalauréat à l’Université de Waterloo, une maîtrise à l’Université Simon Fraser, au Canada, et un doctorat en physique à l’Université de Toronto, au Canada. Elle a été stagiaire postdoctorale du CRSNG (NSERC) au Laboratoire d’optique et biosciences de l’École Polytechnique à Palaiseau, en France. Elle a amorcé sa carrière indépendante à l’Université du Michigan, à Ann Arbor, en 2005, avant de se joindre à l’Université d’Ottawa en 2024. Le groupe de recherche de la professeure Ogilvie développe des méthodes de spectroscopie multidimensionnelle cohérente et d’imagerie, qu’il applique à un large éventail de systèmes biologiques et de systèmes en phase condensée. Elle est titulaire d’une bourse Sloan (Sloan Fellow) et Fellow d’Optica.