Gros plan sur une peinture murale représentant une fleur et une abeille.
Et si les passions artistiques n’avaient pas à être délaissées lors des études en sciences? Dans le cadre d’une initiative organisée par Breana Sanders et Julia Esber, étudiantes de premier cycle, trois murales du Complexe des biosciences mettent maintenant en vedette le talent créatif d’étudiantes en sciences, sensibilisation environnementale en prime.

La cage d’escalier du Complexe des biosciences arbore maintenant des couleurs vives, grâce à une œuvre d’inspiration scientifique créée dans le but d’inspirer l’espoir et des changements bénéfiques pour l’environnement.

Lorsque Breana Sanders a lancé son projet de murales, elle en était à sa quatrième année d’études de premier cycle en sciences biomédicales, et était vice-présidente aux études de l’Association des étudiants en sciences. Elle a alors coordonné la création des deux premières œuvres : The Human Condition et Nature’s Symphony. Aujourd’hui étudiante à la maîtrise en durabilité de l’environnement, elle revient sur la petite histoire de l’initiative, née en mai 2023 avec le soutien de Heather Kharouba, professeure de biologie et grande ambassadrice du programme de résidence artistique de la Faculté.

« Je croise Mme Kharouba, et elle me parle d’une artiste (Valérie Chartrand) qui travaille dans son labo », se souvient Breana Sanders. L’étudiante est alors inspirée par l’ouverture de la professeure à conjuguer arts et sciences.

À l’hiver 2024, avec l’appui de Mme Kharouba, l’initiative est lancée. On lance un appel à projets auprès d’artistes étudiant en sciences, dont les visions de la durabilité environnementale sont analysées minutieusement afin de créer de grandes murales. En mai 2025, le dernier coup de pinceau est appliqué sur l’ultime murale.

Le projet a aussi été appuyé par l’Association des étudiants en sciences, qui a offert une bourse de 2 500 $ pour chaque murale, en reconnaissance de la contribution exceptionnelle des étudiantes-artistes à la communauté scientifique de l’Université.

Le langage de l’art pour parler de la science

Pour la professeure Kharouba, le mariage entre arts et sciences est essentiel à la bonne diffusion des découvertes scientifiques à l’extérieur du milieu universitaire.

« L’art permet d’associer une charge émotive à des idées, que l’on ne peut pas véhiculer seulement avec la science », explique-t-elle. Cette connexion émotionnelle, ajoute-t-elle, peut influer sur le comportement, notamment en ce qui concerne des questions complexes comme les changements climatiques et la conservation.

Depuis sa collaboration avec Valérie Chartrand et son appui à l’initiative de murales de Breana Sanders, la professeure a donné une place à l’art dans son approche pédagogique, en intégrant à ses cours des éléments visuels, comme des peintures ou des illustrations. C’est donc dire qu’elle n’a pas hésité une seule seconde à appuyer le projet étudiant.

Une nouvelle vision des études en science

Julia Esber a joué un rôle important pour la coordination de la troisième et dernière murale, Bloom Through the Broken. Elle était alors à sa troisième année d’études en sciences biomédicales, et vice-présidente à la promotion de l’Association des étudiants en sciences. Maintenant à l’aube de sa quatrième année d’études – et de son mandat à titre de présidente de l’Association – elle espère continuer à favoriser les initiatives interdisciplinaires au sein de la Faculté. L’Association se penche notamment actuellement sur la possibilité d’intégrer des murales étudiantes au pavillon Marion.

« L’Association est toujours ouverte à de nouvelles initiatives, idées ou façon d’encourager les étudiantes et étudiants à cultiver la diversité de leurs passions et de leurs intérêts », souligne la future présidente.

Aujourd’hui, les murales montrent de façon évocatrice et dynamique l’aspect indissociable des arts et des sciences pour comprendre le monde.

Œuvres des artistes-étudiantes

The Human Condition

Sofia Melo (B.Sc. 2027)

Avec la crise climatique actuelle, c’est parfois difficile de comprendre les retombées des sciences environnementales pour la société. L’œuvre souligne les parallèles frappants entre l’anatomie humaine et les structures organiques de la faune et de la flore : un rappel de ce qui unit toute la vie sur Terre.

« Quand je suis arrivée à l’université, j’avais l’impression d’avoir choisi les sciences au détriment des arts. Mais, dans le milieu des STIM, on a vu des artistes mettre en commun les deux disciplines, ce qui profite aux deux champs et facilite l’accessibilité des sciences partout sur le campus. »

– Sofia Melo

L'œuvre d'art "The Human Condition".
The Human Condition

Nature’s Symphony

Emani Radlin (B.Sc. 2027) et Nashia Zaheen (B.Sc. 2027)

L’œuvre combine la délicate beauté des ailes du papillon à une fine sélection d’éléments biologiques, afin de représenter la riche diversité propre à l’ensemble des formes de vie.

« J’ai toujours adoré l’art, et j’ai eu le plaisir de pouvoir suivre des cours tout au long de mes études au secondaire, mais une fois à l’université, je ne savais pas si j’aurais l’occasion de continuer à m’exercer en parallèle de mes études. Grâce à ce projet, j’ai pu reprendre contact avec ma passion et collaborer avec une bonne amie, ce qui a été gratifiant tant sur le plan créatif que personnel. »

– Emani Radlin 

L'œuvre d'art "Nature’s Symphony".
Nature’s Symphony

Bloom Through the Broken

Diana Ariana (B.Sc. 2027), Ghazal Farahmand (B.Sc. 2027) et Zoya Farahmand (B.Sc. 2027)

Dans cette œuvre, Mère Nature est réimaginée en tant que statue monumentale intégrée au paysage, comme sculptée par la nature et partie intégrante de l’environnement à la fois. L’œuvre suscite la réflexion sur la responsabilité humaine de protéger la planète et de faciliter la régénérescence.

« En m’appuyant à la fois sur mon amour des sciences et des arts pour créer cette murale, j’ai pu voir là où les disciplines se recoupent et à quel point l’art est présent naturellement dans les phénomènes scientifiques. »

– Diana Ariana

« En faisant des recherches sur des thèmes comme le changement climatique, la régénération et l’intendance écologique, j’ai pu réfléchir de façon critique aux liens entre l’humain et la nature, et sur les effets de petites actions proactives sur la régénération d’environnements détériorés. »

– Ghazal Farahmand

« Je me suis toujours beaucoup intéressée aux sciences, et donc, avoir l’occasion de donner vie à cet intérêt et de le creuser par la pratique artistique m’a beaucoup apporté. »

– Zoya Farahmand

L'œuvre d'art "Bloom Through the Broken".
Bloom Through the Broken