Collage photo de Maika Harvey.
Deux ans seulement après le début de ses études en sciences biomédicales, Maïka Harvey a déjà étendu ses activités de recherche bien au-delà de l’Université d’Ottawa : elle a étudié le cancer de l’ovaire à l’Université de Toronto, en plus d’échanger avec des chercheuses et des chercheurs à l’Université Harvard.

Au départ, la recherche ne faisait pas partie des plans de carrière à long terme de Maïka.

Son objectif principal a toujours été de devenir médecin, mais puisqu’elle voulait en apprendre plus sur le travail en laboratoire, elle a décidé de tenter sa chance pour la Bourse de recherche de premier cycle. Cette bourse, qui est très sélective, mène vers un programme d’été rémunéré qui donne l’occasion à des étudiantes et des étudiants d’exception d’acquérir une expérience pratique en recherche non seulement avant de commencer leurs études de premier cycle, mais aussi après avoir terminé leur première année à l’Université d’Ottawa.

Durant son programme d’été, Maïka a travaillé dans le laboratoire de génétique du professeur de biologie Mark Ekker et étudié les cellules cérébrales du poisson-zèbre afin de mieux en comprendre les maladies neurodéveloppementales. Elle a ainsi appris de nombreuses techniques de laboratoire et acquis de l’expérience en recherche de façon indépendante.

Cette expérience lui a ouvert les portes du Programme d’initiation à la recherche en sciences au premier cycle (PIRSPC) en deuxième année. Maïka a continué de travailler au laboratoire du professeur Ekker et a contribué au projet de thèse d’une personne [ÉL1] à la maîtrise portant sur l’étude des maladies oculaires chez le poisson-zèbre.

« Je suis très reconnaissante d’avoir été une des 16 personnes à avoir reçu une bourse de recherche de premier cycle en 2024, confie Maïka. La bourse m’a vraiment permis d’orienter le reste de ma carrière en recherche et a augmenté mes chances de participer au PIRSPC. Ensemble, la bourse et le PIRSPC m’ont permis d’acquérir assez d’expérience pour soumettre ma candidature au programme Amgen en toute confiance. »

En effet, dans le cas de Maïka, jamais deux sans trois! L’été qui a suivi sa deuxième année d’études, elle faisait partie des 11 personnes au pays à être admises dans le prestigieux programme Amgen Scholars, un stage de recherche de 10 semaines à l’Université de Toronto.

Maika Harvey photo professionnelle.
Citation
« Je suis très reconnaissante d’avoir été une des 16 personnes à avoir reçu une bourse de recherche de premier cycle en 2024, confie Maïka. La bourse m’a vraiment permis d’orienter le reste de ma carrière en recherche et a augmenté mes chances de... »

Maïka Harvey

Réduire un risque et en découvrir un autre

Dans le cadre du programme Amgen, Maïka a travaillé avec la professeure Joanne Kotsopoulos et le professeur Steven Narod dans leur laboratoire du Women’s College Hospital, où est menée la plus grosse étude internationale sur les personnes porteuses des gènes BRCA au monde.

« Les gènes BRCA1 et BRCA2 préviennent la formation de tumeurs cancéreuses, mais certains de leurs variants pathogènes peuvent augmenter le risque de développer un cancer du sein à environ 60 % et accroître considérablement les chances d’avoir un cancer de l’ovaire », précise Maïka.

Depuis 1996, l’étude suit des personnes porteuses des gènes BRCA par l’entremise de questionnaires réguliers permettant de recueillir des informations sur leur santé.

N’ayant que très peu d’options pour traiter le cancer de l’ovaire, les personnes porteuses des gènes BRCA peuvent se faire conseiller de subir une ovariectomie préventive, soit l’ablation chirurgicale des ovaires, pour réduire le risque de développer un cancer.

Or, le retrait des ovaires avant la ménopause naturelle entraîne l’arrêt soudain de la production d’hormones, comme l’œstrogène, déclenchant une ménopause chirurgicale précoce. Dans la population générale, cet arrêt prématuré de production d’œstrogènes a été associé à un risque accru de maladie cardiovasculaire, d’ostéoporose et de plusieurs autres problèmes de santé à long terme.

Le projet de Maïka a pour but de découvrir si ce type de lien est également présent chez les personnes porteuses des gènes BRCA. Plus spécifiquement, elle veut savoir si l’ovariectomie préventive augmente le risque de développer une maladie cardiovasculaire.

Créer des liens

L’expérience de Maïka dans le programme Amgen s’est étendue bien au-delà du laboratoire.

Dans le cadre du programme, des ateliers et des activités de réseautage étaient offerts pour permettre aux étudiantes et étudiants de se préparer à une carrière en recherche. Un des faits saillants a été le colloque 2026 Amgen Scholars North America Symposium, qui s’est tenu à l’Université Harvard, où elle a pu discuter de ses travaux et tisser des liens avec des chercheuses et des chercheurs provenant de grands établissements du Canada et des États-Unis.

Ces liens lui ont également permis d’obtenir un stage de recherche de trois semaines à l’Hôpital général du Massachusetts, à Boston, sous la supervision de la Dre Heidi Yeh, une chirurgienne spécialisée en transplantation et professeure de chirurgie à la Harvard Medical School.

Le meilleur des deux mondes

Si sa passion pour la recherche s’est confirmée grâce à la Bourse de recherche de premier cycle et au Programme d’initiation à la recherche en sciences, le programme Amgen Scholars lui a permis de découvrir qu’elle n’avait pas à choisir entre une carrière de médecin ou une carrière de chercheuse.

« Plusieurs des professeures et professeurs rencontrés au cours du programme font de la recherche clinique. Ils constatent de près les problèmes auxquels sont confrontés les patientes et patients, puis retournent au laboratoire pour faire avancer la médecine de façon concrète, affirme Maïka. Ça représente pour moi un équilibre parfait entre mon amour pour la médecine, mon désir de poser des diagnostics et de prendre en charge des patientes et des patients, et ma passion pour la recherche. »

Maïka conseille aux jeunes chercheuses et chercheurs de premier cycle de ne pas se laisser abattre par les refus.

« La compétition est rude quand on veut intégrer un laboratoire de recherche dans un établissement de premier plan comme l’Université d’Ottawa. Il faut persister, persévérer et ne pas baisser les bras au premier refus. De plus, il ne faut qu’un taux de réussite de 1 % pour qu’une occasion extraordinaire se présente. »

Pour Maïka, la chance initiale qu’elle a tentée pour la bourse a finalement fait plus que de lui ouvrir les portes d’un laboratoire. Elle a fait naître en elle une passion pour la recherche qui l’a inspirée à devenir une clinicienne-chercheuse.

Pour en savoir plus