Mike Liang n’a pas toujours été le plus fort en mathématiques. Enfant, il a fréquenté une école intermédiaire très sélective pour enfants doués à Toronto. Souffrant du syndrome de l’imposteur, il ne se sentait pas à la hauteur de ses camarades.
Mais au lieu de baisser les bras, Mike a commencé à voir les choses différemment. À l’école secondaire, il a cessé de se battre pour obtenir la meilleure note et s’est mis à étudier les mathématiques pour le plaisir.
Ce changement de perspective a marqué un tournant décisif qui l’amènerait à devenir un chercheur en mathématiques de premier plan au premier cycle à la Faculté des sciences.
D’élève du secondaire à chercheur de premier cycle
À peine admis au programme spécialisé bidisciplinaire en mathématiques et science économique de l’Université d’Ottawa, Mike plongeait déjà dans l’action. Sa première année n’était même pas commencée qu’il avait déjà reçu une Bourse de recherche de premier cycle dans le cadre d’un programme inédit permettant aux étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences d’acquérir une expérience pratique de la recherche en laboratoire au cours de l’été précédant l’entrée à l’université.
Supervisé par le professeur François-Michel Boire, Mike a alors bénéficié d’un mentorat déterminant pour son parcours universitaire et ses aspirations professionnelles.
« Le professeur Boire s’investit beaucoup auprès de ses étudiantes et étudiants, explique Mike. Il m’a fait connaître des avenues professionnelles dont j’ignorais l’existence, comme l’élaboration de politiques et les services de banque centrale à la Banque du Canada. »
Rapidement, cette première occasion en a entraîné une autre. Sous les encouragements du professeur Boire, Mike s’est porté candidat au Programme d’initiation à la recherche en sciences au premier cycle (PIRSPC), qui permet de réaliser un projet de recherche sous la supervision d’une professeure ou d’un professeur de l’Université d’Ottawa.
Ce qui avait commencé comme un simple stage de recherche estival après le secondaire allait prendre beaucoup d’ampleur.
Mesurer les bulles immobilières
Sous la direction du professeur Boire, le projet du PIRSPC de Mike visait la création d’un observatoire sur le logement canadien, c’est-à-dire une plateforme interactive permettant d’analyser les données sur les prix des logements et de publier des indicateurs d’exubérance pour suivre l’état des marchés immobiliers du Canada.
Une bulle immobilière se produit quand les prix des logements atteignent des niveaux insoutenables. Et si des facteurs comme l’offre limitée, la forte demande et les faibles coûts d’emprunt peuvent pousser les prix à la hausse, une bulle immobilière peut aussi survenir sous l’effet de l’exubérance (la conviction chez les acheteurs et les investisseurs que les prix continueront de grimper), qui alimente encore plus les achats et la hausse des prix.
Mike a ainsi analysé les données immobilières provinciales et métropolitaines en remontant jusqu’à 2005 pour déterminer à quel moment les périodes d’exubérance tendent à commencer et à se terminer. Il a constaté que ces moments coïncident souvent avec des événements majeurs, comme la pandémie de COVID-19 ou les chocs pétroliers.
« Nous avons également examiné l’évolution conjointe des différents marchés immobiliers. Si plusieurs régions affichent la même mouvance, la situation devient une question nationale plutôt que locale, ce qui a une grande importance pour les décisions politiques. »
Voilà des conclusions qui pourraient aider les décisionnaires à mieux appréhender le risque sur le marché immobilier canadien. Bien que les prix des logements semblent souvent évoluer uniformément à l’échelle du pays, l’étude révèle que, lorsqu’on prend en compte différents facteurs comme les taux d’intérêt, les revenus et l’offre de logements, les marchés régionaux peuvent se comporter différemment. De ce fait, le logement peut poser des défis bien différents d’une région à l’autre, et comprendre ces disparités régionales pourrait contribuer à orienter les décisions entourant les politiques de logement, comme les règles d’admissibilité aux prêts hypothécaires et d’autres mesures visant à stabiliser le marché immobilier.
Une lancée prometteuse
Les travaux de Mike lui ont déjà valu une reconnaissance nationale : il a été choisi pour faire partie des dix finalistes du Prix du travail de recherche étudiant de premier cycle de la Banque du Canada et, en mai 2026, il a présenté ses résultats à la conférence annuelle de l’Association canadienne d’économique, à Vancouver.
Pour Mike, la conférence s’est révélée à la fois une expérience d’apprentissage et une occasion de nouer des liens avec la communauté de recherche au cœur de la politique économique. Il a reçu de précieux commentaires d’économistes de la Banque du Canada qui lui ont permis de perfectionner sa méthodologie et de cibler de nouvelles orientations de recherche.
« Présenter mes travaux en contexte de conférence a été une source d’inspiration et de motivation, raconte Mike. Ça m’a donné encore plus envie de travailler dans le domaine des politiques. »
En rétrospective, Mike attribue son succès à sa volonté de saisir des occasions qui le sortaient de sa zone de confort.
« Croyez en vous. Il y a une multitude d’avenues, mais elles ne viendront pas à vous si vous ne tentez rien. L’expérience en recherche que j’ai acquise grâce à la Bourse de recherche de premier cycle a marqué un tournant dans mon parcours. Ça m’a permis de constater combien j’aime le travail de recherche. »